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Il n’est un secret pour personne que l’offensive des combattants de l’UFR est imminente. Tous les
journaux en parlent – même cloche par les voies autorisées de l’UFR. De même, toutes les forces militaires tant françaises qu’internationales présentes dans la sous région sont conscientes que le
compte à rebours est déjà déclenché.
De même, Idriss Deby, conscient que l’offensive qui va bientôt déferler sur ses troupes dépassera de loin toutes les confrontations de l’histoire militaire du Tchad, met en place un
dispositif défensif qu’il veut absolument infranchissable.
Bref, depuis la deuxième quinzaine du mois de mars, les forces de l’UFR et celles de Idriss Deby sont déjà nez à nez, prêtes à se jeter dans une bataille que chacun des camps prédit
finale.
Pour les forces coalisées de l’UFR, l’assaut imminent sur N’djamena devra être final. Car à son terme, le régime de N’djamena devra être détruit une fois pour toutes.
La détermination politique et militaire des forces de l’opposition militaire est si forte que, pour la première fois dans l’histoire tumultueuse de la rébellion tchadienne, on est en train
de voir tous les mouvements politico-militaires se mettre sous un commandement militaire unique. Mieux, cette union militaire a été faite sur la base d’une charte construite sur un programme
politique clair, net et précis.
En face de l’UFR, Idriss Deby, après avoir failli être débarqué en janvier février 2008 par la coalition (CMU) de seulement trois formations politico-militaires, a réalisé que cette fois,
il aura face à lui et ce qui lui tient lieu d’armée, huit formations ayant mobilisé plus de 18.000 hommes, et qu’en plus, la puissance de feu de cette véritable armada a de très fortes chances de
lui être fatale.
EXHIBITION DES ARMES
Ainsi, ne tenant pas à être surpris, ou acculé à se défendre à N’djamena, le dictateur fondateur du MPS s’organise vaille que vaille, comptant beaucoup plus sur l’effet qu’il espère
dissuasif de ses armes, que sur l’efficacité de celles-ci ; surtout qu’il n’est guère évident que les hommes qui auront à s’en servir aient eu le temps d’en maîtriser le parfait fonctionnement.
Ainsi, les chars d’assaut et autres mitrailleuses et mortiers que la milice de Deby a exhibés le mardi 08 Avril dernier à quelques kms de N’djamena, sur la route de Massaguet en disent long sur
sa volonté de montrer ses muscles avant le choc.
Quoi qu’il en soit, le tyran de N’djamena, après avoir étudié toutes les offensives de l’histoire du Tchad, (Frolinat, FAN, MPS, FUC, UFDD, CMU…) a opté de bâtir sa stratégie défensive,
comme l’écrit notre confrère Tchadactuel ; grâce à trois « ceintures »
consistant en la mise en place de trois dispositifs d’engins lourds et de batteries de missiles dans la périphérie de Abéché, autour de Mongo- 400km de N’djamena - et enfin aux quatre coins de la
capitale même.
Cette information – d’ailleurs déjà vérifiable sur le terrain – a été fournie aux forces de l’UFR par le dernier contingent de militaires – transfuges des rangs de Deby - ayant rallié les
rangs de l’opposition armée le 07 avril dernier.
En effet, deux officiers supérieurs de l’Armée de Deby (les colonels Mahamat Adoum et Mahamat Arami Maï), les chefs de bataillon Bouyé Amady et Souleymane Bahr, et deux officiers
subalternes flanqués de trente éléments transfuges de « l’ANT » ont rejoint l’opposition militaire à quelques jours du déclenchement de ses opérations, apprend-on du site
Tchadvision.
Il est donc plus certain que jamais que d’ici quelques jours le feu et la mort vont pleuvoir sur le Tchad. C’est déjà dire que, avant longtemps, tous les journaux télévisés et radiodiffusés
de la planète ne s’ouvriront qu’avec les derniers développements d’un affrontement en terre Tchadienne qui s’annonce féroce et sans merci.
Il y a même déjà des médias occidentaux qui commencent à se frotter les mains – préparant des visas pour leurs reporters - dans la perspective des « Scoops » à réaliser dans ce très
imminent véritable ‘’big bang’’ qui va faire, à n’en point douter, des milliers de morts et d’incalculables destructions dans un futur très proche.
Et toutes ces catastrophes vont arriver à cause du seul Idriss Deby pour qui la conservation – et même la confiscation - du pouvoir est au dessus de toutes les considérations.
Idriss Deby qui n’a pour seul programme politique que de se maintenir encore et toujours au pouvoir grâce aux armes qu’il s’achète sans arrêt pour se protéger.
Idriss Deby qui, en dix neuf ans de pouvoir, n’a offert au Tchad que la misère, le sous développement et le verrouillage de toute éventuelle instauration de la démocratie.
Arrivé au pouvoir par la force des baïonnettes, il s’y maintient aujourd’hui par celle des hélicoptères, missiles et chars d’assaut achetés à tour de bras, et avec frénésie, aux quatre
coins du monde.
Idriss Deby qui est même tellement content de son arsenal qu’il ne s’est pas empêché de se gargariser devant ses généraux, il y a quelques temps, en leur crachant au visage que pour
l’heure, en Afrique, seuls l’Egypte et l’Afrique du Sud seraient mieux armés que le Tchad, et qu’à cet effet il n’a pas peur de l’UFR.
Mais au-delà de cet armement que l’opposition militaire – sans le négliger – a tout de même jugé quelque peu hétéroclite, il demeure que le maître de N’djamena, en dehors de quelques
centaines de jeunes idéalistes qu’il a recrutés en 2004 et qu’il a dopés au mensonge et au fascisme, sait intérieurement qu’il est loin de posséder une armée fidèle capable de défendre son régime
jusqu’au bout.
Et il le sait d’autant plus qu’il soupçonne en permanence ses colonels et
généraux de collusion avec la rébellion.
Dans un de ses récents accès de colère devant ses grands officiers au Palais rose, le maître de N’djamena – rapporte un des derniers ralliés à l’UFR – aurait
affirmé les yeux injectés de sang, qu’il ira bientôt recruter des pilotes d’avions et des techniciens militaires en Ukraine et des mercenaires
érythréens pour anéantir les rebelles, car ayant peu de confiance en ses militaires dont chacun a au moins un frère, un fils, ou un parent dans la rébellion.
Idriss Deby sait de quoi il parle, lui-même ayant plein de cousins et de neveux dans les rangs de l’UFR.
Ainsi, au lieu de rechercher à éviter toute confrontation éventuelle avec la rébellion et l’opposition politico-militaire grâce aux vertus du dialogue, Idriss Deby n’a jamais offert aux
opposants politiques Tchadiens que deux alternatives : Entre rallier son gouvernement sans condition, et demeurer en brousse. Cette deuxième hypothèse étant synonyme d’affrontement armé.
Ce qui est tout de même stupéfiant à l’heure où nous sommes est que, ceux que les journalistes et autres grands analystes politiques devant l’Eternel s’obstinent à qualifier d’opinion
internationale ou de « communauté internationale » ne font rien pour éviter une confrontation qui sera apocalyptique.
La France qui, de tous temps, a joué un rôle déterminant en faveur d’Idriss Deby, ne semble encore guère particulièrement émue par les gros nuages noirs porteurs de catastrophes qui
s’amoncellent au dessus du ciel Tchadien.
Quant à l’Union Africaine, qui connaît encore mieux les réalités politiques tchadiennes, elle semble assister aux préparatifs de cette très imminente déflagration avec plus d’apathie que
d’intérêt, se réservant sans doute de condamner – après coup – « la prise du pouvoir par les armes », alors qu’elle s’obstine à ne rien faire contre… la confiscation du pouvoir par les armes
».
Le choc Deby/UFR se
prépare donc dans une froide fureur.
Pendant qu’Idriss Deby installe ses « ceintures défensives », l’UFR, en face, règle ses dernières stratégies !
Et comme personne ne semble vouloir s’interposer, dès le premier coup de feu, les dés seront jetés, et alors ce sera vae victis : Malheur au vaincu. Un vaincu qui sera certainement
Deby !
Par D.D de Ndjamena-matin