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Le constat est clair et doit l’être pour tous les Tchadiens : le fait pour les opposants et autres combattants de dénoncer sans cesse les dérives du régime Deby
dans les journaux, de criailler dans les médias et sur Internet à propos de la féroce dictature ligotant toute une nation, de pleurnicher dans les chaumières sur les morts et les
disparitions que l’on ne compte plus dans notre pays, et de s’émouvoir indéfiniment des frasques d’Idriss DEBY lui même, des abus diaboliques de sa famille nucléaire qui se comporte
comme en pays conquis, des crimes des membres de son clan qui a pris notre pays en otage, et de l’impudence de ses satrapes qui dilapident les caisses de l’état est révolu. Il faut passer à
la vitesse supérieure. La réalité actuelle impose le renouvellement d’une prise de conscience nationale pour une option totale, urgente et sans plus aucun atermoiement dans le sens d’un
changement radical de régime au Tchad.
Quand, il y a quelques semaines, nous avons dénoncé un attentat terroriste du régime Deby perpétré en plein jour à N’Djamena contre des soldats français – attentat commandité par le propre fils de Deby, promu curieusement dans les 48h suivantes, Directeur adjoint du cabinet civil de la Présidence de la République - au lendemain de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle française - , dans l’esprit de bon nombre de nos lecteurs, nous faisions du catastrophisme excessif, certains ayant été jusqu’à estimer que le titre de notre article - « attentat terroriste » - était trop fort.
La réalité est là, et l’analyse de la suite des évènements l’a indubitablement établi : l’acte avait froidement et méticuleusement été prémédité dans le but de susciter une psychose anti-française consécutive à la sortie de la scène de Sarkozy.
Autre dénonciation prémonitoire de notre part via les réseaux sociaux : nous avons alerté les internautes pendant plus de deux mois de ce qu’une mutinerie de la garde rapprochée de Deby était en cours de préparation.
Beaucoup s’étaient, à ce moment là demandé – à tort ou à raison - pourquoi de si graves dénonciations sur la toile ? L’explication est pourtant simple : une situation extrêmement grave se tramait à l’insu de nos concitoyens, la déchirure du clan Itno.
C’est une réalité indéniable, car après la toute récente tentative d’assassinat perpétrée contre Deby par les siens, la pertinence de nos informations et de nos appréhensions a éclaté au grand jour. La meilleure preuve en est que lorsqu’Idriss Deby a envoyé - juste avant son voyage pour la conférence de Rio - une délégation familiale à la rencontre du « Général » Abderahim Bahar Itno pour des explications au sujet de l’éventuelle implication de ce dernier dans la tentative avortée, ce neveu du chef de l’état a carrément pris de haut les émissaires venus du palais rose lui poser des questions, leur affirmant qu’il peut, s’il le veut, déposer Idriss DEBY quand il veut.
Plus arrogant, le neveu présidentiel a furieusement enjoint à la délégation de demander des explications à Idriss DEBY à propos de l’assassinat de 22 membres de sa famille dont une femme, commandité directement par le locataire du Palais Rose.
Deby, extrêmement courroucé par la réponse insolente, a dépêché sur le champ cette délégation - renforcée par quelques dignitaires proches - auprès des patriarches les plus âgés vivant dans son village natal, Am-Djarass aux fins de les informer du pourrissement de la situation dans son entourage familial.
Comme quoi les discordes de famille sont devenues des affaires d’état. Comme si les dizaines de milliers de tchadiens, victimes depuis plus de 20 ans de Deby n’avaient aucune importance. L’Etat, c’est le clan Itno. Le pays lui appartient. Quand il survient des brouilles au sein des Itno, le pays est condamné à attraper la grippe espagnole.
Conséquence et déduction : la guerre des Itno nous interpelle.
Elle interpelle ainsi plus que jamais les compatriotes de l’opposition ainsi que tous les combattants de la liberté quant à unir dix mille fois plus que par le passé leurs efforts dans le sens patriotique en créant, en entretenant et en intensifiant une synergie forte destinée à permettre l’éradication du régime de Deby.
Expédier une fois pour toutes ce régime honni dans les poubelles de l’Histoire doit encore et toujours être pour tous les Tchadiens épris de liberté un impératif non négociable. Et à compter de maintenant, cette synergie devra tenir compte des erreurs du passé qui ont été la source de tous les échecs successifs ayant permis au dictateur et à sa clique de pérenniser leur domination sur le Tchad.
Dans la nouvelle option, nous devrons tous tirer la leçon que nous ont infligée les combattants de la 25è heure qui s’étaient infiltrés dans les rangs et les troupes des forces opposées au régime, mais qui n’avaient été du camp des combattants de la liberté que dans l’unique dessein d’en tirer des dividendes à tous les prix.
Ils ont été du camp contre Deby parce qu’ils étaient engagés dans un combat qui n’aura jamais été que celui de leurs propres intérêts pour gagner pile ou face : En cas de victoire des forces de la résistance, ils étaient assurés d’une place au soleil. Au cas où cette victoire – pourtant inéluctable – prendrait trop de temps, ils avaient toujours la possibilité de négocier un spectaculaire ralliement avec le camp d’en face et d’obtenir par la suite, à défaut d’un poste ministériel éphémère, du moins quelques millions de francs et une misérable place au sein d’un régime liberticide et despotique.
Par le passé on a vu beaucoup d’oiseaux de cette faune qui ont contribué directement ou indirectement – mais finalement de façon dramatique - à saper la dynamique de la marche en avant des forces de la résistance ou de leur éclatement.
Hier et avant-hier, portant treillis et kalachnikov dans les camps de la résistance, mais aujourd’hui roulant carrosse à N’Djamena après avoir honteusement négocié et pactisé avec Deby, ces faux combattants devraient avoir honte d’eux-mêmes en se regardant sur un miroir chaque fois qu’ils se rasent.
Sans eux, la résistance s’était organisée, avait lutté avec intrépidité, et s’était sacrifiée. A cause de leur vénalité et plus précisément de leurs petites ambitions personnelles, la lutte armée n’est pas arrivée à libérer le Tchad d’une dictature qui est, de toute façon, condamnée à connaître inéluctablement une fin. Sans eux, la lutte continuera et ne se terminera, vaille que vaille et coûte que coûte, que par la fin d’un régime assassin.
Et que chacun de nous se le tienne pour dit : ce n'est pas l'arrivée des socialiste au pouvoir en France qui fera partir Deby, et encore moins les seules – mais portant nécessaires - dénonciations sur les dérives et atrocités de son régime qui apporteront du jour au lendemain le changement dans notre pays.
Il faut passer à l'action. Une action totale. C’est l'ultime recours.
Par D.D | Ndjamena-matin
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Pour illustration/photo : cfdt-disney.org
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Proverbes africains - Source: Afrik
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