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Mardi 27 juillet 2010 2 27 /07 /Juil /2010 19:38

Armee de DebyIl faut dire : les déguerpissements du quartier « Amdjarass » n’ont toujours pas fini de faire des vagues, ni de soulever toutes sortes de rancœurs, de rancunes, et de remous à N’djamena.

Mais il semble que la rage s’est aussi mêlée dans cette histoire qui fait couler autant de larmes que de salive.

Une rage qui souffle même très fort du côté de Wadi Hawar, du côté de la frontière Est d’où toute une escouade de militaires en colère serait tout simplement sur le pied de guerre.

 

Ce qui, en tout cas, ne souffre d’aucun doute est que ces déguerpissements barbares vont certainement faire plus de dégâts qu’on n’aurait pu imaginer. La preuve : selon une source très crédible et bien introduite dans les rangs de l’armée de Deby, une quarantaine de véhicules bourrés de militaires en colère auraient quitté leur base – du côté de la frontière Est – sans l’autorisation de la hiérarchie pour se diriger vers N’djamena.

Motif : furieux d’avoir appris que leurs familles viennent d’être expulsées de leurs domiciles sans ménagement, et sous la pluie, leur sang n’a fait qu’un tour, et ils auraient sauté dans une quarantaine de véhicules, l’arme au poing, pour se ruer en direction de la capitale..

Heureusement, nous révèlent les mêmes sources, ces militaires ont été interceptés et stoppés entre Abéché et N’djamena par une délégation conduite par le « Gal » Tahir Erda qui, pour sa part,  a entrepris de les calmer.

 Mais il se dit que les militaires sont tellement enragés qu’ils ne veulent  rien entendre, affirmant sans ambages qu’ils ont décidé de quitter l’armée, et qu’ils ne vont à N’djamena que pour aller chercher leurs familles et les ramener dans leurs villages respectifs.

Vrai ou faux ?  Personne ne connaît le fond de leurs cœurs, c’est pour cela que Tahir Erda n’a aucune intention de les laisser s’avancer davantage.

 

Mais à N’djamena, la température semble ne pas se décider à revenir à 37, car  selon des informations de première main, le jeune Zaghawa qui avait ouvert le feu, le premier, sur les militaires de la garde présidentielle au moment où ceux-ci étaient venus expulser ses parents  de la maison qu’ils occupaient – celle située non loin du Ministère du Développement Touristique -  n’est autre que le fils  d’Adam Kessou.

Et ce fils qui a certainement pensé à son père mort pour un régime qui expulse sa famille n’a pas hésité à se transformer en rebelle. Aux dernières nouvelles, ce jeune homme, aujourd’hui sans toit, a certes été grièvement blessé, mais  n’est pas mort. Il parait par contre qu’il est activement recherché.

 
En tout cas Deby a ordonné qu’à la moindre tentative de résistance face à une expulsion, que la maison soit rasée. Et dans cette logique, les logements administratifs occupés par les caciques – petits ou grands – sont cassés ou complètement détruits à tours de bulldozers.

 Cassées comme les maisons  pendant longtemps occupées  par les familles du « Gal » Dirmi Haroun et de feu Brahim Adam dit Brahim Abdiguine, décédé lors des combats contre les troupes du MDD au Lac Tchad.

Face à la brutalité de ces déguerpissements qui soulèvent une très vive grogne parmi les Zaghawa et leurs cousins, Deby a opté de rouler des yeux et de menacer ouvertement ceux qui seraient mécontents, ou tenteraient de continuer à froncer des sourcils. Ce qui préoccupe le plus le maître du Tchad est que, tant à N’djamena qu’un peu partout, leurs cercles Zaghawa vont de réunion en réunion. Et ce n’est pas bon signe.

Ainsi, comme nous l’a révélé une de nos sources, très introduite dans le palais rose, le général président a organisé – dès le départ des présidents de la Cen Sad – une grande réunion rassemblant les principaux chefs de familles et clans Zaghawa.

Après les avoir sèchement admonesté et menacé, le président du MPS a hurlé en substance à ses frères de faire attention – et même très attention -  et de ne pas l’énerver davantage, sinon il va … les remettre là où ils étaient avant 1990 !.

Mais ce n’est pas tout, car le Lycée Féminin de N’djamena a de sérieux problèmes, et ils sont nombreux à  se demander déjà comment se présente son avenir avec la rentée des classes qui approche.

 

En effet, on dénombre à l’heure actuelle, à l’intérieur de cette structure scolaire, quelque chose comme vingt familles Zaghawa  - c'est-à-dire plus de cent personnes – qui s’y sont carrément installées après avoir été expulsées du quartier « Amdjarass ».

Pour justifier leur présence, ces nouveaux SDF disent qu’ils sont là pour la simple raison qu’ils n’ont trouvé,  ni maison à louer, ni où se loger dans la ville.

 
Et pour dire vrai personne à N’djamena n’accepte de louer sa maison à un seul de ces déguerpis du régime MPS.


C’est ainsi que beaucoup de ceux-ci sont partis s’installer à Guinebor, du côté de  la sortie Est de N’djamena, sur un terrain vague où ils s’activent à construire à la va vite des abris à l’aide  de tôles. Des tôles dont la plupart proviennent des maisons qu’ils occupaient. A suivre…

 

Par D.L | Ndjamena-matin

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Lire aussi:

Tchad : Malgré la présence des chefs d'État de CEN-SAD, ça chauffe à N’djamena

Par Ndouné - Publié dans : Société
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