Partager l'article ! Tchad - Mali : 24 soldats du contingent tchadien tués et 11 blessés dans une embuscade au nord de Kidal: Souvenez-vous&nb ...
Guerre au Mali :
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Souvenez-vous : Quand nous avons annoncé le crash
de l’avion présidentiel tchadien le 28 octobre 2012 à Kalaït, sur les réseaux sociaux – Facebook et Twitter –
des esprits fébriles nous avaient affublés de tous les noms d’oiseaux, parce que nous avions été les premiers à publier l’événement. Hier, vendredi 8 Février, nous avons publié
en scoop sur Twitter la tragique embuscade tendue par les groupes armés du Nord-Mali qui a fauché 24 tchadiens. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’information a été
censurée. En tout cas, voici les premières conséquences de l’intervention franco-tchadienne au Mali.
Décryptage : Au cours de l’opération de reconnaissance menée très tôt le mardi 5 février dernier au nord de la localité de Kidal, des hélicoptères français survolent une zone suspecte.
Au sol, une colonne des troupes françaises utilise une du Tchad comme bouclier en avant de la patrouille.
Puis tout à coup des tirs venant de partout. C’est une embuscade, nous a rapporté un des survivants. Des mines explosent en cascade, et bien évidemment, ce sont les soldats Tchadiens, en tête de la patrouille qui tombent comme des quilles.
Très vite le bilan est établi : selon une source bien introduite auprès du commandement du contingent tchadien au Mali, 24 soldats tchadiens sont morts, parmi lesquels 2 officiers – un commandant et un capitaine -, et 11 blessés graves. Tous victimes de ces groupes armés maliens - communément appelés « Djihadistes ». Dans la débandade, on parle de 3 chars abandonnés.
Cette information a soigneusement été gardée secrète par les officiels tchadiens et français, car aucun journaliste n’a été autorisé de se rendre sur les lieux du drame. Ahmad Makaila, le seul éditorialiste de la TéléTchad, envoyé comme reporter, auprès des troupes tchadiennes - et qui aurait pu être mis au parfum – avait curieusement été envoyé dans les minutes qui avaient suivi le désastre à Niamey au Niger afin que l’info demeure top secret.
Et au Niger, le journaliste Tchadien avait eu pour mission d’interviewer le ministre nigérien de la justice et porte-parole du gouvernement.
Pour ce faire, une ferme instruction du président tchadien Idriss Deby – se trouvant au Caire où il devait prendre part au sommet de l’OCI du 7 au 8 février - avait été adressée le mercredi 6 février à l’Etat-major, que pas une seule allusion des militaires tchadiens blessés évacués du Mali vers N’Djamena ne filtre. Quant à l’explication officielle à donner relativement aux victimes, la conduite à tenir était de donner comme version officielle : un accident de circulation. Ce qui a d’ailleurs largement été repris en boucle à la radio et à la télé tchadiennes !
C’est ce qui explique, par ailleurs que Hassan Sylla, le ministre de la communication - qui s’était cru autorisé de bomber le torse le 26 janvier d’une conférence de presse à Niamey en affirmant, pince sans rire, que « le Tchad a des moyens satellitaires, même si la presse occidentale ne parle pas de l’intervention de nos troupes à Gao… » n’a pas osé montrer aux téléspectateurs de la TéléTchad le lieu où ce fameux accident se serait produit. Comme quoi le ridicule ne tue toujours personne au Tchad !
Pour faire davantage bonne mesure, le nouveau Premier ministre, Joseph Djimrangar Dadnadji s’est rendu le jeudi 7 février au chevet des blessés hospitalisés à la garnison militaire pour les rassurer que Deby ne les a pas oubliés. La preuve, sonnante et trébuchante : il a remis à chacun une enveloppe contenant quelques misérables Francs CFA, et ceci s’est fait en direct à la TéléTchad (Voir la Vidéo). Quelle humiliation pour ces soldats !
Depuis quand, et dans quel pays, réconforte-t-on ou encourage-t-on un soldat sortant éclopé d’une guerre en lui donnant de l’argent en direct à la Télé ?
C’est bien l’éclatante preuve que ces soldats putatifs ne sont que des miliciens, c’est pourquoi ils sont ainsi traités. Car dans une armée régulière ils auraient été récompensés de médailles et de primes ou d’indemnités discrètement versées sur leurs comptes bancaires.
La question légitime que tout tchadien doit se poser : noyé dans cette intervention Franco-Tchadienne au Mali dans le cadre de l’opération Serval, le Tchad n’est pas membre de la Cédéao et encore moins intégré à la Misma. Alors qui va financer le maintien de ses troupes ? Et quel est le vrai statut de la présence de ces soldats tchadiens?
Car officiellement le Tchad dit avoir signé un accord avec le gouvernement malien. Mais personne ne sait rien de ce que stipule cet accord relativement à cette intervention hybride ?
Ce qui est certain, Deby pour acquérir la bienveillance de Hollande, a envoyé les fils du pays à l’abattoir sachant pertinemment que l’enlisement était prévisible. Ce que la France elle-même a bien compris après que les groupes armés maliens se soient retirés des différentes villes sans combat, optant désormais pour la guérilla, d’où cette décision de retrait imminent des troupes françaises du Mali en mars prochain prise en catimini en conseil de ministre le mercredi dernier à la grande surprise du gouvernement malien et du peuple malien qui venaient pourtant d’accueillir le samedi 2 février…Hollande en héros « libérateur ».
Il est vrai, et personne n’est dupe là-dessus : les vrais mobiles de l’intervention des troupes françaises sont : la défense des intérêts géostratégiques de la France, la montée dans les sondages en France, la peur de ce qui aurait pu éventuellement arriver si elle n'intervenait pas...
Ce que vit actuellement le Mali est la résultante d’une géostratégie d’intérêts et la maladresse d’Amadou Toumani Touré (ATT), malheureusement comme un peu partout dans le monde il faut créer des guerres pour en tirer profit depuis la fin de la guerre froide Est-Ouest.
Une chose, qu’on le veuille ou pas, est sûre : le Tchad sera une fois de plus humilié et paiera une lourde et douloureuse facture pour ces interventions intempestives et injustifiées. Alors que le peuple tchadien vit dans une misère aussi noire qu’insondable.
Par D.L | Ndjamena-matin
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