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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 17:28

Depuis quelques semaines, la communauté internationale – ou du moins ce que l’on se complait à désigner comme tel – ne décolère pas et n’en finit pas de pousser des cris d’orfraie à cause des exactions perpétrées dans certaines capitales africaines par les soudards des inénarrables dictateurs.

Ainsi, beaucoup, parmi les observateurs les plus avisés de la politique Africaine, se disent que l’éviction du pouvoir de certains turbulents et volubiles tyrans a toutes les chances de trouver son prétexte dans la débauche de viols des soldats africains. Mais au même moment, à N’djamena, des soldats – et ceux-ci de la garde prétorienne de Deby – se sont permis un viol en masse et à ciel ouvert. Curieusement la communauté internationale n’a rien fait de mieux que de détourner son regard. Pudiquement. Deux poids trois mesures ?

 

Jean-Pierre BEMBA, a été capturé et traîné devant la Cour Pénale Internationale (CPI) parce que des soldats sous sa responsabilité se seraient rendus coupables de viols et de meurtres lors de la guerre civile ayant opposé en Centrafrique il y a quelques années le régime aujourd’hui déchu de Ange-Félix Patassé et les rebelles de François Bozize - soutenus par le pouvoir tchadien de Idriss Deby Itno.

Manifestement, ces harcèlements judiciaires, et d’autres du même acabit, tendraient à prouver une seule chose : que l’ère de l’omnipotence et de l’impunité des dirigeants peu respectueux de la personne humaine est bel et bien révolue.

Erreur ! Il existe manifestement aujourd’hui plus d’exceptions que de cas pour lesquels la règle de la poursuite serait appliquée. Des exceptions tellement nombreuses, qui, contrairement à l’opinion communément répandue, infirment la règle plus qu’elles ne la confirment. Pour ne pas dire que ces exceptions sont devenues tout simplement la règle.

Autrement, on aurait de la peine à comprendre  qu’après avoir massacré des milliers de Tchadiens - opposants reconnus comme tels et autres victimes collatérales ;  et qu’après avoir financièrement soutenu,  et participé activement à la guerre civile en république Centrafricaine,  en mettant des ressources humaines à la disposition de Bozize, (des ressources humaines  moulées dans la barbarie la plus abjecte, qui violaient et tuaient plus vite qu’ils ne respiraient)  Idriss Deby Itno demeure toujours  l’un des plus prolifiques  mass murder  au monde à n’avoir jamais été  l’objet de la moindre velléité de poursuite de la part de la justice internationale.

Pis, l’impression générale du reste fondée, est qu’en raison de l’entregent de ce tyran tropical, un entregent qui se résume à ses relations avec les dirigeants français qu’il alimente en pétrodollars et qui se chargent ensuite de faire le reste en corrompant une communauté internationale plus inconstante qu’à son tour, Idriss Deby est couvé comme un œuf par la communauté internationale et sa justice à plusieurs vitesses.

Au passage, il a conféré à ce qui est encore considéré impudemment dans notre pays comme « Armée nationale », cette armée qui lui sert de soutien à l’intérieur du pays, le droit de frustrer les Tchadiens quand, où et comme elle veut !

Conséquence, personne n’est plus surpris de constater  que les militaires sont devenus au Tchad, non plus les simples complices des hors-la-loi, mais les acteurs féroces de cette insécurité et de ces braquages à main armée qui coûtent à tant de Tchadiens, de jour comme de nuit, leur quiétude,  leurs biens, et parfois tout simplement leurs vies.

Pas surprenant alors que, se sentant sous le couvert d’une immunité qui dit clairement son nom, la soldatesque de Deby se livre allègrement à toute sortes d’exactions. Et même à cœur joie au viol des femmes tchadiennes, comme cela a été le cas dans la nuit du 13 au novembre dernier, quand des éléments du camp de la Cité du 1er décembre, armés jusqu’aux gencives, ont sauvagement fait irruption à la place Festafrica où se déroulait la 3ème édition du festival NDjam Vie, et enlevé dix filles qu’ils ont traînées de force dans leur caserne, pour les séquestrer et les violer sauvagement pendant plusieurs jours. 

Cette horreur a eu lieu vingt-quatre heures seulement après la fin de la tenue à N’djamena par le comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale, de sa 29ème réunion ministérielle, à l’issue de laquelle les 11 pays d’Afrique Centrale, dont le Tchad, se sont fermement engagés à lutter contre les violences sexuelles.

Quelle insulte !

Mais en dépit des cris des associations de protection des droits de l’homme, aucune enquête, aucune poursuite n’ont été engagés contre ces soudards qui, en plus de la force de leurs baïonnettes, abusent maintenant, et à ciel ouvert, de celle de leurs braguettes. Comme en Guinée, à la différence que de ce côté-là, le viol – individuel ou collectif – est un délit. Au secours !

Par D.D | Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Société
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