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Mardi 20 juillet 2010 2 20 /07 /Juil /2010 17:41

Le Soudan a commencé à expulser des chefs de la rébellion tchadienne en préparation de la visite attendue du président Omar el-Béchir au Tchad, son premier voyage dans un pays reconnaissant la Cour pénale internationale depuis l'émission d'un mandat d'arrêt contre lui.

 
el-Bechir_et_Sadek_al-Mahdi_president_du_parti_d_-_opposi.jpg Le président soudanais Omar el-Béchir et Sadek al-Mahdi, président du parti d'opposition Umma, le 20 juillet 2010 à Khartoum. (Photo: AFP) 

 

Le Soudan a commencé à expulser des chefs de la rébellion tchadienne en préparation de la visite attendue du président Omar el-Béchir au Tchad, son premier voyage dans un pays reconnaissant la Cour pénale internationale depuis l'émission d'un mandat d'arrêt contre lui.

"Des chefs de la rébellion tchadienne ont déjà commencé à faire leur valise. Certains sont partis depuis un certain temps déjà, d'autres sont sur le point de partir", a déclaré à l'AFP une source diplomatique suivant de près ce dossier.

"Il n'est toutefois pas clair si en date d'aujourd'hui, Timan Erdimi et Mahamat Nouri (deux ténors de la rébellion tchadienne) sont toujours au Soudan", a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat. "Timan doit partir au Qatar et Mahamat Nouri en Arabie Saoudite", a précisé à l'AFP un responsable au sein de la rébellion tchadienne.

Le Tchad et le Soudan ont mis fin en février à cinq ans de guerre par groupes rebelles interposés. N'Djamena aidait pendant ces années la rébellion du Darfour (ouest) hostile au raïs Béchir alors que Khartoum appuyait les rebelles tchadiens qui rêvent de déloger le président tchadien Idriss Deby Itno du pouvoir.

Le président tchadien, qui s'est rendu à Khartoum en février, puis en mai pour l'intronisation du président Béchir reconduit au pouvoir au terme des élections d'avril, a expulsé Khalil Ibrahim, le chef du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour.

"Après l'expulsion de Khalil Ibrahim (par le Tchad), c'était au tour des Soudanais de respecter leur part du contrat", en forçant les leaders de la rébellion tchadienne toujours au Soudan à plier bagage, explique un autre responsable au sein de la rébellion tchadienne.

Or le Tchad accueille cette semaine le sommet de la Communauté des pays sahélo-sahariens (Cen-Sad). "Le président (Béchir) doit se rendre mercredi et jeudi à N'Djamena, à la conférence des chefs d'Etats de la Cen-Sad", a dit à l'AFP un haut responsable soudanais sous le couvert de l'anonymat, confirmant des informations de presse.

"Le président dirigera la délégation du Soudan au sommet de la Cen-Sad", titrait mardi le quotidien soudanais "Al-Akhbar". Selon ce journal, le conseiller présidentiel Ghazi Salaheddine et le chef des services de renseignement soudanais Mohammed Atta feront aussi partie de la délégation.

"Le président Béchir a l'intention de s'y rendre, la décision finale n'est pas encore prise", a nuancé un autre responsable soudanais toujours sous le couvert de l'anonymat.

"Le président Béchir doit montrer qu'il a effectué sa part du travail et donc que les chefs de la rébellion tchadienne ne sont plus au Soudan s'il se rend au Tchad", a ajouté le diplomate suivant de près ce dossier. "Les Soudanais sont vraiment dans une phase d'éradication de la rébellion tchadienne", a-t-il dit.

Si les leaders de la rébellion tchadienne sont expulsés du Soudan, plusieurs de leurs hommes restent encore sur le terrain, principalement dans les secteurs de Mellit et de Kutum, au Darfour-Nord.

"Ce sont les principaux dirigeants (de la rébellion) qui sont partis à l'étranger. Après, il y a les hommes qui veulent se rallier - et donc rentrer au Tchad - et tout ceux qui ne sont pas pour le ralliement et doivent faire quelque chose", explique à l'AFP Djibrine Assali, ex-syndicaliste tchadien chef du Mouvement populaire pour le salut du peuple (Monasap), une faction de la rébellion.

Les différentes factions de la rébellion tchadienne s'étaient réunies en janvier 2009 sous la bannière de l'Union des forces pour la résistance (UFR), présidée par Timan Erdimi, mais la coalition a commencé à se lézarder après sa défaite contre l'armée tchadienne en mai de la même année.

Source: AFP
Par Ndouné - Publié dans : Politique
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