Présentation

Profil

Samedi 9 février 2013 6 09 /02 /Fév /2013 07:09

Soldats tchadiens - depart pour le Mali Souvenez-vous : Quand nous avons annoncé le  crash de l’avion présidentiel tchadien le 28 octobre 2012 à Kalaït, sur les réseaux sociaux – Facebook et Twitter – des esprits fébriles nous avaient  affublés  de tous les noms d’oiseaux, parce que  nous avions été les premiers à publier l’événement. Hier, vendredi 8 Février, nous avons publié en scoop sur Twitter la tragique embuscade tendue par les groupes armés du Nord-Mali qui a fauché 24 tchadiens. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’information a été censurée. En tout cas, voici les premières conséquences de l’intervention franco-tchadienne au Mali.

Décryptage : Au cours de l’opération de reconnaissance menée très tôt le mardi 5 février dernier au nord de la localité de Kidal, des hélicoptères français survolent une zone suspecte.

 Au sol, une colonne des troupes françaises utilise une du Tchad comme bouclier en avant de la patrouille.

Puis tout à coup des tirs venant de partout. C’est une embuscade, nous a rapporté un des survivants. Des mines explosent en cascade, et bien évidemment, ce sont les soldats Tchadiens, en tête de la patrouille qui tombent comme des quilles.

Très vite le bilan est établi : selon une source bien introduite auprès du commandement du contingent tchadien au Mali, 24 soldats tchadiens sont morts, parmi lesquels 2 officiers – un commandant et un capitaine -,  et 11 blessés graves. Tous victimes de ces groupes armés maliens - communément appelés « Djihadistes ». Dans la débandade, on parle de 3 chars abandonnés.

Cette information a soigneusement été gardée secrète par les officiels tchadiens et français, car aucun journaliste n’a été autorisé de se rendre sur les lieux du drame. Ahmad Makaila, le seul éditorialiste de la TéléTchad, envoyé comme reporter, auprès des troupes tchadiennes - et qui aurait pu être mis au parfum – avait curieusement été envoyé dans les minutes qui avaient suivi le désastre à Niamey au Niger afin que l’info demeure top secret.

Et au Niger, le journaliste Tchadien avait eu pour mission d’interviewer le ministre nigérien de la justice et porte-parole du gouvernement.

Pour ce faire, une ferme instruction du président tchadien Idriss Deby – se trouvant au Caire où il devait prendre part au sommet de l’OCI du 7 au 8 février -  avait été adressée le mercredi 6 février à l’Etat-major, que pas une seule allusion des militaires tchadiens blessés évacués du Mali vers N’Djamena ne filtre. Quant à l’explication officielle à donner relativement aux victimes, la conduite à tenir était de donner comme version officielle : un accident de circulation. Ce qui a d’ailleurs largement été repris en boucle à la radio et à la télé tchadiennes !

C’est ce qui explique, par ailleurs que Hassan Sylla, le ministre de la communication - qui s’était cru autorisé de bomber le torse le 26 janvier d’une conférence de presse à Niamey en affirmant, pince sans rire, que « le Tchad a des moyens satellitaires,  même  si la presse occidentale ne parle pas de l’intervention de nos troupes à Gao… » n’a pas osé montrer aux téléspectateurs de la TéléTchad le lieu où ce fameux accident se serait produit. Comme quoi le ridicule ne tue toujours personne au Tchad !

Pour faire davantage bonne mesure, le nouveau Premier ministre, Joseph Djimrangar Dadnadji s’est rendu le jeudi 7 février au chevet des blessés hospitalisés à la garnison militaire pour les rassurer que Deby ne les a pas oubliés. La preuve, sonnante et trébuchante : il a remis à chacun une enveloppe contenant quelques misérables Francs CFA, et ceci s’est fait en direct à la TéléTchad (Voir la Vidéo). Quelle humiliation pour ces soldats !

 

Depuis quand, et dans quel pays, réconforte-t-on  ou encourage-t-on un soldat sortant éclopé d’une guerre en lui donnant de l’argent en direct à la Télé ?

C’est bien l’éclatante preuve que ces soldats putatifs ne sont que des miliciens, c’est pourquoi ils sont ainsi traités. Car dans une armée régulière ils auraient été récompensés de médailles et de primes ou d’indemnités discrètement versées sur leurs comptes bancaires.

La question légitime que tout tchadien doit se poser : noyé dans cette intervention Franco-Tchadienne au Mali dans le cadre de l’opération Serval, le Tchad n’est pas membre de la Cédéao et encore moins intégré à la Misma. Alors qui va financer le maintien de ses troupes ? Et quel est le vrai statut de la présence de ces soldats tchadiens?

Car officiellement le Tchad dit avoir signé un accord avec le gouvernement malien. Mais personne ne sait rien de ce que stipule cet accord relativement à cette intervention hybride ?

Ce qui est certain, Deby pour acquérir la bienveillance de Hollande, a envoyé les fils du pays à l’abattoir sachant pertinemment que l’enlisement était prévisible. Ce que la France elle-même a bien compris après que les groupes armés maliens se soient retirés des différentes villes sans combat, optant désormais pour la guérilla, d’où cette décision de retrait imminent des troupes françaises du Mali en mars prochain prise en catimini en conseil de ministre le mercredi dernier à la grande surprise du gouvernement malien et du peuple malien qui venaient pourtant d’accueillir le samedi 2 février…Hollande en héros « libérateur ».

Il est vrai, et personne n’est dupe là-dessus : les vrais mobiles de l’intervention des troupes françaises sont : la défense des intérêts géostratégiques de la France, la montée dans les sondages en France, la peur de ce qui aurait pu éventuellement arriver si elle n'intervenait pas...

Ce que vit actuellement le Mali est la résultante d’une géostratégie d’intérêts et la maladresse d’Amadou Toumani Touré (ATT), malheureusement comme un peu partout dans le monde il faut créer des guerres pour en tirer profit depuis la fin de la guerre froide Est-Ouest.

Une chose, qu’on le veuille ou pas, est sûre : le Tchad sera une fois de plus humilié et paiera une lourde et douloureuse facture pour ces interventions intempestives et injustifiées.  Alors que le peuple tchadien vit dans une misère aussi noire qu’insondable.

Par D.L  | Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Aucun commentaire pour cet article

Sur Twitter

English - العربية

Articles récents

  • Idriss Deby engage la guerre contre le nord du Tchad !
    On le sait : Idriss Deby a fait un passage-éclair au nord du Tchad, mercredi dernier 13 août. En marge des criminelles instructions qu’il y avait données à sa soldatesque consistant à arrêter et tuer tout orpailleur vu à bord d’un véhicule 4x4, Il avait, par ailleurs, au cours de la soirée de cette journée, rencontré et discuté...
  • Tchad | Passage de Deby à Faya • La situation s’envenime : des morts et de nouvelles désertions !
    Quand la nouvelle a fusé que le Sultan Président était en train de se rendre à Faya pour,  pense-t-on, apaiser les tensions, beaucoup avaient pensé que c’est le dialogue et l’apaisement des passions qui allaient être au menu de la descente présidentielle. Que non ! Dès que le dictateur est descendu de son avion,...
  • Conséquence des affrontements dans le Tibesti : Brouille dans la famille présidentielle et désertion en masse dans la Garde Présidentielle !
    Décidément, les durs affrontements dans le Tibesti sont en train de produire de dramatiques effets induits : Avant-hier, mardi 12 août,  sept véhicules armés 4x4 bondés d’éléments de la Garde Présidentielle ont traversé la frontière soudanaise en passant par Moito – à mi-chemin entre N’Djamena et Ati -  aux alentours...
  • Tchad • Meurtres en masse, rapines, villages brulés, climat de terreur : L’Armée de Deby massacre des orpailleurs tchadiens dans le Tibesti
    Depuis plus d’une semaine, de violents affrontements armés enflamment la région du Tibesti et installent une indicible inquiétude calcinant une zone allant de la lisière de la frontière Tchado-Nigérienne à la quasi-totalité de la région du Tibesti. On y voit des militaires de l’armée tchadienne traquer et tuer sans vergogne des...
  • Décryptage • La visite de Hollande au Tchad : les enjeux
    François Hollande a débarqué  le 18 juillet 2014 au Tchad en pleine nuit – pour repartir le lendemain matin – sans même avoir visité N’Djamena. Il était venu avant tout, on l’a vu, pour installer Idriss Deby Itno dans sa fonction de « shérif »  contre le terrorisme en Afrique, mais après son départ, on réalise...
  • Baccalauréat au Tchad : la médiocrité perdure
    Au-delà des tonotruants travaux pharaoniques face auxquels l’homme de passage au Tchad – et particulièrement à N’Djamena pourait s’extasier – et qui donnent la fausse impression que le Tchad avance, il est un secteur qui maintient ce pays au bas du tableau des états les moins alphabétisés du continent, sinon du monde :...
  • Arrêt sur images • Tchad : La canne-fétiche de Deby pour la survie du fauteuil présidentiel !
    Depuis l’assaut raté des rebelles tchadiens en février 2008 qui les avait mené jusque devant le portail du palais présidentiel,– et qui avait failli culbuter le régime MPS en quelques heures – Idriss Deby avait compris qu’il était vulnérable et qu’il lui fallait absolument se protéger à tout prix. Il n’a pas fait moins que de se...
  • Sommet États-Unis/Afrique : la diaspora tchadienne organise un sit-in devant la Maison Blanche
    Protestation des Tchadiens devant la Maison Blanche - Le 05 Août 2014 de 09h à 17h. Barack Obama, le président des États-Unis d’Amérique a invité les chefs d'État et de gouvernement du continent à prendre part à un sommet États-Unis-Afrique les 5 et 6 Août prochains à Washington. Le dictateur...
  • Tchad : A quoi sert le pétrole ?
    Comme la plupart des pays de l’Afrique subsaharienne producteurs de pétrole, le Tchad est à son tour frappé par la malédiction du pétrole. Devenu l’objet de convoitise des colosses exportateurs pétroliers, le pétrole du Tchad a été pendant longtemps jalousement gardé par les dirigeants politiques du pays depuis l’indépendance. Le...
  • Hollande à Ndjamena : Cynisme impérial
    Le cynisme affiché pendant la récente visite du président français à son homologue  tchadien assoit et justifie l'iniquité et la tyrannie que ce dernier exerce sur son peuple. Des impératifs de sécurité justifient parait-il la démarche de la diplomatie française, d’inspiration socialiste qui hier jurait avant de prendre le...
Liste complète

Dicton – Les 5 de la semaine

  Aussi haut que vole un oiseau, il finit par se poser

C'est avec l'eau du corps qu'on tire celle du puits

Ce que le vieux voit assis, le jeune ne le voit pas debout

Chaque rivière à sa propre source

La pierre lancée avec bonté ne siffle pas


Proverbes africains - Source: Afrik

Quoi de neuf ?

Annonces


weather counter

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés