Tchad :
Déportation au bagne de Koro Toro construit par Deby
Tchad:
L'improbable plan de stabilité
Les conséquences de l'exploitation du pétrole
tchadien : Décryptage de ZoomTchad
Les opérations extérieures de
l’armée française, un gouffre à sous
Liens
utiles:
Waldari
Makaila
Tchadhanana
Ambenatna
Tchadvision
Tchachadi
Yorongar
Ibni Oumar
Rdpl
CEFOD
Tchadonline
Tchadforum
Tchadanthropus
Parc Zakouma
ActuTchad
Juliette
Ici Cemac
Sudonline
Abidjan.net
La Nouvelle Tribune
Rue89
Bakchich
FWIyapin
Ségolène Royal
B World Connection
San Finna
Les Afriques
Constitution-en- afrique
Gabon.typepad
Alterinfo
Africanus
Revue-pouvoirs
Alterinfo
sarkofrance
Africatime
AFRICA NEWS
Depuis le lundi 15 février un extrait du discours prononcé par Idriss Deby (Photo: AFP) lors de sa visite du 08 Février dernier à Khartoum défile en boucle - et sans
discontinuer – sur la bande défilante du site internet de la Présidence de la République du Tchad. Un extrait qui appelle – ni plus ni moins – les combattants de la Résistance armée à revenir au
Tchad sans crainte. Du jamais vu, du jamais entendu, du jamais lu !
« Je saisis l’occasion de mon séjour à Khartoum pour dire à mes frères tchadiens qui, pour une raison ou pour une autre, ont choisi la voie de la violence d’opter pour la voie de la raison, et de rentrer au pays. Je m’engage à leur assurer toutes les garanties de sécurité pour leur permettre de s’insérer honorablement dans la vie publique et civile. » : Voilà exactement le texte - et pour tout dire le petit morceau de discours - qui n’en finit pas d’animer et d’illuminer, à l’attention du monde entier, le site officiel de la Présidence de la république du Tchad depuis le lundi 15 février 2010.
Un texte qui, bien évidemment, affiche de manière on ne peut plus spectaculaire ce qui semble être une option nouvelle du maître de N’djamena.
Conséquence : une énorme question taraude forcément tous les esprits : Faut-il prendre pour argent comptant cet engagement trop beau pour être vraiment sincère affirmé de manière un peu trop ostentatoire par un autocrate qui n’a jamais – mais alors au grand jamais – manifesté la moindre intention de faire des fleurs à tous ceux qu’il considère comme ses ennemis?
Quoi qu’il en soit, les observateurs les plus prudents se contentent de le prendre pour ce qu’il est au premier degré, c’est-à-dire : une démarche d’un genre encore jamais vu de la part du chef du clan des Itno qui, ici, pour la première fois depuis plus de dix ans, a qualifié de « frères tchadiens» ceux qu’il n’a jamais dédaigneusement qualifiés que de « mercenaires ».
Ce revirement aurait-il été inspiré par le chassé croisé franco-libyen que l’on sent de façon subliminale derrière le brusque changement de ton et d’attitude de Deby ?
Et du coup, voilà l’opposition politico-militaire réduite à se gratter la tête et la barbe, car elle a le devoir de réagir de manière prompte et conséquente face à cette nouvelle situation qui ne manque pas de piment. En effet, après avoir été sommée par les autorités soudanaises de quitter leur territoire il y a quelques jours, elle s’apprêtait à monter à l’assaut de N’djamena pour une offensive finale. Mais voila que subitement, le pouvoir tchadien, contrairement à son éternelle posture belliqueuse, lui tend littéralement la main.
Face à cette nouvelle attitude du régime au pouvoir à N’djamena, les politico-militaires, et principalement l’UFR, ne peuvent ne pas tenir compte des nouvelles dispositions du pouvoir Mps. En effet, jamais jusqu’ici le maître du Tchad n’avait un seul instant laissé entrevoir la plus infime possibilité, ou éventualité, de dialogue avec l’opposition militaire qui ne lui a, en fait, toujours donné que des cauchemars. Et ils sont nombreux, dans les rangs de l’opposition radicale à N’djamena, à s’être dit que Deby cherche certainement à rouler tout le monde dans la farine, à commencer par le Soudan. Ces appréhensions sont d’autant plus justifiées que, jamais on n’a vu Deby tenir ses promesses.
Depuis toujours, face à la résistance militaire, sa stratégie est demeurée immuable : acculer les patriotes engagés dans la lutte armée à la capitulation, au ralliement pur et simple ou… à défaut, combattre jusqu’à la mort.
Plus cynique, Deby s’est toujours singularisé par sa constante capacité à ne jamais respecter ses engagements vis-à-vis de ceux qui ont commis l’erreur de faire confiance à ses promesses. En tout cas, Idriss Deby est réputé comme homme ne faisant jamais de cadeaux à quiconque serait amené à négocier avec lui.
Cette logique semble même avoir été maintenue dans la lettre et l’esprit des accords de normalisation – dits de N’djamena – dans lesquels il est bel et bien stipulé dans l’article 6 que « à défaut d’accepter la paix de leur gouvernement, les groupes rebelles feront l’objet de désarmement et de neutralisation. Les groupes rebelles neutralisés et désarmés ont le choix, soit de renter dans leur pays d’origine, soit de résider dans un pays d’accueil en qualité de réfugié (…) »
Bref aucune ouverture n’a sérieusement été envisagée dans ces « accords » pour une éventuelle négociation raisonnée vis-à-vis des groupes politico-militaires, surtout Tchadiens !
On comprend donc que, arrivé à Khartoum, Idriss Deby ait pris les uns et les autres de court en invitant à haute et intelligible voix « ses frères tchadiens » à revenir au pays.
Il est vrai que ce discours aurait été encore plus complet si, pendant son très bref séjour en terre soudanaise, Deby avait rencontré, ou serré la main à « ces frères » qui, presque tous étaient présents à la capitale soudanaise ce jour là. Selon certaines informations, Deby aurait catégoriquement refusé l’offre des Soudanais de lui faciliter une négociation directe avec son opposition pendant son séjour. Deby aurait dit sèchement à son homologue soudanais dans des termes politiquement incorrects qu’il ne traite pas avec des « mercenaires ».
En tout cas, voilà Idriss Deby avec revirement à 180 degrés qui invite l’opposition militaire à revenir au Tchad. Mais à quelles conditions, et dans quelles conditions ?
Si cette invitation est aussi sincère qu’elle veut paraitre, il faudrait bien que toutes les modalités de retour soient méticuleusement formalisées et entérinées par un scrupuleux modus operandi.
Des préalables sont d’autant plus incontournables que Timan Erdimi, Mahamat Nouri, - et les autres leaders de l’UFR – ne peuvent tout de même pas rentrer à N’Djamena, la Kalachnikov à l’épaule, suivis de leurs hommes sans savoir à qui s’adresser, et surtout sans savoir de quoi le lendemain de leur arrivée sera fait !
Et parlant notamment du lendemain de l’éventuel retour au pays des combattants de la résistance, Idris Deby a bel et bien fait cas de son engagement personnel à « leur assurer toutes les garanties de sécurité pour leur permettre de s’insérer honorablement – il a bien dit HONORABLEMENT – dans la vie publique et civile ». Est-il réellement disposé à tenir ces formidables – trop formidables – promesses vis-à-vis de ces politico-militaires qui n’auraient pas tort de se méfier de ces promesses trop mielleuses pour être sincères ?
Mais, il faut le dire, ces promesses de Deby - faites publiquement devront être construites sur des socles solides et sincères, ne laissant plus aucune place à la duplicité. Ce qui signifie, ou induit à tout le moins, des accords, des engagements mutuels, des préalables à établir sereinement. Surtout que quand il parle de réinsertion dans la vie publique et civile, Idriss Deby voudrait-il dire qu’il serait hors de question que les militaires de carrière qui reviendraient au pays ne seraient plus réadmis dans l’Armée ?
Autant d’énormes questions qui donnent du grain à moudre aux observateurs de tous crins qui, pour l’heure demeurent tout simplement sceptiques quant à une profonde sincérité de Deby à laisser rentrer les rebelles au Tchad. C’est ainsi que à gauche comme à droite les uns et les autres attendent de voir jusqu’où le régime de Deby veut franchement aller cette fois dans le sens d’une paix réelle et totale avec les rebelles.
Et en fait de paix réelle, celle-ci ne devra commencer que par de paisibles conditions de retour au pays.
Le reste ne relèvera par la suite que du respect des engagements que les parties prenantes prendront.
D’ici là, tout le monde a entendu Deby s’engager à assurer « toutes les garanties de sécurité pour une réinsertion honorable », et selon des murmures perçus par ci et par là, toute une organisation serait en train d’être mise en branle pour fixer les conditions et cadre des entretiens entre les émissaires du pouvoir de N’djamena et les dirigeants de la résistance.
Il reste à l’opposition de peser et soupeser ces garanties…
Mais pour beaucoup d’observateurs, tout ceci n’est qu’une mise en scène minutieusement réglées, destinées à l’opinion nationale et internationale à lui faire croire que Deby veut pacifier les relations avec son voisin et son opposition. Deby est, et reste égal à lui-même. Les tchadiens ne sont pas dupes de cette manœuvre machiavélique du Palais Rose visant à amadouer et à endormir tout le monde. Il n’est donc pas étonnant que demain ce même Deby « pacifiste » tiendrait un discours belliqueux vis-à-vis du Soudan. A suivre…
Par D.D | Ndjamena-matin
---------
Lire aussi:
Contact rédaction : info@ndjamena-matin.com
Diabolisation de la résistance tchadienne :
La grosse escroquerie intellectuelle "franco-debyienne"
Tchad : Paniques plurielles à N’Djamena
Tchad : Des représailles à l'encontre des populations
civiles par les troupes de Deby
Assassinats de
Ibni Oumar Mahamat Saleh et Charles Massi : Halte à la conspiration du silence
Tchad : Kadhafi appuie, Deby
manœuvre

Affaire Hissein Habré : Deby, Kadhafi et la
potence
Tchad : Deby assassine, Paris absout
•
Aussi haut que vole un oiseau, il finit par se poser
• C'est avec l'eau du corps qu'on tire celle du puits
• Ce que le vieux voit assis, le jeune ne le voit pas debout
• Chaque rivière à sa propre source
• La pierre lancée avec bonté ne siffle pas
Proverbes africains - Source: Afrik
Derniers Commentaires