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Samedi 2 janvier 2010 6 02 /01 /Jan /2010 19:26


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Deby, le chef de gang supra national aurait-il exigé et obtenu de son homologue Togolais (le complice) que la police sécrète de ce dernier arrête et lui livre Hassan Fadoul Kitir, le témoin gênant dans l’affaire des faux dinars de Bahreïn ? (Crédit photo : Tchadonline.com)

Depuis le 30 Décembre 2009, la vie de Hassan Fadoul Kitir, ci-devant conseiller très spécial de Deby entre 1996 et 1999, mais en cavale depuis près de huit ans, ne tient plus qu’à un fil, un très petit fil.

En effet, son avenir immédiat a toutes les chances de ne se décliner qu’entre un séjour ad vitam aeternam au bagne de Koro Toro et… une balle dans la tête !

Si la vie d’Hassan Fadoul Kitir ne tient plus qu’à un fil ténu, c’est bien parce cet état de choses ne pourrait profiter qu’à une seule personne : Idriss Deby Itno qui ne se gênera certainement pas de le trancher sans états d’âmes dans la mesure où Hassan Fadoul, ex larbin du Palais rose, demeure la seule preuve vivante en mesure d’attester du rôle qu’a en réalité joué le chef du Clan des Itno dans la préparation, l’exécution, la réception, et l’écoulement des faux dinars de l’Etat du Bahreïn

Personne au Tchad n’a, à ce jour, oublié la très honteuse affaire des faux dinars de Bahreïn qui avait vu le chef d’Etat Tchadien se transformer en chef de gang supra national (Deby vu ailleurs, voir la vidéo ) commanditant la fabrication et l’écoulement d’une faramineuse quantité de faux billets grâce auxquels il comptait s’enrichir un peu plus  – mais ici de façon inimaginable – en tentant de mettre à terre l’économie de tout un pays.


Deby se transforme en chef de gang supra national

 

De même, la chronique judiciaire internationale a, ces trois dernières années, largement glosé sur les péripéties judiciaires, et surtout extra judiciaires, de ce dossier qui avait été instruit et jugé devant le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Mais surtout, l’opinion Africaine, absolument tétanisée par ce fait divers politico-mafieux, avait suivi avec une fébrile attention les affirmations incendiaires et les accusations au vitriol de Hassan Fadoul qui avait exigé, pendant plus de trois ans, à cor et à cri – et jusque sur les « unes » des journaux – que la justice Française le convoquât pour l’entendre sur tous les détails de cette affaire.

Mais il faut croire que les cris d’Hassan Fadoul avaient laissé les magistrats Français de marbre, ou de glace. 

En effet, bien que donnant force détails sur la responsabilité totale de Deby dans la commande, la fabrication des faux billets, leur réception sur le tarmac de l’aéroport de N’djamena par le président du Tchad en personne, ainsi que l’écoulement de cette sale marchandise dans le marché noir nigérian – ces accusations auront si peu ému les magistrats Français que ceux-ci n’ont jamais daigné (et c’est resté incompréhensible jusqu’à ce jour) entendre, ou seulement convoquer le dictateur de N’djamena.

Le plus spectaculaire dans cette drôle de posture des Français ayant été constitué par l’incroyable fait que – bien qu’il ait sans arrêt sollicité un visa des autorités Hexagonales pour comparaître à Paris, Hassan Fadoul Kitir n’a jamais pu obtenir le précieux sésame : Les oreilles comme bouchées et les yeux bandés, les magistrats et l’Etat français ont systématiquement ignoré ce témoin pourtant capital !

C’est ainsi qu’une avalanche de questions a dévalé des consciences : Qui avait intérêt à considérer Hassan Fadoul comme un témoin inique, puisque unique dans ce dossier qui sentait le souffre ?

Pourquoi cette obsession de la France et de ses magistrats à refuser de seulement se poser des questions sur les éléments hautement compromettants que n’a pas cessé de brandir cet accusateur qui avait convaincu même les plus farouches défenseurs du Hitler Tchadien ?

Qui qu’il en soit, après une longue et pénible procédure, et à la suite de multiples renvois, et d’incroyables atermoiements, l’affaire des faux dinars de Bahreïn a été mise en délibéré le mardi 24 novembre 2009 et quelques peines de prison avaient été requises contre des lampistes de seconde zone.

Et parmi ces lampistes, justement, le procureur avait requis cinq ans d’emprisonnement contre Hassan Fadoul Kitir.

Hassan Fadoul Kitir qui, réfugié au Togo depuis près de six ans sous la protection du HCR, n’a jamais fait mystère autour de lui et même dans divers milieux, sur les vérités que la Justice Française s’est obstinément ingénié à ignorer dans ce dossier.

Des propos qui, bien évidemment, sont parvenus jusqu’aux oreilles de Deby qui, il faut bien s’y attendre, peut avoir décidé de mettre un terme au « one man show » de son ex homme de main.

Deby aurait-il exigé et obtenu de son homologue Togolais que la police sécrète de ce dernier arrête et lui livre ce dangereux transfuge ?

Ce que l’on sait, c’est que le 31 Décembre 2009 – quelques heures seulement après l’arrestation de Hassan Kitir – un vol spécial à bord duquel se trouvaient Ismaël Chaibo, patron de la police politique de Deby flanqué de quelques flics en colère, atterrissait à Lomé. Quel était la mission des barbouzes Tchadiennes ? Extrader Fadoul Kitir et le ramener à N’djamena, pieds et poings liés comme un singe ?

La question mériterait bien d’être posée dans la mesure où il serait fort improbable que les autorités Togolaises aient pu alpaguer Fadoul Kitir pour le livrer à la justice Française. Cela ne ferait aucun plaisir à Deby Itno.

C’est à la lumière de cette petite évidence que les observateurs les plus perspicaces ont pu conclure sans peine que Deby et Eyadema fils ont dû se mettre d’accord pour escamoter ce témoin embarrassant de la circulation.

C’est ainsi qu’au constat du débarquement des flics Tchadiens à Lomé, plusieurs organisations de protections de droits de l’homme et organisation politique se sont impliquées dans le déroulement des choses. Notamment le Conseil National de Redressement du Tchad (CNR) qui a exigé des autorités Togolaises - à défaut de sa libération – tout au moins qu’Hassan Fadoul soit dirigé vers la France et en aucun cas vers N’djamena où – c’est certain - il est recherché mort ou vif, et de préférence mort.

Il est évident que si jamais Hassan Fadoul était ramené à N’djamena, seules deux possibilités lui seraient offertes : Deux balles dans la tête et un enterrement sommaire, ou l’acheminement tout droit vers le bagne de Koro Toro en guise de punition pour son impudence vis-à-vis de son ancien maître.

Dans les deux cas de figure, Hassan Fadoul Kitir est bien mal barré en ce début de l’année 2010, car son arrestation à Lomé est une trop belle aubaine pour Idris Deby Itno qui vient de trouver le moyen définitif d’établir sa propre absolution judiciaire dans l’affaire des faux dinars de Bahreïn où, avec la disparition de Kitir, personne ne sera plus jamais en mesure de l’accuser de quoi que ce soit.

 

 Par A.K | Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Enquête
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