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Vendredi 4 janvier 2013 5 04 /01 /Jan /2013 07:12

Il y a un an, nous avions publié un article intitulé: Tchad : L'urgence du renouvellement d'une prise de conscience nationale pour mettre Deby dehors.

Cet article d'une brûlante pertinence est plus que jamais à l'ordre du jour aujourd'hui. Nous l'avons réactualisé afin qu'il secoue l'esprit des Tchadiens et de tous nos lecteurs passionnés par l’actualité tchadienne en ce début d'année 2013.

Union-fait-la-force---2.jpgLe constat est clair et doit l’être dans l’esprit de tous les Tchadiens : le fait pour les formations politiques, les membres de la société civile  et autres patriotes engagés dans les unités résistantes politico-militaires d’avoir dénoncé sans désemparer ces vingt dernières années les dérives du régime Deby dans les journaux, d’avoir criaillé indéfiniment dans les radios et surfé avec obstination sur Internet pour décrier la féroce dictature ligotant toute une nation, a longtemps été une catharsis au mal-vivre des Tchadiens. De même, le fait pour les pauvres populations de pleurer à chaudes larmes dans les chaumières sur les morts et les disparitions que l’on n’a pas fini de compter dans notre pays, et de s’émouvoir indéfiniment à propos des frasques d’Idriss DEBY lui même, ainsi que des abus diaboliques de sa famille nucléaire qui se comporte comme en pays conquis en multipliant crimes et abominations, a fini par saper la capacité de résilience d’un peuple pourtant fort mais qui vit de manière insupportable les incartades et extravagances du clan Deby, son épouse Hinda et ses proches ayant pris notre pays en otage. Sans oublier l’impudence des satrapes du régime MPS qui dilapident les caisses de l’état.

Le mois de  Décembre 2012  - dont la page vient d’être tournée – a marqué au fer rouge le 22è anniversaire de la mainmise de l'impitoyable régime d'Idriss DEBY sur le  Tchad.

22 ans d'asservissement de tout un peuple.

22 ans de dictature militaro-tribale et  d'assassinats non stop.

22 ans de pillage de l'économie nationale et de déliquescence de la conscience collective.

Au terme de cet hallucinant compte, ces 22 longues et pénibles années constituent un insondable trou noir dans lequel le peule Tchadien est noyé et semble être voué à la destruction totale.

Beaucoup de patriotes de ce pays ont tragiquement payé de leur vie pour avoir rêvé de la possibilité d'un Tchad meilleur et définitivement libéré de la tyrannie. D'autres, pour seulement avoir osé en rêver croupissent dans les bagnes, dont celui de Koro Toro dont on ne revient pas.

Désormais, répéter et ressasser ces ignominies doit céder le pas à une autre façon de vivre, de faire, et de résister. 

 Il nous faut tous passer à la vitesse supérieure. La réalité actuelle impose la nécessité d’une prise de conscience nationale nouvelle pour une option totale, urgente et sans plus aucun atermoiement d’une logique d’action directe pour un changement radical de régime au Tchad.

Nous avions dénoncé, il y a quelques mois, un attentat terroriste du régime Deby perpétré en plein jour à N’Djamena contre des soldats français.

Cet  attentat avait été commandité par le propre fils de Deby, promu curieusement dans les 48h suivantes, Directeur adjoint du cabinet civil de  la Présidence de la République.

 C’était, souvenez-vous, au lendemain de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle française.

A la lecture de cette information, dans l’esprit de bon nombre de nos lecteurs, nous faisions du catastrophisme excessif. Certains d’entre aux  ayant été jusqu’à estimer que le titre de notre article -  « attentat terroriste » - était trop fort de café.

La réalité était pourtant celle que nous décrions, et l’analyse de la suite des évènements l’a indubitablement établi : l’acte avait froidement et méticuleusement été prémédité dans le but de susciter une psychose anti-française consécutive à la sortie de la scène de Nicolas Sarkozy.

Autre dénonciation prémonitoire de notre part via les réseaux sociaux : nous avions alerté les internautes, plus de deux mois à l’avance, de ce qu’une mutinerie de la garde rapprochée de Deby était en cours de préparation.

Beaucoup s’étaient, à ce moment là demandé – à tort ou à raison -  pourquoi de si graves dénonciations sur la toile ? L’explication est pourtant simple : une situation extrêmement grave se tramait à l’insu de nos concitoyens : la déchirure du clan Itno.

C’est une réalité indéniable, car après la tentative d’assassinat perpétrée par la suite contre Deby par des membres de son propre clan, la pertinence de nos informations et de nos appréhensions avait  éclaté au grand jour.

La  preuve la plus aveuglante de cette situation avait éclaté jusqu’aux yeux des plus sceptiques parmi ceux qui sont dans les secrets des dieux lorsqu’Idriss Deby a envoyé - juste avant son voyage pour le sommet de Rio -  une délégation familiale à la rencontre du « Général » Abderahim Bahar Itno pour obtenir des explications au sujet de l’éventuelle implication de ce dernier dans la tentative avortée de coup de force. Contre toute attente, ce neveu du chef de l’état a carrément pris de haut les émissaires venus du palais rose lui poser des questions, leur affirmant avec une incroyable morgue qu’il peut, s’il le veut, déposer Idriss DEBY à tout moment.

 Plus arrogant, le neveu présidentiel avait furieusement enjoint à la délégation de demander en retour des explications à Idriss DEBY sur l’assassinat collectif de 22 membres de sa famille à lui, parmi lesquels une femme, commandité directement par le locataire du Palais Rose. 

Extrêmement courroucé par la réponse insolente, Idriss DEBY avait dépêché sur le champ cette délégation - renforcée par quelques dignitaires du régime - auprès des patriarches les plus âgés vivant dans son village natal, Am-Djarass aux fins de les informer du pourrissement de la situation dans son entourage familial.

 Comme quoi les discordes de famille sont devenues des affaires d’état. Tout à fait comme si les dizaines de milliers de Tchadiens, victimes depuis plus de 20 ans de Deby n’avaient aucune importance.

 L’Etat, c’est le clan Itno.  Le pays est sa propriété. Quand surviennent des brouilles au sein des Itno, le pays est condamné à attraper la grippe espagnole.

Conséquence et déduction : la déchirure au sein des Itno nous interpelle tous.

Elle interpelle à fond les compatriotes de l’opposition de l’intérieur, et plus que jamais tous les combattants de la liberté disséminés aux quatre coins du monde quant à unir, mille fois, dix mille fois plus que par le passé leurs efforts dans une synergie patriotique en créant, en entretenant, et en intensifiant une ligue forte destinée à permettre l’éradication définitive du régime Deby.

Expédier une fois pour toutes ce régime honni dans les poubelles de l’Histoire doit, encore et toujours,  - et aujourd’hui plus qu’hier -  être pour tous les Tchadiens épris de liberté un impératif non négociable. A cet effet, cette synergie doit indubitablement tenir compte des erreurs du passé.

 

Gagner pile ou face.

 

Des erreurs  qui s’étaient accumulées pour se muer en égarements transformés au fur et à mesure en source de tous les échecs successifs des forces politico militaires. Des échecs qui, il faut en convenir, ont ayant permis au dictateur et à sa clique de pérenniser une insupportable domination d’une minorité clanique militarisée sur le Tchad.

Dans la nouvelle option de résistance et de quête de la liberté qu’apporte le Mouvement d’Action pour le Changement au Tchad (MACT) aux Tchadiens aujourd’hui, il est fondamentalement question de tirer la leçon que nous ont infligée certains combattants de la 25è heure qui, depuis plus de vingt-deux ans, ont toujours réussi à s’infiltrer dans les rangs et les troupes des forces politico militaires opposées au régime, dans l’unique et cynique dessein d’en tirer des dividendes personnels à tous les prix.

Pour ceux là, s’engager dans le  combat contre DEBY n’aura jamais été que le formidable raccourci pour leurs propres intérêts leur permettant de gagner pile ou face :

Pile : En cas de victoire des forces de la résistance, ils étaient assurés d’une place au soleil et au panthéon.

Face : Au cas où cette victoire – pourtant inéluctable – prendrait trop de temps, ils avaient toujours en main la carte de la possibilité de négocier un spectaculaire ralliement avec le camp d’en face et d’obtenir conséquemment, à défaut d’un poste ministériel éphémère, du moins quelques millions de francs et une position plus ou moins clinquante au sein de ce régime liberticide et despotique.

Par le passé on a vu beaucoup d’oiseaux de cette espèce contribuer directement ou indirectement – mais finalement de façon efficace  -  à saper la dynamique de la marche en avant des forces de la résistance, la conduisant ainsi à son éclatement.

Hier et avant-hier, portant treillis et kalachnikov dans les campements de la résistance, mais aujourd’hui roulant carrosse à N’Djamena après avoir honteusement négocié et pactisé avec Deby, ces faux combattants devraient avoir honte d’eux-mêmes en se regardant sur leur miroir chaque fois qu’ils se rasent.

Sans eux, la résistance s’était organisée, avait lutté avec intrépidité, et s’était sacrifiée. A cause d’eux, de leur vénalité,  et plus précisément de leurs minables ambitions personnelles, la lutte armée n’est pas arrivée, du moins pas encore,  –  malgré tous ses sacrifices -  à libérer le Tchad d’une dictature qui est, de toute façon, condamnée à connaître inéluctablement une fin. Demain, ou après demain.

Sans eux, la lutte continuera et ne se terminera, vaille que vaille et coûte que coûte, que par la mise en déroute et l’extinction de ce régime assassin.

 

Une nouvelle synergie pour une action directe.

 

Le passé nous a édifiés là-dessus et préfigure d’un futur inévitable. Ce passé qui tient Idriss DEBY à la gorge et ne le lâchera jamais dans les procès de l’Histoire que lui prépare le futur plus ou moins proche.  

Et que chacun de nous se le tienne pour dit : ce n'est pas l'arrivée des socialistes au pouvoir en France qui fera partir Deby, et encore moins les seules  – mais pourtant nécessaires -  dénonciations sur les dérives et monstruosités de son régime qui apporteront du jour au lendemain le changement dans notre pays.

Il importe, pour la libération de notre cher et beau pays, de passer à l'action. Une action totale et sans plus tarder. C’est l'ultime recours.

Pour ce faire, le MACT est engagé à fond et ne lésinera sur aucun sacrifice.

Le MACT est à la manœuvre pour faire renaitre l’espoir qui doit continuer à faire vivre les Tchadiens.

L’espoir, dit l’adage, fait vivre. Mais sans espoir, on est résigné et on est perdu.

Les Tchadiens n’ont pas le droit de perdre cet espoir et par conséquent de se perdre. Car aussi longtemps que dure la nuit, le jour se lève. Toujours.

Le MACT symbolise et matérialise dorénavant l’espoir certain du jour qui va se lever pour le peuple Tchadien. Accrochons nous y tous, et donnons un sens et une substance à cet espoir.

 

Par D.D | Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Politique
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