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Lundi 4 février 2013 1 04 /02 /Fév /2013 07:20

Mahamoud-Adam-Bechir.png Son Excellence Mahamoud Adam Béchir « jugé et reconnu coupable de corruption passive » par la justice canadienne. Indirectement, bien sûr !

Ce qui implique qu’en principe il devrait-il, au moins, être entendu par la justice tchadienne par cela même que l’affaire canadienne dans laquelle il était impliqué concerne principalement l’Etat tchadien : le pétrole et la représentation diplomatique.

Epinglée par la justice de son pays, la société Griffiths Energy a avoué que pour pouvoir investir dans les gisements pétroliers tchadiens, elle a dû verser un pot-de-vin de 2 millions de dollars à une société de consulting gérée par Nouracham Niam, épouse de M. Mahamoud Adam Béchir alors ambassadeur du Tchad en Amérique.

Telle qu’elle a été montée, l’ « opération », comme l’appelle Mahamoud Adam Béchir lui-même dans sa « version des faits » publiée le 30 janvier 2013 depuis Pretoria, était tout simplement naïve et suicidaire.

La société Griffiths Energy a expliqué aux juges canadiens qu’initialement, elle avait signé un contrat de consulting avec une société écran dénommée « Ambassade de le Tchad LLC », dont l’unique propriétaire était M. Mahamoud Adam Béchir, pour être présentée au Ministre tchadien du pétrole.

C’est suite à une mise en garde de ses avocats qu’elle a dû, sans doute sur les conseils de Monsieur l’ambassadeur, imaginer le montage juridique consistant à se servir de l’épouse pour remettre le bakchich à son Excellence.

La sanction judiciaire a donc été sans appel :Griffiths Energy doit payer une lourde amende de 10,3 millions de dollars pour avoir corrompu un agent public étranger. De surcroît un diplomate censé incarner les valeurs culturelles et morales de son pays auprès des pays hôtes.

Sitôt l’épilogue judiciaire de cette affaire de corruption au sommet ébruité sur internet, Idriss Déby s’est précipité pour prendre un décret rappelant M. Mahamoud Adam Béchir définitivement au Tchad. Il officiait à Pretoria comme ambassadeur du Tchad en Afrique du Sud.

Le Canada et l’Afrique du Sud entretiennent des relations diplomatiques depuis 1939 fondées sur des valeurs communes qui soutiennent la démocratie, la paix, la sécurité et la prospérité, peut-on lire sur le site internet du ministère des affaires internationales canadien.

Le Canada a un haut commissariat à Pretoria et un bureau commercial à Johannesburg.

On comprend bien que, pour le chef de l’Etat, après avoir été humilié par la justice canadienne, il fallait agir vite pour ne pas voir son ex-beau-fils déclaré persona non grata par les autorités sud-africaines.

Ce qui est en revanche moins compréhensible, c’est l’attitude des autorités judiciaires tchadiennes qui, malgré la corruption avérée et non contestée par l’intéressé lui-même, hésitent encore à lancer contre lui des poursuites prévues par la législation en vigueur, en particulier la loi n°004/PR/2000 du 16 février 2000 portant répression des détournements des biens publics, de la corruption, de la concussion, des trafics d’influence et des infractions assimilées.

L’article 14 de ladite loi prévoit une peine d’emprisonnement de deux (2) ans et une amende de deux cent mille (200.000) à cinq millions (5.000.000) de franc à l’encontre de tout « fonctionnaire qui, pour lui même ou pour autrui, sollicite, agrée ou reçoit des offres, […] faire obtenir un avantage quelconque accordé par l’autorité publique ou par un organisme placé sous contrôle de l’autorité publique, des marchés ou autres bénéfices résultant des conventions conclues avec l’autorité publique, abusant ainsi de l’influence réelle ou supposée que lui donne sa qualité … ».

D’autres textes internationaux ratifiés par le Tchad permettent l’ouverture d’une information contre Mahamoud Adam Béchir et son épouse. Une occasion que devraient saisir les autorités pour redorer l’image ternie de ce pays considéré depuis une dizaine d’années comme l’une des trois nations les plus corrompues au monde.

Mais quel juge au Tchad aura assez de couilles pour convoquer l’ex-beau-fils du chef de l’Etat ? Les proches de Déby bénéficient d’une immunité de fait contre toute poursuite judiciaire « quoi qu’ils aient fait ». L’opprobre judiciaire est réservée aux autres : Mahamat Saleh Annadif, Mahamat Zène Bada, Ahmadaye Al-Hassane, Mahamat Abdoulaye, Annour Djibrine, Haroun Kabadi, Mbailemdana, etc.

S’il est vrai que parmi ceux-là seuls Zène Bada et Annour Djibrine ont été condamnés,  il ne reste pas moins vrai que les autres ont perdu toute crédibilité aux yeux de la population par le fait même qu’ils ont été remis en liberté sur ordre de Déby sans être jugés. Ni coupables, ni innocents. Drôle de justice !

Mais encore plus drôles sont les aboiements de Mahamoud Adam Béchir qui, dans sa « version des faits », demande à Idriss Déby de se transformer en justicier pour le venger en infligeant à Griffiths Energy...Lire la suite sur Tchadoscopie.

Par Ndouné - Publié dans : Lu pour vous
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