Présentation

Profil

  • Ndouné
  • Le site Ndouné | Toute l’actualité en temps réel
  • Homme
  • 01/01/1970
  • Tchad
  • Réflexion Indépendant Analyse Libre communication
  • Rédaction:info@ndjamena-matin.com ndjamena_matin@hotmail.fr
Jeudi 19 novembre 2009 4 19 /11 /Nov /2009 18:52

La justice française fait preuve de complaisance à l’égard du Président tchadien Idriss Déby. Spécialement la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris, qui juge depuis lundi l’affaire des vrais-faux dinars de Bahrein.

Dés l’ouverture de l’audience lundi 16 novembre, Madame Quantin, la présidente de la 11e chambre, a constaté l’absence des deux prévenus tchadiens, Pedro Lazare, l’apporteur de l’affaire au palais présidentiel de N’djamena, et Hassan Fadoul Kitir, nommé conseiller spécial du président par Idriss Déby pour superviser l’impression en Argentine des coupures de 20 dinars de Bahrein et leur acheminement au Tchad.

Il s’agit de la plus grosse affaire de contrefaçon monétaire jamais jugée en France, 350 millions de dollars en billets de 20 dinars de Bahrein.

Un ex-conseiller spécial du président tchadien trop bavard ?

Curieusement, Mme Quantin a disjoint le cas de Pedro Lazare du procès en cours, mais a décidé de juger Hassan Fadoul en son absence. Réfugié politique au Togo, Hassan Fadoul y réside depuis 9 ans. Pourtant Hassan Fadoul, sera, lui, jugé in absentia. Tant mieux pour Déby. La cour n’entendra pas la version de Hassan Fadoul, qui a pourtant donné à Bakchich moult détails précis sur l’implication personnelle et directe de son président .

Très difficile de comprendre pourquoi l’huissier chargé de signifier à Pedro Lazare sa comparution devant la 11 ème chambre ayant échoué dans sa mission, cela aboutit à ce que Pedro Lazare ne soit pas jugé maintenant, alors que celui dépêché à Creteil pour prévenir Hassan Fadoul, aboutit à un fiasco similaire, puisque l’intéressé, est de notoriété publique résident au Togo, sous le statut de réfugié politique.

Hassan Fadoul tente néanmoins de se faire entendre. Mardi 17 novembre, la présidente de la 11e chambre donne lecture -très partielle- d’un fax [1] reçu le jour même du Togo, dans lequel Hassan Fadoul réitère sa demande de comparaitre, et souligne le refus opposé par le consulat de France à Lomé à sa demande de visa. Mme Quantin se borne à rappeler qu’en France il y a séparation des pouvoirs, et que la délivrance d’un visa ne relève pas de la justice. Elle ne voit donc aucune raison de ne pas le juger en son absence…

Un prince flou

Deux jours de débat ont fait émerger les contours passablement flous d’un prince appartenant à la famille royale d’Arabie Saoudite, son altesse royale Fayçal. Selon la présidente, il s’agit de l’un des 5 ou 7000 membres de cette vaste famille, n’exerçant aucune fonction officielle, et inconnu de l’ambassade de France à Ryadh. Pour deux prévenus interrogés, qui ont été à son service, il s’agit au contraire de l’un des fils de feu le roi Fayçal.

Idriss Déby - JPG - 31.6 ko
Idriss Déby
Dessin de Mor’

La relation d’une visite à son palais des environs de la capitale saoudienne effectuée en avril 1998 par Jean-Pierre Charrioux laisse rêveur : venu proposer au prince une affaire immobilière à St Tropez, il se retrouve dans une vaste salle dont les murs sont tapissés de cartons débordants de billets de banque de toutes origines. Francs suisses, luxembourgeois, livres sterling, dollars australiens, néozélandais, canadiens, américains ryals saoudiens, etc etc.

Jean-Pierre Charrioux comprend à cette occasion que l’éventuelle participation du prince à son projet immobilier sur la côte d’azur se fera en liquide et nécessitera une opération de change préalable à l’ouverture de comptes bancaires en France.

Autre collaborateur du prince flou, Jean-Pierre Kimbangala, un ressortissant congolais titulaire d’un passeport sud-africain et résidant en France. Pressé sur sa relation avec Fayçal, Jean-Pierre Kimbangala finit par lâcher que celui-ci lui faisait sans doute "confiance à 50%".

De l’ordinateur de ses enfants, la justice a fini par extraire une foule de documents censés émaner du prince Fayçal, qui semble jouir de dons multiples, puisque 11 documents qui lui sont attribués sont tous d’une écriture différente. Pour JPK, qui n’a pas la moindre difficulté pour se contredire à chacun de ses interrogatoires, devant la 11 ème chambre, tout est simple : le prince Fayçal, pour des raisons qu’il ignore, avait entreposé chez Ciccone, l’imprimeur argentin des Dinars bahreinis qui lui appartiennent, et qu’il souhaitait acheminer vers l’Europe. Il y eut donc, en mai 1998 3 rotations avec Comme destination initiale Nyamey (Niger) 1 vol, et N’djamena (Tchad) 2 vols.

La présidente précise qu’en tout état de cause, la Commission rogatoire envoyée en Arabie saoudite pour en savoir plus sur les activités du prince est restée sans réponse. Tout comme celle adressée au Tchad.

Il s’agit toujours de vrais-faux dinars

En revanche, malgré l’insistance de la partie civile (l’état du Bahrein et son autorité monétaire) une étonnante contradiction subsiste dans le dossier : les experts du Crédit Suisse à Zürich considèrent toujours les coupures de 20 Dinars de Bahrein pour un montant de 10 millions de dollars qu’ils ont eu à expertiser en mai 1998 comme authentiques, ce qui n’est ni le cas des experts français de contrefaçon monétaire, ni de ceux de l’entreprise britannique Delarue, officiellement en charge de l’impression de la devise bahreinie.

Les 10 millions de $ avaient été changés par le marocain Hicham Mandari, absent au procès pour cause d’assassinat, en Espagne en 2004. Il est le seul à avoir changé sans encombre un volume appréciable de la devise bahreinie printed in Argentina.

Bakchich, depuis deux ans et demi s’en est toujours tenu à cette qualification, car changer pour 10 millions de dollars une devise à circulation aussi restreinte que le dinar de Bahrein , après 5 jours d’expertise par les spécialistes du crédit suisse de Zurich, implique nécessairement qu’au moment de la transaction, fin mai 1998, ces billets de 20 dinars étaient encore vrais. 10 jours plus tard ils étaient devenus faux. Ce lot imprimé à Buenos Aires par Ciccone calcografica a par conséquent toutes les caractéristiques du vrai-faux.

 - JPG - 123 ko

Source: Bakchich.info 

Par Ndouné - Publié dans : Justice
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Articles récents

  • Ibni Oumar Mahamat Saleh : une disparition couverte depuis 4 ans ?
    En ce jour de commémoration des 4 ans de la disparition du leader politique tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, enlevé par des membres de la garde présidentielle tchadienne, l’association Survie demande la déclassification des documents diplomatiques et militaires en possession des autorités françaises pour faire la lumière sur...
  • Soudan : Washington choisit l’escalade
    Les relations entre Washington et Khartoum sont à nouveau en voie de dégradation, après une période d’apaisement, qui visait, pour les Américains, à permettre l’accession du Sud du Soudan à l’indépendance. Mais près de six mois après la proclamation de cette indépendance, un certain nombre de vieux problèmes empoisonnent toujours les...
  • Tchad: le ministre du Pétrole remercié sur fond de contentieux avec la Chine
    Le Président tchadien Idriss Déby Itno a remercié vendredi deux ministres, dont celui de l'Energie et du Pétrole, alors qu'un différend sur les prix du carburant a entraîné le 19 janvier la fermeture d'une raffinerie construite par la Chine six mois après sa mise en...
  • Le libéralisme : seule alternative crédible pour l’Afrique
    On entend de manière récurrente des intellectuels se prononcer sur le problème de la pauvreté en Afrique qui perdure après plus d’un demi-siècle d’indépendance. Sur les problèmes, tous sont unanimes : l’Afrique souffre encore aujourd’hui d’une forte domination des anciennes puissances coloniales et, dans les zones francophones...
  • Cameroun : Quelle stratégie de lutte contre la corruption au sein de l’administration publique ?
    La corruption au Cameroun reste endémique. Le pays a été signalé par deux fois comme premier pays corrompu respectivement en 1998 et 1999 (par Transparency international). En 2011, L’indice de perception de la corruption était évalué à 2,5. A la suite de la sonnette d’alarme des années 2000, une panoplie d’infrastructures...
  • Mali : la déception après la réforme du code de la famille
    La dernière rédaction du code de famille préparée par le gouvernement du Mali a suscité les ires des progressistes du pays qui, le 16 janvier, ont, dans une lettre ouverte, accusé le Président d’avoir trahi ses promesses d’égalité des droits entre hommes et femmes. Dans quelle mesure ce texte constitue-t-il un « fiasco » pour le...
  • Congo Brazzaville : La question pygmée
    Dans son rapport publié le 12 novembre 2011 à Brazzaville, L’ONG Observatoire congolais des droits de l’homme a interpellé le gouvernement pour que les libertés fondamentales des peuples autochtones, appelés encore pygmées (terme péjoratif et discriminatoire), soient respectées. Ces derniers subissent encore injustice,...
  • La fermeture de la raffinerie de Djarmaya : Le prix de la Navigation à vu
    Depuis la fermeture par Idris Deby de la raffinerie de Djarmaya, des fleuves d'encre ont rempli les pages de l'internet tant sur les cites Tchadiens arabophones que francophones. La fermeture de ce gigantesque projet, est la conséquence inéluctable de l'improvisation, de la navigation à vu et du désordre...
  • Crise de carburant au Tchad : 2012 commence sur les chapeaux de roues.
    Depuis deux semaines, l’essence, le gasoil et même le pétrole lampant son devenus denrées rares à N’Djamena et un peu partout dans le pays. Devant les stations service, les voitures et les motos font d’interminables queues. La situation est si préoccupante que toutes les ONG installées au Tchad s’en inquiètent....
  • Soudan : le président du Tchad épouse la fille du chef des janjawid
    Le président tchadien Idriss Deby Itno a épousé vendredi la fille du chef présumé de la milice janjawid au cours d'une cérémonie à laquelle a assisté le président soudanais, Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre au Darfour. Ni le président Deby ni la mariée, Amani Moussa Hilal, n'étaient présents à la cérémonie religieuse...
Liste complète

Dicton – Les 5 de la semaine

  Aussi haut que vole un oiseau, il finit par se poser

C'est avec l'eau du corps qu'on tire celle du puits

Ce que le vieux voit assis, le jeune ne le voit pas debout

Chaque rivière à sa propre source

La pierre lancée avec bonté ne siffle pas


Proverbes africains - Source: Afrik

Quoi de neuf ?

Annonces


weather counter

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés