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    <title><![CDATA[Le site Ndouné | Toute l’actualité en temps réel (Histoire)]]></title>
    <link>http://www.ndjamena-matin.com/categorie-10586907.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Histoire&quot; du blog &quot;Le site Ndouné | Toute l’actualité en temps réel&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Le site Ndouné | Toute l’actualité en temps réel (Histoire)]]></title>
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    <pubDate>Fri, 10 Feb 2012 14:31:08 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Fri, 10 Feb 2012 14:31:08 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.ndjamena-matin.com</copyright>            <category>Histoire</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[16 SEPTEMBRE 1963 : PANDORE JETA SA BOÎTE SUR GARDOLÉ]]></title>
        <link>http://www.ndjamena-matin.com/article-16-septembre-1963-pandore-jeta-sa-boite-sur-gardole-57418858.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: center;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><img height="300" width="230" src=
    "http://img.over-blog.com/230x300/1/97/88/35/IMAGES13/Acheikh_Ibn-Oumar_photo_portrait.jpg" alt="Acheikh Ibn-Oumar photo portrait" class="CtreTexte">Publié par</span></em> <span style=
    "color: #0000ff;"><strong><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Acheikh IBN-OUMAR</span></strong></span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">16 septembre 1963, trois années après l’indépendance et ses rêves dorés,&nbsp; Fort-Lamy, la
    fière capitale de la jeune république du Tchad, connut un bain de sang qui marqua le&nbsp; basculement de notre pays dans une folle spirale d’instabilité et de déchirements. Depuis cette date, la
    lutte politique, comme une déesse maléfique et insatiable, exige de chaque génération, une lourde «&nbsp;Zakat&nbsp;» de cadavres et de sang.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><img height="145" width="300" src=
    "http://img.over-blog.com/300x145/1/97/88/35/IMAGES13/AHMED_KOULAMALLAH_DJIBRINE_KHERALLAH_et_JEAN_BAPTISTE.jpg" alt="AHMED KOULAMALLAH DJIBRINE KHÉRALLAH et JEAN BAPTISTE" class="GcheTexte">Le
    drame fut déclenché par la tentative d’arrestation des trois dirigeants de l’opposition&nbsp;: AHMED KOULAMALLAH, DJIBRINE KHÉRALLAH et JEAN BAPTISTE.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Nous étions des enfants mais nous avons gardé un souvenir vivace de ces évènements et en fûmes
    profondément marqués pour la vie.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Cependant, à mon témoignage personnel, je préfère, ici, reprendre celui du professeur KHAYAR
    OUMAR DEFALLAH, qui se trouva ce jour-là vraiment dans l’œil du cyclone. C’est ce qu’il relate dans son livre autobiographique <em>«&nbsp;Fils de nomade» (édit. L’Harmattan)</em></span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Extraits :</span></em> </span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">«&nbsp;Le 16 septembre 1963 a commencé comme toutes les journées de fin de saison de pluies
    lamyfortaines […] Nous avions l’habitude de prendre notre déjeuner chez&nbsp;le fils aîné de DJIBRINE KHÉRALLAH […] A 13 heures 20 minutes, débarque MARCEL tout essoufflé et ému, pouvant à peine
    parler. L’objet du trouble&nbsp;: Papa DJIBRINE KHÉRALLAH était en train de se battre avec des policiers&nbsp;!</span></em></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Comme un seul homme, nous sortîmes de la chambre [...] Nous trouvâmes M. DJIBRINE KHÉRALLAH
    blessé à la paume droite tenant un couteau en main, suite à une altercation avec les policiers venus l'arrêter.</span></em> </span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">14 heures : les voisins accoururent de toute part pour s'informer de ce qui se passait. M.
    DJIBRINE KHÉRALLAH qui s'attendait à être arrêté depuis son refus d'accepter le parti unique et surtout depuis son départ du Gouvernement, a toujours refusé la manière violente de résoudre les
    problèmes politiques.&nbsp;&nbsp;Il a expliqué aux visiteurs que ce qu'il refusait, était l'humiliation devant ses enfants. Il préférerait mourir que d'être enchaîné devant eux. En effet, lorsque
    l'inspecteur de police chargé de l'arrêter l'eût informé de l'objet de la mission, M. DJIBRINE KHÉRALLAH accepta d'être embarqué mais demanda de faire ses prières de Zohr. Pendant que M.
    DJIBRINE&nbsp;se préparait à ces prières, l'inspecteur appela trois policiers de son escorte et sortit des menottes dont il jouait comme des claquettes avec un air moqueur. Ces gestes ont énervé
    l'ex-député, Sénateur et Ministre. M. DJIBRINE KHÉRALLAH refusa net de mettre les mains au dos pour être enchaîné comme un vulgaire voleur de poulet. C'est la raison pour laquelle il prit son
    couteau et que les policiers détalèrent poursuivis par l'homme politique. Fou de colère, il donna un coup de couteau à un des pneus du "car gentil" abandonné par ses utilisateurs. La lame du
    couteau entailla la paume de la main droite.[Il] nous demanda d'aller informer son frère cadet SAKINE de la situation. Mission accomplie vers 15 heures.</span></em> </span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">L'arrivée de SAKINE a tendu l'atmosphère. Les femmes poussaient des youyous, certaines
    pleuraient, d'autres conseillaient la prudence et la patience [...]</span></em></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">16 heures : une trentaine de policiers ont vite été dispersés par la foule qui grandit de
    minute en minute. Les premiers blessés et les premiers morts sont enregistrés au sein des manifestants. Il y a eu quelques policiers blessés qui ont eu la force d'échapper à la foule.<br>
    Vers 16 heures 15, M. JEAN BAPTISTE&nbsp;&nbsp;arriva sous les youyous et les ovations de la foule [...] C'était un homme de paix, en paix avec lui-même qui venait aux nouvelles. Au même moment
    AHMED KOULAMALLAH arrivait au quartier GARDOLÉ, domicile de M. DJIBRINE KHÉRALLAH, accompagné de certains de ses parents. Les trois leaders n'avaient même pas eu le temps de s'isoler pour parler
    de ce qu'il fallait faire et quelle stratégie face à cette situation où se nouait le premier drame sanglant de la république du Tchad.</span></span></em>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">La foule grondait. Les jeunes gens étaient passés à l'action en coupant tous les fils de
    téléphone. Voitures, policiers, tout ce qui semblait appartenir à l'État était interdit à [l'avenue] Charles de Gaulle-de l'avenue Saint martin à l'hémicycle de la mosquée. Tous ceux qui avaient
    pris la parole poussaient à l'affrontement. Personne ne devait bouger, personne ne devait reculer, il fallait mourir ou être libre !&nbsp;&nbsp;<br>
    17 heures : la police soutenue par les pompiers chargeait. Echec, cris de joie des Baguirmiens, qui étaient à l'avant-poste. Les policiers et les pompiers abandonnèrent leurs [véhicules].
    Quelqu'un, en voyant le mouvement de l'armée (face à l'actuelle pharmacie du canal), a proposé de faire exploser des fûts d'essence entre la troupe et les manifestants. M. JEAN BAPTISTE, perché
    sur une chaise, a fait comprendre à tous les dangers d'un tel acte ! "Non, nous ne pouvons pas faire exploser des fûts d'essence sur des Tchadiens. Nous avons nos poitrines et nos mains, qu'ils
    osent nous massacrer pour nous faire entrer dans l'histoire comme les premiers martyrs assassinés par la dictature de FRANÇOIS TOMBALBAYE. N'ayez pas peur." Un silence dramatique s'installe.
    Quelqu'un entonnait «La Tchadienne» suivi par tous ceux qui savaient la valeur de ce chant, un autre se fiait à Allah et tout le monde entonna "Allahou Akbar". Enfin, un dernier fit rappeler aux
    uns et aux autres que c'est du Tchad dont il s'agit. "Vive le Tchad ! À bas la dictature ! Oui à la démocratie !"</span></span></em>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Les deux faces&nbsp;&nbsp;de l'avenue Charles de Gaulle se mirent en marche de combat à mort
    où des deux côtés il n'y avait que des Tchadiens &nbsp;[...] Le choc fut terrible ! Pendant presque trente minutes, on entendait que le bruit des armes qu'on charge, les balles qui sifflent et
    les douilles qui se fracassent &nbsp;sur les poteaux [...] Partout il y a de la fumée.<br>
    18 heures : Tout est fini. L'avenue [...] était couverte de cadavres, de blessés en râle, des blessés qui ont perdu des membres qui tentent de se&nbsp;mettre à l’abri, des blessés qui ont encore
    la force d’appeler à la lutte, des jeunes encore indemnes lançant des cailloux, en passant d’un angle de la rue à un autre, mais en réalité tout est fini. La force a prévalu.</span></em></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Mardi 17 septembre 1963</span></em></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Dès cinq heures, les rafales ont commencé&nbsp;:&nbsp;[Le quartier] Mardjan Daffack a été
    vidé de sa population (hommes et femmes). Les autres quartiers ont été touchés un peu plus tard&nbsp; […]</span></em> <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">[fin de
    l'extrait du témoignage de KHAYAR O. DEFALLAH]</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: center; line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <strong><span style="font-family: &quot;Broadway BT&quot;; font-size: 8pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*</span></strong>
  </p>
  <p style="text-align: center; line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <strong><span style="font-family: &quot;Broadway BT&quot;; font-size: 8pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; *</span></strong>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Ne pouvant prétendre épuiser ici toutes les interprétations, les analyses, et parfois les
    polémiques, nées de cette douloureuse tragédie, je&nbsp;me limite à&nbsp;relever quelques confusions au niveau de l’information et avancer quelques réflexions.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">CONFUSIONS DANS L’INFORMATION&nbsp;:</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*La première confusion</span></span></strong>
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">a trait&nbsp;à l'enchaînement factuel des évènements. La version officielle, reprise dans&nbsp; tous les écrits, disait que le
    gouvernement avait décidé d’arrêter les trois leaders parce qu’ils tenaient une réunion illégale au domicile de DJIBRINE KHÉRALLAH. Le témoignage de KHAYAR O. DEFALLAH, confirmé par tous ceux qui
    étaient présents, et que rejoint ma propre expérience vécue ce jour-là, atteste qu’il n’y avait pas de réunion quand la police avait débarqué chez KHÉRALLAH. Les deux autres, AHMED KOULAMALLAH et
    JEAN BAPTISTE, n'étaient venus le rejoindre que par la suite, quand la nouvelle des premiers heurts avec la police avait déjà commencé à circuler à travers la ville, créant un regroupement
    spontané et massif.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*Deuxième
    confusion</span></span></strong><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">&nbsp;: A propos du nombre des victimes. Les estimations vont d’une vingtaine de morts (version
    officielle) à quatre cents voire huit cents.&nbsp;Quant aux blessés, tout le monde s’accorde à les chiffrer à plusieurs centaines.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Cette incertitude quand au nombre de morts, s’explique.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Tout d’abord, il n y a jamais eu de commission d’enquête pour faire objectivement la lumière sur
    ces évènements.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Ensuite, il y avait&nbsp;plusieurs catégories de victimes.&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Première catégorie:&nbsp;ceux qui étaient tombés sur le lieu principal de l’affrontement entre la
    masse de partisans des trois leaders et l’armée nationale. On peut penser que le chiffre de quelques dizaines de morts est assez plausible. KOULAMALLAH, au cours d'un entretien recueilli par
    MAHAMAT SALEH YACOUB, a parlé d'une trentaine de morts.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Deuxième catégorie de victimes: ceux qui furent tués ou blessés, les jours suivants, au cours des
    ratissages dans les divers quartiers (l’état d’urgence avait été décrété pour une semaine; et je me souviens que pendant cette période, toutes les nuits étaient ponctuées par des tirs de l’armée
    dont les échos parvenaient des quatre coins de la ville).</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Troisième catégorie de victimes: ceux qui furent liquidés en dehors de la capitale, car des
    campagnes de chasse à l’homme étaient organisées dans certaines provinces pouvant abriter des «fauteurs de troubles».</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Enfin, dernière catégorie qu’on a tendance à oublier, ce sont les agents de l’État,
    essentiellement des ressortissants du Sud,&nbsp;lesquels, en général, ne savaient même pas ce qui se passait exactement, mais avaient eu la malchance de se trouver «au mauvais moment, au mauvais
    endroit» et avaient eu à payer de leur vie la vindicte des rescapés de la répression.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*Autre
    confusion&nbsp;:</span></span></strong><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">&nbsp;On aurait naturellement tendance à penser que cette histoire de "réunion subversive"
    avait été fabriquée de toute pièce par le pouvoir; la tactique des complots imaginaires avait déjà été utilisée par TOMBALBAYE, en particulier au cours du mois de mars de cette même année 1963,
    contre ABBO NASSOUR, le Dr OUTEL BONO et leurs co-accusés.&nbsp;Mais il me semble plutôt que les autorités avaient été induites en erreur et avaient sincèrement cru que les trois leaders tenaient
    une assemblée conspirative, ce jour-là, chez KHERALLAH. L’intox avait pour origine un petit agent des RG, que l’histoire a retenu sous le nom de «&nbsp;DJIDDO». C’est cet indic qui avait donné la
    fausse information à ses supérieurs: à savoir que les trois concernés étaient en train de tenir une concertation visant à renverser le régime (<em>cf. ALHADJ GARONDE DJARMA: «&nbsp;Témoignage
    d’un militant du Frolinat&nbsp;», edit. L’Harmattan)</em>. Si les services de renseignements avaient pris la peine de vérifier cette information rapportée par un petit agent, le drame aurait été
    sans doute évité. C’est un manque de professionnalisme qui se manifesta aussi dans l’attitude de l’inspecteur qui arriva le premier chez KHÉRALLAH. Si cet inspecteur avait fait preuve de tact et
    de savoir-faire, M. KHÉRALLAH l’aurait suivi sans problème.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Malheureusement, il y a eu beaucoup de cas, sous tous les régimes, où des petits informateurs,
    des personnages minables, motivés par un désir de régler des comptes personnels ou d'avoir une récompense, ont été à la base de véritables catastrophes humaines (arrestations, disparitions,
    exécutions), en colportant de faux renseignements à des chefs qui n’avaient aucune compétence technique (et ne parlons pas d’éthique professionnelle)</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">COMMENT EN ÉTAIT-ON ARRIVÉ LÀ&nbsp;?</span> </span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">La cause politique immédiate était évidemment la volonté du défunt président TOMBALBAYE d’imposer
    le parti unique et d’écarter tous ceux qui désapprouvaient sa démarche.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Depuis sa prise de pouvoir, il mit en place un programme d’épuration dont les premières victimes
    furent les responsables au sein de son propre parti, le PPT/RDA&nbsp;:<br>
    1960&nbsp;:<br>
    -Éviction de GABRIEL LISETTE, pendant que celui-ci était en voyage officiel.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">-Mort mystérieuse du député JACQUES NADINGAR.<br>
    1961&nbsp;:<br>
    -Arrestation D’ANDRÉ MOUGNAN.<br>
    -Expulsion d’AHMED KOTOKO.<br>
    1962&nbsp;:<br>
    -Arrestation de TOURA&nbsp; GABA et destitution de son supposé «&nbsp;marabout&nbsp;» l’imam de la Grande mosquée HASSAN AT-TOM<br>
    -Adoption d’une nouvelle Constitution qui renforce considérablement les pouvoirs du Chef de l’État.<br>
    &nbsp;1963&nbsp;:<br>
    - Arrestation d’ABBO NASSOUR, MAHAMAT ABDELKERIM, BABA HASSAN, ISSA ALLATCHIMI, ALI KOSSO et Dr OUTEL&nbsp; BONO, tous membres du nouveau Bureau Politique du PPT&nbsp;; et aussi de MAHADI BOURMA,
    MAHAMAT ABBA SEÏD et ISSA MBODOU. Il y eut un procès pour «&nbsp;complot&nbsp;» qui prononça des condamnations à mort et des peines de prison à vie.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">En fait, l’ensemble de la classe politique était acquise à l’idée d’un parti unique, afin de
    mieux relever les défis de l’indépendance, mais c'était les méthodes brutales et autoritaires utilisées par le Président qui causèrent des dissensions. Le processus d’unification de tous les
    partis était entamé dans une atmosphère assez consensuelle. Il y eut le congrès d’Abéché (1961) qui vit la création d’un ensemble englobant le PPT de TOMBALBAYE&nbsp;et les autres partis, sous le
    sigle UPT (Union pour le Progrès du Tchad). La fusion totale devait être prononcée au Congrès de Fort-Archambault (janvier 1963), mais celui-ci s’avéra être un forcing pour intégrer tous les
    autres partis dans le PPT et non plus une véritable unification. La plupart des chefs des autres partis, avalèrent l’amère pilule&nbsp;; d’autres, comme DJIBRINE KHÉRALLAH, exprimèrent
    ouvertement leur critique en ces termes&nbsp;: <em>«&nbsp;M. Le Secrétaire général, vous nous avez invités à venir au congrès du parti nouveau qui doit être créé au Tchad&nbsp;; vous nous avez
    invités, nous, membres de l’opposition, pour assister à ce congrès, afin qu’en sorte quelque chose de nouveau. Mais je tiens simplement à souligner que depuis le début des travaux, aucun membre
    de l’opposition n’a été associé au déroulement des travaux. Nous considérons que ce congrès n’est autre que celui du PPT et non le congrès de tous les Tchadiens</em>&nbsp;» (<em>in BICHARA IDRISS
    HAGGAR&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;FRANÇOIS TOMBALBAYE&nbsp;: 1960-1975&nbsp;», edit. L’Harmattan)</em></span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Le forcing de TOMBALBAYE réussit&nbsp;: ce qui avait été conçu comme l’unification des partis
    dans un cadre nationale unitaire nouveau, se concrétisa sous la forme de la dissolution de tous les autres partis, à l’exception du PPT, lequel intégra au sein d’un nouveau Bureau Politique, des
    personnalités de différents bords, plus ou moins convaincues. Dans la foulée, le gouvernement fut remanié, et KHÉRALLAH et quelques autres récalcitrants furent «&nbsp;débarqués». Quant à JEAN
    BAPTISTE, il avait été déjà destitué de son poste de maire de FORT-LAMY et connut un premier petit séjour en prison dès 1961.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Mais toutes ces péripéties ne constituaient que les causes immédiates.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">On vient de souligner que le principe du parti unique, n’était pas une simple folie de
    TOMBLABAYE&nbsp; mais un consensus au sein de l’ensemble de la classe politique, du moins les partis parlementaires (car il y avait dès 1958, IBRAHIM ABATCHA et ses camarades de l’UNT –Union
    Nationale Tchadienne-qui prônaient un chemin radicalement différent&nbsp;: la lutte révolutionnaire pour la libération nationale). En élargissant le champ, on constate que le Parti
    Unique<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> relevait d’une stratégie élaborée par la France (la doctrine FOCCART) pour toutes les anciennes colonies, au nom de la consolidation de
    l’unité nationale.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">CES RUPTURES EURENT DES CONSÉQUENCES TRAGIQUES&nbsp;ET DURABLES:</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">*<strong><span style="text-decoration: underline;">La consécration de la fracture
    Nord-Sud</span></strong>&nbsp;: La division Nord-Sud qui se manifesta à partir des évènements du 16 septembre 1963, et s’aggrava au fil des ans, jusqu’au paroxysme du 19 février 1979, n’avait
    rien d’une fatalité.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">D’un côté, le PPT n’était pas un parti «&nbsp;sudiste&nbsp;»&nbsp;: bien qu’il fût mieux implanté
    au Logone et au Moyen-Chari, il comportait en son sein beaucoup de ressortissants du Nord (comme le président de l’Assemblé ALLAHOU TAHER et la vaillante militante HADJE HALIMÉ). En réalité,
    c’était le parti le plus représentatif sur le plan national. Les parlementaires issus du Nord étaient à la base de la chute des gouvernements éphémères de SAHOULBA et KOULAMALLAH et avaient
    massivement voté pour l’élection de TOMBALBAYE, comme Premier ministre, en 1959.&nbsp;Donc dire que les Saras, appuyés par la France, avaient porté ce dernier au pouvoir, ne correspond pas à la
    réalité historique</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">D’un autre côté, les dirigeants issus du Nord, n’avaient jamais été unis, mais avaient chacun son
    parti et étaient souvent en conflit, du moins en rivalité (<em>cf AHMED KOTOKO&nbsp;: «Le destin de HamaÏ&nbsp;», edit.L’Harmattan)</em>. Même les trois principaux leaders visés par cette
    répression, avaient passé plus de temps à rivaliser les uns avec les autres et n'avaient été obligés de faire un front commun (en créant le PNA&nbsp;: Parti National Africain) qu’à la dernière
    minute, pour contrer les tendances hégémoniques de TOMBALBAYE.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Je me souviens en particulier de l’animosité permanente entre les partisans d’AHMED KOULAMALLAH
    et de JEAN BAPTISTE, et, parfois, les arguments volaient très bas (on murmurait par exemple que BAPTISTE serait de mèche avec les activistes wahhabites qui commençaient à bousculer les confréries
    traditionnelles, dont la Tidjanya à laquelle était affilié KOULAMALLAH), bien que sur le plan personnel, les deux leaders avaient des rapports très courtois. Idéologiquement, ils étaient très
    différents. Le MSA de KOULAMALLAH, le principal challenger du PPT, professait un socialisme arabophile, avec un chef charismatique aux positions tranchées et à l’ambition présidentielle
    clairement affichée. KHÉRALLAH avait plutôt un profil de technocrate discret mais rigoureux qui ne transige pas avec les principes. JEAN BAPTISTE cultivait le profil d’un grand notable
    consensuel, toujours prêt à aller aux devants des autres. Il était sans doute le plus modéré de tous: jusqu’à la dernière minute, il avait plaidé pour une alliance avec le PPT, ce qui lui valu
    parfois d’être dénoncé par les autres opposants. Malheureusement, ce personnage modéré et pacifique, eut à payer le prix le plus fort&nbsp;: on ne le revit plus depuis son arrestation. Après la
    libération des autres en 1969, TOMBALBAYE finit par reconnaître que JEAN BAPTISTE était mort en détention (en 1964&nbsp;?), tout en rejetant la responsabilité de cette mort sur SILAS
    SELINGAR&nbsp;; ce dernier ne pouvait pas se défendre car il avait été liquidé en prison lui aussi, pour «&nbsp;complot&nbsp;».</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Bien que sur le plan sociologique, on pouvait déceler des éthos, "&nbsp;nordiste" et "sudiste"
    distinctes, sur le plan politique, cette dichotomie n’avait rien d’une fatalité et aurait pu être évitée. DJIBRINE KHERALLAH, qui fut coopté à nouveau par TOMBALBAYE, en 1970, après sa
    libération, avait rapporté certains échanges que ces deux personnages avaient eus, quant à l’histoire de leur division et ses conséquences destructrices pour le Tchad, en des termes assez
    surréalistes.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*La radicalisation de la lutte
    politique&nbsp;:</span></span></strong> <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">L’élimination de l’opposition légale, au lieu de laisser le champ libre au régime, lui
    compliqua dangereusement la tâche, car les mécontents s’étaient reconvertis dans l’activisme clandestin, qui devint le terreau du mouvement armé en gestation: c’était l’époque du début de
    la<span style="mso-spacerun: yes;">&nbsp;</span> prolifération des «comités», qui devaient devenir un trait permanent de la vie politique.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">La disparition de l’opposition parlementaire, ouvrit un véritable boulevard devant le groupuscule
    de l’UNT qui, dès sa création (fin 1957), faisait de l’agitation révolutionnaire contre le système dans son ensemble, renvoyant dos-à-dos tous les partis classiques, taxés de
    «&nbsp;réactionnaires&nbsp;» et de «&nbsp;complices de l’impérialisme&nbsp;»</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">IBRAHIM ABATCHA qui était alors un jeune agitateur totalement inconnu, réussit à s’échapper et,
    avec une grande habilité, combla rapidement le vide ainsi créé, en canalisant les frustrations des partisans des grands partis traditionnels liquidés par TOMBALBAYE.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">La solution prônée étant la création d’un front révolutionnaire. <em>«&nbsp;Le Tchad est plus que
    jamais soumis à un régime dictatorial et fasciste de type moderne. La fascisation de ce régime dictatorial a été une fois de plus confirmée de manière éclatante par les évènements sanglants de
    septembre 1963. Nous lançons donc une fois de plus un appel patriotique à tous les partis, à toutes les organisations estudiantines, mouvements féminins, associations sportives […] pour la
    création d’un front uni national de libération, parce que la création d’un tel front s’impose comme la nécessité nationale la plus impérieuse&nbsp;» (ABATCHA cité par R. BUIJTENHUIJS&nbsp;: "Le
    Frolinat et les révoltes populaires du Tchad").</em></span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*La désaffection de l’armée vis-à-vis du
    pouvoir politique&nbsp;:</span></span></strong> <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">L’armée qui fut utilisée dans une tâche de répression contre les civils, contraire à
    sa vocation et sa mission, connut un malaise croissant qui l’amena, en avril 1975, à renverser le régime, occasionnant la mort brutal du premier président du Tchad, et donnant ainsi un coup
    d'accélérateur à la dislocation des institutions inauguré par l'apparition des maquis du Frolinat.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*<strong><span style="text-decoration: underline;">La mesure de confiscation des armes détenues
    par les citoyens</span></strong>, partant d’un principe de précaution apparemment justifié, vu la montée des tensions en cette année 1963, se révéla avec le temps, contre-productive. Au lieu
    d’avoir à faire à quelques centaines de fusils de chasse, bien répertoriés, le régime eut à gérer le trafic clandestin d’armes, non pas de chasse mais de guerre cette fois, en nombre toujours
    croissant.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">Parmi, les conséquences néfastes, il faut noter aussi,</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">*L’empoisonnement de l’atmosphère
    politique&nbsp;</span></span></strong><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">: Le traumatisme national déclenché, ce funeste jour du 16 septembre, n’a fait que s’aggraver
    au fil des années et des crises, à tel point qu’il est difficile de débattre sereinement des problèmes douloureux de notre pays, dont &nbsp;la solution est pourtant une condition nécessaire à la
    restauration de l’unité nationale et la construction d’un État de droit. Il est souvent difficile de parler de la répression sous TOMBALBAYE, HABRÉ ou DÉBY, sans être soupçonné de chercher à
    exagérer, ou au contraire minimiser, l’ampleur de cette répression, parce qu’on serait issu de telle région ou telle communauté. La suspicion et les préjugés s’installèrent durablement entre les
    Tchadiens, rendant difficile tout projet de mobilisation citoyenne. Même l’élite intellectuelle -sensée porter des valeurs, non seulement nationales, mais aussi panafricaines et universelles-
    n’est pas épargnée par ces tares.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><strong><span style="font-size: 14pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Conclusion&nbsp;:</span></strong> </span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><span style="font-family: Calibri;">A mon humble avis, la réparation de la fracture nationale serait plus aisée, si on évitait de se
    contenter de rechercher des coupables, (qui seraient animés par je ne sais quel dessein diabolique) et si on procédait plutôt à une analyse objective des conditions socio-historiques qui sont à
    la base des difficultés de l’émergence de l’État-nation au Tchad. C’est une problématique qui a été très insuffisamment traitée jusque-là, même si tout le monde reconnait les blocages structurels
    de la société tchadienne et la faiblesse numérique et qualitative de l’élite, au moment de l’indépendance.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Les différents régimes qui se sont succédés au Tchad, font partie de notre vécu commun, de notre
    patrimoine commun&nbsp;; leurs carences sont un handicap pour le Tchad dans son ensemble, et c’est le pays tout entier qui en paie le prix et non pas tel ou tel groupe particulier, de même leurs
    réalisations (si minimes soient-elles) sont aussi un acquis pour le Tchad dans son ensemble. On doit en faire le bilan, de façon rationnelle, sans complaisance ni rancune, non pas pour remuer le
    couteau dans la plaie, mais pour en comprendre les ressorts fondamentaux et en tirer des enseignements.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">En d’autres termes, il serait vraiment temps de revoir notre histoire nationale, y compris en ces
    pages les plus sombres, de façon calme et décomplexée, sans chercher à indexer telle ou telle communauté, en tant qu’héritage commun, afin d’en tirer les leçons utiles pour
    l’avenir.</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">Cet avenir, ce n’est pas une vague idée abstraite, ni une utopie idéalisée&nbsp;; non, l’avenir
    c’est une réalité, en chair et en os, qui est déjà présente parmi nous, sous les traits de la génération montante&nbsp;!</span></span>
  </p>
  <p style="line-height: normal; margin: 0cm 0cm 0pt; mso-pagination: none; mso-layout-grid-align: none;">
    <span style="font-family: Calibri;"><em><span style="font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;">(Publié par</span></em> <span style=
    "font-size: 12pt; mso-bidi-font-family: Calibri;"><em>Acheikh IBN-OUMAR, le 18/09/2010)</em></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 20 Sep 2010 21:38:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">dd972d0edae9bef1ca12cb417b301365</guid>
                <category>Histoire</category>        <comments>http://www.ndjamena-matin.com/article-16-septembre-1963-pandore-jeta-sa-boite-sur-gardole-57418858-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le cinquantenaire des Indépendances Africaines en France: Où sont enterrés les héros africains à la résistance coloniale ?]]></title>
        <link>http://www.ndjamena-matin.com/article-le-cinquantenaire-des-independances-africaines-en-france-ou-sont-enterres-les-heros-africains-a-la-resistance-coloniale-48643138.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <strong><img height="300" width="200" src="http://img.over-blog.com/200x300/1/97/88/35/IMAGES10/Colonisation_africaicaine-faso.net.jpg" alt="Colonisation_africaicaine-faso.net.jpg" class=
    "GcheTexte"></strong><strong>Où sont enterrés les héros africains à la résistance coloniale&nbsp;? Pour l’auteur des lignes qui suivent, cette question doit trouver une réponse à la faveur du
    cinquantenaire des indépendances.</strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Au moment où la plupart des pays africains célèbrent le cinquantenaire de leur accession à l’indépendance, nous venons contribuer à lever le voile sur un pan de notre passé colonial. La question
    qui nous perturbe depuis et dont on parle rarement est de savoir dans quelle partie du monde sont enterrés nos vaillants résistants à la conquête coloniale. Dans les ouvrages d’histoire, on s’est
    toujours contenté de dire que tel résistant vaincu a été exilé ou déporté dans tel ou tel pays. Cette réflexion que nous partageons peut paraître incongrue, voire dépassée au moment où les
    Africains ont d’autres préoccupations qui s’appellent lutter contre la faim, les maladies et la soif. Mais nous voulons dire que l’homme vit aussi de passé pour comprendre le présent.
  </p>
  <p>
    Nous voulons enfin savoir la suite de l’histoire du massacre de nos résistants par les colonisateurs entre 1830 et 1900. Les Africains que nous sommes peuvent–ils un jour espérer recevoir les
    restes de leurs héros de la résistance à la colonisation pendant que l’on parle de culture, d’identité nationale dans un certain nombre de pays européens, colonisateurs autrefois&nbsp;? Les pays
    comme la France, l’Allemagne, l’Angleterre l’Espagne, et le Portugal… peuvent–ils éclairer la lanterne de ces nombreux Africains qui attendent de connaître la vérité historique pour découvrir
    cette face cachée de la conquête coloniale&nbsp;?
  </p>
  <p>
    <strong><span style="color: #888888;">&nbsp;</span></strong>
  </p>
  <p>
    <strong><span style="color: #888888;">1 – Les causes de l’impérialisme européen au XIXe siècle</span></strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Le XIXe siècle est marqué par l’expansion européenne dans le monde. Bénéficiant de la supériorité technique, le "vieux continent" veut s’assurer des débouchés économiques, des réserves de
    matières premières pour l’industrie et des positions stratégiques. Les Européens prétendent aussi coloniser pour civiliser les populations et améliorer leur sort. A ce sujet, en France, Jules
    Ferry, président du Conseil, dans un discours à la Chambre des députés le 28 juillet 1885, affirme&nbsp;: "Il y a un second point que je dois apporter…&nbsp;: c’est le côté humanitaire et
    civilisateur de la question… Les races supérieures ont un devoir vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir de civiliser les races
    inférieures…" En Angleterre, il y a cette volonté de dominer le monde. Ainsi Rudyard Kipling, écrivain anglais, parle de "fardeau de l’homme blanc". Au XIXe siècle, l’Europe parcourt le monde. Le
    continent africain considéré comme "terre vacante", donc sans propriétaires, est en proie aux envahisseurs. La conférence de Berlin de 1885 aplanit les divergences entre les conquérants et ouvre
    la voie au "scramble" ou "la course au clocher"&nbsp;; en clair, à la conquête coloniale. En Afrique, les grands bâtisseurs de l’empire colonial sont&nbsp;: Pierre Savorgnan de Brazza qui
    installe l’influence française au Congo. Cecil Rhodes pour l’Angleterre est chargé de contrôler l’Afrique du Sud minière. Mais face à cette invasion, les peuples d’Afrique opposent une résistance
    farouche, malgré un armement artisanal.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong><span style="color: #888888;">2 – Dans les pays de la Guinée forestière&nbsp;: Almamy Samory Touré</span></strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Il est né vers 1830 à Manyambalandougou dans les environs de Kankan en Guinée Conakry en pays mandingue. On peut affirmer qu’il fut le plus grand résistant à la conquête coloniale en Afrique de
    l’Ouest. De 1881 à 1890, il affronte avec bravoure le colonialisme français et anglais. L’Almamy Samory Touré met sur pied une armée solide. Il conquit des Etats dans le pays mandingue pour
    former l’empire du Bissandougou. En 1891 le général français Archinard qui a chassé de Ségou, Ahmadou, le fils de El Hadj Omar en 1890, attaque la ville de Kankan, l’une des principales villes du
    royaume. Samory résiste pendant quelques années avant de fuir vers Kong en Côte d’Ivoire. En 1895, il prit et détruisit la cité commerçante et musulmane de Kong pour la punir d’avoir fait
    alliance avec les Français. Samory Touré assiégea Sikasso, capitale du royaume du Kénédougou au Mali actuel, marcha sur Bobo Dioulasso, détruisit Noumoudara, capitale du pays tiéfo au Burkina
    Faso. Mais à l’arrivée des Français à Diébougou dans la Bougouriba, Samory se retira à Guélémou en Côte d’Ivoire. C’est là qu’il fut arrêté le 29 septembre 1898 par le colonel Gouroud. Traîné au
    Sénégal, il fut déporté à N’djolé au Gabon où il mourut en 1900. C’est tout ce que l’on sait aujourd’hui de ce grand combattant africain. On se demande encore en 2010 où est enterré l’Almamy
    Samory Touré. A N’djolé au Gabon ou dans une ville française en métropole ou en outre–mer&nbsp;? Où se trouve son fils Sarankegny Mory arrêté en même temps que son père&nbsp;? Tout le continent
    africain attend toujours la lumière sur cette déportation de Samory Touré et de son fils.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong><span style="color: #888888;">3 - Dans les pays du Bénin&nbsp;: Béhanzin</span></strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Le roi Béhanzin s’opposa farouchement à l’occupation de son pays, le Dahomey. Il déclarait&nbsp;: "Le Roi Danhomé ne donne son pays à personne". En 1891, le colonel Dodds avec 3 000 hommes reçoit
    l’ordre d’occuper Abomey, la capitale du Dahomey. Le 18 novembre 1892, Dodds pénètre dans Abomey. Béhanzin est capturé en janvier 1894 et déporté à la Martinique aux Antilles puis à Blida en
    Algérie avec ses 3 femmes, son fils et ses 2 filles. Il mourut en 1906. C’est la fin de l’histoire de la résistance coloniale au Dahomey. Le souverain et sa famille ont–ils leurs restes à Blida
    en Algérie&nbsp;? La question reste toujours posée.
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong><span style="color: #888888;">4 - Dans les pays du Ghana&nbsp;: Prempeh</span></strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Dès 1874, les Anglais réussissent à prendre Kumassi, la capitale du pays ashanti. Ils imposent un traité au roi Koffi Karikari. Plus tard, le roi Kwaku Dwa II dit Prempeh rejeta ce traité. Il fit
    savoir à la reine d’Angleterre que l’Ashanti "était un pays indépendant et qu’il n’avait pas besoin de la protection d’un autre pays". Le roi Prempeh est trompé par les Anglais. Ainsi, ayant
    demandé à négocier avec lui, ils le surprirent avec une armée. Prempeh est arrêté en 1896 et déporté en Sierra Leone, puis aux Seychelles ainsi que la reine mère et les principaux dignitaires.
    Prempeh serait revenu de son exil en 1926. Est–il revenu dans son pays avec la reine mère et les principaux dignitaires&nbsp;? D’autres seraient–ils morts et enterrés aux Seychelles&nbsp;?
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <strong><span style="color: #888888;">5 - Autour du lac <span class="spip_surligne">Tchad</span>&nbsp;: Rabah</span></strong>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    Il était un général d’armée au service du gouverneur égyptien du Bahr el Ghazal. Il se révolta contre son chef. Rabah était hostile à la présence des Anglais dans la région. En 1892, il bat le
    sultan du Baguirmi au <span class="spip_surligne">Tchad</span> qui, pour échapper à Rabah, réclame le protectorat français. En 1893, il vainc le Chéhou du Bornou et constitue un vaste empire
    autour du lac <span class="spip_surligne">Tchad</span>. Les Français qui convoitaient la région du lac <span class="spip_surligne">Tchad</span> y envoient 3 colonnes militaires. En avril 1900,
    Rabah livre bataille à la mission Foureau à Kousseri dans laquelle il périt. Les militaires français tranchèrent sa tête qu’ils emportèrent certainement. Son fils Fadel Allah tenta de poursuivre
    la lutte, il eut aussi la tête tranchée. Les têtes tranchées de Rabah et de son fils sont–elles quelque part en Afrique, en Europe ou dans les Antilles&nbsp;? La vérité est toujours attendue.
    <strong><em>Lire suite de l'article sur</em> <a href="http://www.lefaso.net/spip.php?article36304&amp;rubrique21"><strong>Le Faso.net</strong></a></strong>&nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 15 Apr 2010 04:27:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">a876531652755ef71c7204d603bc6176</guid>
                <category>Histoire</category>        <comments>http://www.ndjamena-matin.com/article-le-cinquantenaire-des-independances-africaines-en-france-ou-sont-enterres-les-heros-africains-a-la-resistance-coloniale-48643138-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le Maghreb sous domination française (1830-1962)]]></title>
        <link>http://www.ndjamena-matin.com/article-23716029.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><strong>L’espace
    maghrébin et les politiques coloniales européennes</strong><br>
    <br>
    Si l’on excepte les importations de blé de certains négociants marseillais, l’action des Lazaristes venus racheter les captifs victimes de la course algéroise, les bombardements réalisés contre
    la capitale barbaresque par Duquesne et d’Estrées, les contacts établis entre Versailles et Meknès à l’époque de Louis XIV et de l’Alaouite Moulay Ismaïl, enfin les reconnaissances du commandant
    Boutin pour le compte de Napoléon, les relations entre la France et le Maghreb sont demeurées réduites à très peu de chose jusqu’à la conquête d’Alger. Si elle n’avait pas dispersé ses forces
    entre son empire américain et ses vaines ambitions d’hégémonie européenne et si elle s’était engagée plus tôt dans les transformations de l’ère industrielle, l’Espagne aurait été mieux placée que
    la France pour jouer un rôle prépondérant au Maroc et dans l’ouest algérien, alors que le jeune royaume d’Italie pouvait logiquement espérer, pour des raisons évidentes de proximité géographique
    et d’importance du peuplement italien dans la Régence, commander aux destinées de la Tunisie, héritière de l’ancienne province romaine d’Afrique… Les hasards d’une conquête aux objectifs
    initialement incertains puis la volonté de compléter à l’est et à l’ouest la mainmise établie sur le territoire algérien firent que la France fut en situation de s’imposer dans ce vaste espace
    maghrébin qui, prolongé des étendues sahariennes, allait apparaître pendant plusieurs décennies comme le plus beau fleuron de son empire colonial.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Fruit des circonstances ou résultat d’une volonté politique cohérente, la conquête des territoires nord-africains s’effectua de 1830 à 1912 mais il faut attendre les années trente du
    XXe&nbsp;siècle pour obtenir une «pacification» complète de certaines régions du Maroc et de la Mauritanie, abusivement rattachée à l’Afrique occidentale française alors que les réalités
    géographiques, humaines et historiques commandaient naturellement de la placer dans l’espace chérifien, l’ancien Maroc ayant, à diverses époques de son histoire, poussé ses conquêtes jusqu’au
    Sénégal et au Niger.<br style="mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <b><span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">La chute de
    la Régence d’Alger<br style="mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span></b>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">Dépendance
    nominale de l’Empire ottoman, la Régence d’Alger était placée sous l’autorité d’un dey qui avait longtemps tiré de la course barbaresque l’essentiel de ses ressources, ce que compromettait depuis
    le XVIIIe&nbsp;siècle la supériorité grandissante des flottes européennes. Kabyles sédentaires et Arabes nomades se partageaient l’intérieur du pays, les Turcs installés depuis le début du
    XVIe&nbsp;siècle n’ayant jamais contrôlé que les ports du littoral. La persistance d’un différend relatif à des livraisons de blé effectuées à l’époque du Directoire conduisit au fameux «coup
    d’éventail» reçu en 1827 par le consul de France et, faute de réparation, Charles X et son gouvernement – qui souhaitaient en finir avec l’insécurité persistant en Méditerranée occidentale et
    renforcer d’un succès extérieur le prestige de la monarchie restaurée, décidèrent l’envoi d’une expédition qui, placée sous les ordres du général de Bourmont, serait chargée de conquérir Alger.
    Plus de trente mille hommes furent ainsi débarqués à Sidi Ferruch le 14&nbsp;juin 1830. Cinq jours plus tard, les troupes du dey étaient mises en déroute au combat de Staouéli et la prise de Fort
    L’Empereur entraînait le 4&nbsp;juillet la capitulation de la ville où les Français faisaient leur entrée le lendemain. Quelques jours plus tard, une fois parti pour Naples le dey qui avait
    terrorisé depuis trois siècles la Méditerranée occidentale, l’État algérien disparaissait d’un coup. Victorieux, les Français se trouvèrent bien embarrassés pour exploiter leur succès, d’autant
    que la Révolution de juillet&nbsp;1830 était venue compliquer la situation. Certains – et cette solution avait la faveur du gouvernement de Londres – songeaient alors à redonner au sultan ottoman
    l’administration directe de ces territoires pourtant bien éloignés de Constantinople. D’autres, comme le général Clauzel, voulaient engager la conquête de l’ensemble du pays. Prudent, le
    gouvernement de Louis-Philippe opta initialement pour une occupation limitée. Les Français s’installèrent ainsi dès 1830 à Oran, abandonnée depuis moins de quarante ans par les Espagnols, à Bône
    et à Bougie en 1832, puis à Mostaganem l’année suivante. La commission d’enquête envoyée sur place rendit ses conclusions en 1834 et approuva cette «occupation restreinte» dont les inconvénients
    en matière de sécurité des implantations françaises apparurent rapidement.<br style="mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <b><span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">Abd
    El-Kader</span></b>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Commandant de la place d’Oran, le général Desmichels négocia alors avec l’émir de Mascara Abd el-Kader un traité qui fit du jeune chef arabe le porte-parole de la plupart des populations de
    l’Ouest algérien, un statut qui rendit rapidement dangereux ce jeune chef, investi du prestige que lui valait sa réputation d’être un descendant du Prophète (QSSSL). La destruction, en
    juin&nbsp;1835, d’une colonne française au défilé de La Macta et la mise à sac de Mascara à titre de représailles marquèrent alors le début d’une guerre qui ne pouvait se terminer que par la
    défaite totale de l’un des deux adversaires. L’échec de l’action lancée en novembre&nbsp;1835 contre Constantine conduisit cependant à la conclusion, l’année suivante, du traité de La Tafna qui
    reconnaissait à Abd el-Kader le contrôle de fait de l’arrière-pays d’Oran et d’Alger. La conquête très difficile de Constantine en octobre&nbsp;1837 et la création du port de Philippeville
    dissimulaient mal la fragilité de la position française alors que le traité de La Tafna n’était pour Abd el-Kader qu’une trêve préludant à la reprise de la guerre sainte contre l’envahisseur. La
    lutte reprit donc en 1839 mais les colonnes mobiles organisées par le général Bugeaud finirent par avoir le dessus sur un adversaire privé de points d’appui solides. Réfugié au Maroc, l’émir
    parvint à entraîner le sultan contre les Français mais la victoire de l’Isly (4&nbsp;août&nbsp;1844) et le bombardement des ports de Tanger et de Mogador obligèrent le souverain chérifien à
    traiter et à se désolidariser d’un allié bien encombrant. Revenu en Oranie mais constamment traqué par les troupes françaises, l’émir se rendit au duc d’Aumale le 23&nbsp;décembre&nbsp;1847. La
    logique de l’expansion avait balayé le projet d’une simple occupation restreinte et des colons encore peu nombreux commençaient à s’installer quand la Révolution de 1848 puis l’établissement du
    Second Empire vinrent ouvrir une ère nouvelle dans la toute jeune histoire de l’Algérie française.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    <b>La conquête du Sahara</b></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    Il convenait tout d’abord de terminer une conquête encore inachevée en 1850. Les campagnes menées par le général Randon eurent raison en 1857 des dernières résistances kabyles. Il était également
    nécessaire pour garantir la sécurité des plateaux du Tell et du massif des Aurès de contrôler les bases arrière des pillards nomades que constituaient les oasis des confins sahariens.
    L’occupation de Laghouat, d’Ouargla et de Touggourt fut réalisée sans grandes difficultés entre&nbsp;1852 et&nbsp;1854 mais la prise de contrôle des oasis du Mzab et d’Aïn Sefra n’intervint qu’en
    1881-1882, celle d’In Salah et du Touat qu’en 1900-1901. Il fallut aussi attendre la liaison établie en 1900 entre Alger et le Tchad par la mission Foureau-Lamy et le combat de Tit – qui marqua,
    en 1902, la fin des résistances touareg dans la région du Hoggar – pour que soient enfin soumis les immenses territoires du Sud, ce Sahara auquel devaient s’attacher les noms de Duveyrier, de
    Flatters, de Laperrine et de Charles de Foucauld.</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    <b>La Tunisie, enjeu entre la France et l’Italie</b></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    À l’est de l’Algérie, la Régence de Tunis apparaissait comme un enjeu stratégique de première importance, à la charnière des Bassins occidental et oriental de la Méditerranée. Gouvernée par un
    bey théoriquement soumis à la Sublime Porte mais en réalité à peu près indépendante, la Tunisie était l’objet des convoitises rivales de la France et de l’Italie. La première entendait assurer, à
    l’est, la sécurité de ses territoires algériens et éviter que l’Italie ne contrarie ses ambitions en Égypte et au Levant en prenant le contrôle des accès de la Méditerranée orientale. Confrontés
    à une surpopulation inquiétante, les dirigeants du jeune royaume d’Italie rêvaient d’une grande politique coloniale et le territoire de l’ancienne Afrique romaine – prolongement naturel de la
    péninsule et de la Sicile, où la minorité européenne était constituée pour l’essentiel d’Italiens – était un objectif dont la conquête constituait une priorité pour le gouvernement de Rome.
    Roustan et Maccio, les deux consuls français et italien, se dépensèrent sans compter pour profiter des difficultés financières du bey mais la France pouvait espérer la neutralité bienveillante de
    l’Angleterre, peu désireuse de voir la jeune Italie prendre, sur la route de Suez jugée vitale pour les communications impériales britanniques, le contrôle complet du détroit de Sicile. Elle
    allait également bénéficier des calculs de Bismarck, soucieux de calmer les espoirs de revanche et d’encourager «le coq gaulois à user ses ergots dans les sables du Sahara». Les incursions des
    pillards Khroumirs en territoire algérien fournirent le prétexte nécessaire et Jules Ferry, soutenu par Gambetta, put faire valoir à des Chambres réticentes – la droite catholique voulait
    privilégier la ligne bleue des Vosges et la gauche radicale se voulait anticolonialiste en même temps qu’elle rappelait l’échec des aventures mexicaines du Second Empire – qu’il était nécessaire
    d’aller s’emparer en Tunisie de «la clef de la maison algérienne». En avril&nbsp;1881, les troupes françaises pénétrèrent dans la Régence où le bey ne tenta pas de résister et accepta de signer,
    le 12&nbsp;mai&nbsp;1881, le traité du Bardo qui faisait de la Tunisie un protectorat français. Quelques mois plus tard, les troupes françaises durent faire face à des révoltes dans les régions
    de Kairouan et de Sfax mais celles-ci furent rapidement étouffées.<br>
    (Suivre)<br style="mso-special-character: line-break;">
    <br style="mso-special-character: line-break;"></span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style=
    "font-size: 12pt; font-family: &quot;Georgia&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-bidi-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">Philippe
    Conrad</span>
  </p>
  <p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt;">
    <span style="font-size: 12pt; line-height: 115%;"><span style="font-family: Calibri;">Source&nbsp;: La Nouvelle République</span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 14 Oct 2008 03:05:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ba7c1babb5648229f7e510cbc17edec2</guid>
                <category>Histoire</category>        <comments>http://www.ndjamena-matin.com/article-23716029-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Les Mémoires de GOUKOUNI WEDDEYE]]></title>
        <link>http://www.ndjamena-matin.com/article-23205947.html</link>        <description><![CDATA[<p class="MsoNormal" style="margin: 0cm 0cm 10pt; line-height: normal; mso-margin-top-alt: auto; mso-margin-bottom-alt: auto;">
    <span style="font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><img  width="212" src="http://idata.over-blog.com/1/97/88/35//goukouni.jpg" height="299" class="DrteTexte">Saluons la volonté de l’ancien président Tchadien de
    rédiger ses mémoires et de livrer ainsi son témoignage sur l’histoire de notre pays.<br>
    L’histoire du Tchad doit être écrite largement par les tchadiens eux-mêmes,&nbsp; c’est donc une excellente initiative que chacun des principaux acteurs livre sa part de vérité.<br>
    <br>
    En revanche, nous n’avons pas compris la démarche de RFI consistant à négocier avec Goukouni &nbsp;la publication de ses mémoires, et ce, avant la parution de l’ouvrage. C’est une chose qui n’a
    jamais existé, la pratique la plus courante consiste, à &nbsp;autoriser la publication de &nbsp;«&nbsp;quelques bonnes feuilles&nbsp;» d’un livre, histoire de donner un coup de pouce à son
    lancement, et dans cette hypothèse, le livre doit paraître dans la semaine qui suit pour justement profiter pleinement de l’effet d’annonce.<br>
    <br>
    Force est de constater que la démarche de RFI a, non seulement vidé, le livre de sa substance, car en posant 155 questions qui balayent tous les événements politiques majeurs de l’histoire du
    Tchad, le journaliste de la radio mondiale a, en quelque sorte, enlevé une bonne partie de l’intérêt qu’on pouvait avoir à lire le livre.<br>
    De plus, RFI ne s’est pas contentée d’une publication audio, vocation première d’une radio, mais non, on a assisté à un script diffusé sur le net à travers le site de la radio gouvernementale
    française.<br>
    <br>
    Télécharger et imprimer, cela donne 144 pages, autrement dit un livre gratuit. Inouï&nbsp;!&nbsp;&nbsp;<br>
    Quand on écrit un livre, c’est avant tout pour qu’il soit un succès en librairie et vous rapporte aussi quelque chose.<br>
    Compte tenu du fait que l’écrit porte sur l’histoire complexe du Tchad, il est tout à fait logique que les acheteurs devraient être majoritairement Tchadiens. Or, la démarche de M. Laurent
    Correau&nbsp; pose problème, dans la mesure où beaucoup de personnes disent qu’on ne voit pas ce que le livre peut contenir d’autres et cela, le nouveau spécialiste es Tchad au sein de RFI ne
    pouvait en aucun cas l’ignorer. Surtout, surtout, qu’interrogé un proche de Goukouni est catégorique, RFI n’a pas versé un centime pour pomper les mémoires de l’ancien président Tchadien. De nos
    jours, même les sonneries des téléphones portables sont payées.<br>
    <br>
    Tout au long de cet entretien où les questions étaient, bien entendu, très orientées avec une ligne directrice, celle de la radio mondiale, «&nbsp;essayer&nbsp; d’enfoncer Hissein Habré, l’ennemi
    juré, autant que possible&nbsp;».<br>
    <br>
    Très lucide et concentré à bloc sur sa mission, le journaliste a opéré un passage à la vitesse d’un Jaguar sur les exactions commises au Nord par les militaires français durant les multiples
    interventions contre les rebelles&nbsp;: palmeraies incendiées, puits empoisonnés, exécutions, tortures, …etc., vous avez dit&nbsp; imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre
    l’humanité&nbsp;?<br>
    <br>
    Ensuite, sur la mort du commandant Galopin&nbsp;; la traditionnelle intox de RFI et des médias français consistaient à continuellement coller cette histoire à Hissein Habré seul, malgré de
    multiples témoignages. Et voilà que tombe le scoop,&nbsp;</span><b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">«&nbsp;<span style="color: #cc0000;">nous
    étions tous solidaires de la décision qui a été prise&nbsp;</span>»</span></b> <span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">explique Goukouni Weddeye, et&nbsp; de
    rajouter</span> <b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">«&nbsp;<span style="color: #cc0000;">je
    n’ai aucun remords&nbsp;!</span> »</span></b> <span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">tout en remettant les pendules à l’heure sur
    la personnalité de Galopin, patron des services de répression sous la dictature de Tombalbaye, sa mission première était de casser du rebelle.<br>
    <br>
    Par rapport&nbsp; au déclenchement de la grande guerre de 1980 qui a duré 9 mois, malgré la formulation très orientée de l’interrogation qui appelait un démenti&nbsp; sur la responsabilité
    exclusive des FAP de Goukouni quant au démarrage de la guerre, là aussi un mythe s’est effondré. Certains hommes politiques tchadiens soutenaient mordicus que c’est «&nbsp;l’ambition démesurée de
    Hissein Habré&nbsp;»,&nbsp;«&nbsp;sa soif de pouvoir&nbsp;» qui l’ont poussé à déclencher la guerre.<br>
    NON&nbsp;! dit Goukouni,</span> <b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">«&nbsp;<span style="color: #cc0000;">ce
    sont mes hommes, à mon insu, sous les ordres d’une partie&nbsp; de mes officiers, qui&nbsp; ont&nbsp; assassiné des éléments des Fan de HH dans leur lit en plein sommeil</span>&nbsp;»</span></b>
    <span style="font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">et ce fut le début de la
    guerre.<br>
    <br>
    Ainsi donc, après les révélations très précises de Garondé Djarma dans son livre qui a même cité les noms des éléments de Goukouni qui ont participé à l’assassinat des hommes de Hissein Habré,
    l’ancien président Tchadien vient de confirmer sa responsabilité devant l’histoire et le peuple tchadien.<br>
    <br>
    Goukouni&nbsp; Weddeye a, aussi, fait la révélation suivante,</span> <b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">«&nbsp;<span style="color: #cc0000;">les
    FAN de Hissein Habré allaient nous écraser à Ndjamena et c’est pourquoi, je suis allé voir Kadhafi&nbsp; pour qu’il&nbsp; fasse intervenir son armée et son apport a été immense pour que nos
    forces&nbsp; gagnent&nbsp; la guerre….et continue Goukouni, c’est pour remercier Khadafi que j’ai signé l’accord de fusion Tchad-Libye&nbsp;!!!</span>&nbsp;»</span></b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;"><br>
    <br>
    A rappeler les déclarations du Général Djimmé Mamari d’il y a quelques années sur la guerre civile de 1979, où</span> <span style=
    "font-size: 15pt; color: #cc0000; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">il
    a reconnu que ce sont bien les FAT de Kamougué dont il était l’un des chefs qui ont attaqué et ouvert les hostilités contre les FAN de Hissein Habré.</span> <span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">L’on sait que ces événements ont basculé les
    Tchadiens dans la guerre civile.&nbsp;Nous étions, a-t-il expliqué, persuadés de ne faire des FAN qu’une bouchée. Nous connaissons la suite.<br>
    <br>
    Ainsi&nbsp; donc, comme on dit, seul le mensonge est pressé, la vérité arrive toujours à son heure. Comble du paradoxe, les responsables des guerres civiles qui ont causé aux populations
    tchadiennes les plus grandes souffrances se payent, aujourd’hui, le luxe de dire la vérité, haut et fort, sur leurs méfaits et c’est Hissein Habré qu’on veut juger&nbsp;!!!<br>
    <br>
    Autre&nbsp; révélation de Goukouni&nbsp;Weddeye : dés 1986, les libyens avaient déjà des contacts avec Idriss DEBY par l’intermédiaire de Adoum TOGOI pour tenter de faire un coup d’Etat contre
    Hissein Habré. Ainsi&nbsp; donc&nbsp; la traîtrise de Deby était beaucoup plus ancienne qu’on le croyait.<br>
    <br>
    Mais, attendons la parution des Mémoires de Goukouni Weddeye pour leur consacrer une analyse complète dans le cadre de notre rubrique «&nbsp;</span><b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">lu pour
    vous</span></b><span style="font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">&nbsp;», en
    espérant que&nbsp; «&nbsp;l’arnaque&nbsp;» de RFI ne désintéresse&nbsp; pas&nbsp; le public.<br>
    <br>
    Après avoir campé dans le maquis avec les rebelles de l’UFDD, puis bazardé les mémoires de Goukouni, le journaliste de la radio mondiale vient d’être affecté à Dakar pour s’occuper de l’affaire
    Hissein Habré&nbsp;? Sans aucun doute.<br>
    Du pain sur la planche quand on connait l’hystérie anti-HH de la radio «&nbsp;mondiale&nbsp;». Il nous expliquera, comme l’un de ses confrères,</span> <b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">Christophe
    Champin,</span></b> <span style="font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">interpellé par
    des étudiants tchadiens sur son subjectivisme,&nbsp;</span><b><span style=
    "font-size: 15pt; color: blue; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">«&nbsp;j’envoie
    mes papiers en faisant un compte rendu objectif et ce n’est pas de ma faute si à Paris, on les charcute&nbsp;»</span></b><b><span style=
    "font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">.</span></b>
    <span style="font-size: 15pt; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR;">La boucherie de la rédaction de
    RFI&nbsp;……trop facile.<br>
    <br>
    En attendant, nous avons eu un avant gout du style Correau, répondant à une question sur les causes du retard du procès Hissein Habré, dans le cadre de l’émission&nbsp;«&nbsp; appels sur
    l’actualité&nbsp;», M Correau a fait un historique de toute l’affaire HH reprenant et développant tous les arguments des ONG et bien entendu occultant totalement ceux des avocats de HH, c’est
    cela l’information à dimension mondiale, objective et équilibrée, et délivrée par des professionnels formés dans les écoles de journalisme (à vérifier) d’un pays comme la France. Comme disait un
    journaliste Français (un vrai), RFI c’est la voix de la francafrique&nbsp; pas de la France, et d’ailleurs les journalistes qui y travaillent sont «&nbsp;spéciaux&nbsp;». On en fait
    quotidiennement le constat.</span>
  </p><b><span style="text-decoration: underline;"><span style=
  "font-size: 11.5pt; color: black; line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">La
  Rédaction de Zoom sur le Tchad</span><span style=
  "font-size: 11.5pt; color: black; line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;"><br></span><span style="font-size: 11.5pt; color: black; line-height: 115%; font-family: &quot;Times New Roman&quot;,&quot;serif&quot;; mso-bidi-font-size: 11.0pt; mso-fareast-font-family: 'Times New Roman'; mso-fareast-language: FR; mso-ansi-language: FR; mso-bidi-language: AR-SA;">www.zoomtchad.com</span></span></b>]]></description>
        <pubDate>Sun, 28 Sep 2008 05:18:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">3acd71b3ef40cb8e68a8bf8803ec9a36</guid>
                <category>Histoire</category>        <comments>http://www.ndjamena-matin.com/article-23205947-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
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