Quantcast

Présentation

Profil

Lundi 25 juin 2012 1 25 /06 /Juin /2012 04:32

Carte_du_Tchad2.jpgAutrefois, dans notre société, le mal dans toute sa définition, sa signification et tout ce qu’il véhicule comme facteurs d’opprobre dans ses diverses manifestations, était considéré comme négatif et inacceptable dans toutes nos communautés.

C’est pour cette raison simple, essentielle et suffisante que toutes les couches sociales Tchadiennes avaient, depuis la nuit des temps, toujours tout fait pour le maintenir à distance au quotidien en inculquant de très solides valeurs aux enfants dès le plus bas âge. Mais surtout en vouant un culte permanent au bien, rejetant tout ce qui pourrait se rapporter au mal, le provoquer, le susciter ou l’entretenir.

Ainsi celui qui volait, violait, se parjurait, mentait, escroquait ou faisait du mal d’une façon ou d’une autre était honni, méprisé, et même considéré comme indigne de faire partie d’une famille ou d’un village.

De nos jours, malheureusement, et précisément depuis les 20 ou 30 dernières années, l'homme Tchadien, dans une effroyable et apparente logique de déliquescence des valeurs morales et éthiques fondant son héritage sociologique, semble avoir oublié qu’il est Honteux, indigne et immoral de faire ce qui est mal, de faire ce qui n’est pas bien.

« L’erreur est humaine », dit un proverbe latin – errare humanum est - . En clair, il peut arriver que l’homme commette le mal par inadvertance, ou parce que la chair est faible. C’est humain et ça peut se comprendre.

Pourtant ce même proverbe qui parle de l’erreur humaine a une suite : « perseverare diabolicum.» - Persévérer dans l’erreur est diabolique.- Ce qui signifie que l’homme qui fait le mal de façon continuelle et pertinente relève du diable.

Et au Tchad aujourd’hui, tout tend à démontrer que le mal, dans sa définition absolue, est venu habiter notre chair, s’installant du même coup au plus profond de nos mœurs, de nos cœurs, de nos âmes, de nos esprits, de notre style de vie.

Tuer, escroquer, mentir, trahir, détourner les fonds de l’Etat, s’approprier sans scrupules des biens ou de l’épouse du prochain n’a jamais été aussi courant que de nos jours. On dirait que c’est un phénomène de mode. Comme si ces actes relevaient de la banalité ou de la normalité.

Quand et comment ce mal est-il venu pénétrer et s’implanter viscéralement dans nos cœurs et notre société ? Comment le mal a-t-il réussi à s’inscrire si aisément et si durablement dans nos comportements quotidiens depuis à peu près deux générations ? Ses manifestations les plus absurdes faisant pratiquement figure de normalité.

Comment ceux de nos frères Tchadiens – malheureusement très nombreux aujourd’hui, trop nombreux même - qui n’ont eu aucune vergogne à bafouer leurs propres cultures et les valeurs les plus nobles de nos traditions en singeant, de façon grotesque d’ailleurs, les cultures Soudanaises, Congolaises et bien d’autres – cultures n’ayant par ailleurs aucun rapport avec les bases de notre éthique sociale - pourront-ils se débarrasser du mal qui les hante et les pousse irréversiblement à une perdition collective?

Nos grands-parents qui, autrefois, ne vivaient uniquement que du produit de leur élevage et de l'agriculture, avaient pour principe de base de refuser le mal, craignant par dessus tout la honte d’être considérés comme des adeptes ou des pratiquants du mal. C'est ainsi qu’ils ont gardé leur dignité jusqu’à la mort. C’est à ces maints égards que nous pouvons nous targuer de l'honneur et de la fierté d’être les descendants de telles ou telles lignées.

Les gens d'autrefois craignaient beaucoup DIEU, respectant scrupuleusement ses lois et son aversion du mal.

Il suffisait, par exemple dans le cas d’une dispute s’envenimant entre deux hommes, que l’un des deux fasse une simple tracée sur le sol en évoquant le nom de DIEU, pour que son vis à vis ne traverse pas la ligne sacrée. Et les choses s’en tenaient là.

Aujourd'hui à cause d’une propension quasi généralisée au Tchad pour l’hypocrisie, l’injustice, l’infidélité, la cupidité, la traîtrise, la méchanceté, la lâcheté, la partialité, la malhonnêteté, les abus systématiques de confiance et une folle obsession d’amasser les biens matériels, l’homme Tchadien en est arrivé à ne plus respecter même seulement l’engagement sacré pris devant DIEU Tout Puissant et Miséricordieux, en jurant dans un coin de Mosquée ou de l’Église, de ne plus faire du mal.

Il est par conséquent vital pour tous et chacun de nous de nous demander jusqu’où pourrait nous conduire ce mal constituant de manière irréfragable une grande partie de notre vie quotidienne ?

Dans cette course effrénée avec et dans le mal, nous en sommes même arrivés à ne plus réaliser que le mal que nous faisons ou avons fait aux autres pourrait se répercuter sur nous de notre vivant, ou sur nos enfants après notre mort.

Au Tchad, certaines personnes ont hérité du mal dans leurs gênes. Leurs ascendants ont toujours fait du mal une pratique courante, considérant avec une infernale mauvaise foi qu’ils font tout sous l’emprise de DIEU. Perfide ignorance ou cynisme délibéré ?

La question ne mérite même pas d’être posée : « ALLAH DJAALA » Dieu fait du bien, c'est nous qui faisons le mal.

Ainsi, est-il même possible que ceux qui ont été nourris, ont grandi, ne vivent et ne survivent que par les produits des vols, des rapines, des détournements et des pillages puissent un jour, ou du jour au lendemain, changer de mode de vie ?

Il n’est en tout cas pas difficile de prédire à ceux qui s’obstinent à penser qu’ils pourraient changer le mal par le mal au Tchad, avec perpétuellement à l'esprit la haine et la vengeance, qu’ils n’auront droit qu’à l’échec.

Il importe dans l’absolu de changer la logique du mal au Tchad, et de l’éradiquer de la conscience collective en nous préparant à ne pas faire de mal à ceux qui ont fait du mal à d’autres Tchadiens, ou à l’Etat.

Chacun de nous est concerné directement ou indirectement dans la recherche et la proposition des vraies solutions pour débarrasser le Tchad du mal.

DJIMI ORDJO HEMICHI

Par Ndouné - Publié dans : Opinion
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

English - العربية

Suivre @Ndoune sur Twitter

Articles récents

  • Tchad : le MACT condamne la vague d’arrestations arbitraires et lance une sévère mise en garde aux dirigeants Tchadiens
    Face à la délétère situation politique dans laquelle le président tchadien Idriss Deby a actuellement plongé le Tchad, et après avoir méthodiquement analysé les évènements qui se succèdent à un rythme infernal dans le pays depuis le 1er mai dernier, le Mouvement d’Action pour le Changement au Tchad (MACT) dénonce les...
  • Affaire Habré : la saisine de la Cour de Justice de la Cédéao
    COMMUNIQUE DE PRESSE DE LA DEFENSE DU PRESIDENT HISSEIN HABRE La défense du Président Hissein Habré porte à la connaissance de l’opinion publique africaine et internationale, qu’elle a saisi, le 23 Avril 2013, une nouvelle fois, la Cour de Justice de la CEDEAO en vue de faire constater la violation, par...
  • La place du Tchad dans la coopération multilatérale.
    Par Talha Mahamat Allim Genève, Suisse.   Depuis l’accession du Tchad à l’indépendance politique (le 11 août 1960), somme toute relative, le pays a traversé une situation conflictuelle quasi-permanente, qui demeure d’actualité. Tous les secteurs de la vie socio-économique et politique n’ont pas été...
  • Tchad : Les dernières élucubrations de Deby
    En 23 ans de règne sans partage, Deby a échoué sur tous les plans : politique, économique et social. Il a fait du Tchad un État néant et son régime des plus impopulaires et corrompus que le pays ait connus. Devenu infréquentable, Deby, pour redorer son blason,  envoie sa milice au Mali sur le dos des contribuables...
  • L’opposition tchadienne en France dénonce les violations des droits de l'homme au Tchad
    Chasse aux opposants – Traque des journalistes et blogueurs - Arrestations arbitraires - Assassinats. Depuis le 1er mai, date à laquelle le gouvernement tchadien a annoncé avoir déjoué un énième complot visant à déstabiliser le pouvoir du Général Président Sultan Idriss Deby Itno, les Tchadiens vivent...
  • RCA : à quand la fin de l’instabilité politique ?
    Depuis l’accession du pays à l’indépendance, l’histoire politique de la République Centrafricaine reste caractérisée par une spirale de violence dont l’une des conséquences est l’inexorable accentuation du processus de déliquescence de l’Etat centrafricain. L’on observe ainsi depuis le coup d’Etat du 31 décembre 1964 de « l’ex...
  • La diaspora tchadienne, un acteur majeur et un atout considérable pour la paix et le progrès du Tchad !
          Par Talha Mahamat Allim Genève, Suisse. Quelle orientation politique doit-on opérer pour se préoccuper de l’apport indéniable de la diaspora tchadienne dans le développement national ? Quels types de rapports construire entre les instances dirigeantes du Tchad et la diaspora...
  • Arrestations au Tchad : Pourquoi la France demeure-t-elle dans un silence assourdissant ?
    Cela fait presque deux semaines que le Tchad vit sous une véritable chape de plomb à cause d’un « complot » présumé ayant ouvert le champ d’une foule d’arrestations aussi impromptues que terrifiantes. Sous le coup de l’effroyable délit de sale gueule, plus d’une vingtaine de personnalités croupissent déjà dans...
  • Tchad : le dictateur tchadien Idriss Deby s'enfonce dans la paranoïa et la mégalomanie
    Le cynisme d’Idriss Deby Itno ne connait plus de limites : Sous le prétexte qu’il pense être indispensable et incontournable au Mali dans la chasse aux djihadistes, il n’a rien trouvé de mieux que d’inventer tout à trac un complot à dormir debout – qualifié par lui-même de conspiration - pour mener une époustouflante...
  • Banque Mondiale : Faut-il bruler le rapport Doing Business ?
    La crise économique qui a débuté en 2008 a érodé la confiance du public dans la notion de libre marché – et de manière injustifiée, dans l’esprit de beaucoup. Aux USA elle a déporté la politique sur la voie de l’accroissement de la réglementation financière et du « bricolage interventionniste » dans l’économie. Cela...
Liste complète

Dicton – Les 5 de la semaine

  Aussi haut que vole un oiseau, il finit par se poser

C'est avec l'eau du corps qu'on tire celle du puits

Ce que le vieux voit assis, le jeune ne le voit pas debout

Chaque rivière à sa propre source

La pierre lancée avec bonté ne siffle pas


Proverbes africains - Source: Afrik

Quoi de neuf ?

Annonces


weather counter

Catégories

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés