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S’il arrivait que Deby disparaisse subitement…QUE POURRAIT-T-IL SE PASSER AU TCHAD ?

Publié par Ndouné sur 13 Avril 2010, 07:04am

Catégories : #Politique

IDI_honni_par_les_tchadiens.jpgToute l’Afrique a vu tout récemment comment, au Nigeria, suite à l’indisponibilité du Président Yar’a Dua, le problème de la direction du pays a été réglé sans remous. La raison en est simple : Dans ce pays là – à l’image des sociétés politiquement bien organisées, mais il en existe si peu sur notre continent – la vacance du pouvoir ne doit pas plonger le pays dans la tourmente. Mais, question à 1000 balles : les choses pourraient-elles se passer sans heurts au Tchad s’il arrivait que, subitement, Idriss Deby Itno passe l’arme à gauche ?

 

Chaque jour qui se lève voit des bataillons d’observateurs, de politologues, de journalistes et même de blogueurs, passer au crible les faits et gestes de Idriss Deby Itno ainsi que ceux de tous ceux qui font - ou veulent refaire- le Tchad.

Parmi tout ce beau monde manifestant un grand d’intérêt dans le décryptage du quotidien du Tchad, ils sont en tout cas rares, ceux qui osent se demander ce qui pourrait bien advenir du Tchad, de ses « institutions », et de tous les acteurs de son histoire actuelle, si par malheur  Idriss Deby Itno venait à succomber brusquement d’un arrêt cardiaque, d’un AVC ou dans un accident. 

Nous ne le souhaitons pas, ce serait indécent, mais parce que tous les êtres humains - fussent-ils chefs d’Etats omnipotents - ne sont que des mortels, Idriss Deby Itno pourrait bien disparaitre à tout moment. Exactement comme le chef de l’Etat polonais dont le trépas tragique vient de rappeler à tous les dirigeants de ce monde que la mort est constamment à l’affût.

En effet, qui, aujourd’hui, pourrait bien prévoir – ou imaginer seulement – ce qui pourrait se passerait au Tchad dans les minutes qui suivraient un décès subit du dictateur ?

Se poser cette question, et même toutes les autres qui s’y greffent, ne devrait pas être tabou ou du genre des sujets qui fâchent, car cela relève de la prospective élémentaire. Une prospective tout simplement pragmatique dans la mesure où tout se passe aujourd’hui à l’intérieur des frontières tchadiennes comme si Idriss Deby était éternel, et que la dictature féroce et autiste par laquelle il persécute tout un peuple durerait ad vitam aeternam.

Au Tchad, c’est connu, un système tyrannique et illuminé a tout verrouillé. La Constitution en vigueur - taillée sur mesure pour le potentat – ne prévoit aucun système de transfert de pouvoir en cas de vacance à la tête de l’Etat. Et pour tout dire, elle ne prévoit même pas cette hypothèse, ce qui est tout simplement ahurissant !

Il est vrai que le tyran s’est surarmé pour se prémunir des surprises que pourraient lui faire les seuls Tchadiens qui se sont engagés – jusqu’au sacrifice suprême de leur vie - à libérer le Tchad de son emprise criminelle.

Mais si Deby pense empêcher la Résistance Armée de faire vaciller – ou de déboulonner – son pouvoir, il refuse farouchement d’imaginer qu’il est appelé à quitter fatalement ce pouvoir qui, dans son esprit, est devenu aussi consubstantiel que l’air qu’il respire. Et pourtant !

Et pourtant, si la Résistance ne parvient pas à l’éjecter du pouvoir, il n’échappera ni aux ravages de la maladie – et il est en ce moment bien malade – et encore moins à l’usure du temps, car la mort, même naturelle, viendra bien un jour ou l’autre lui régler son compte.

Et ce jour-là, que ce soit dans cinq, quinze, ou vingt ans, le même problème que nous évoquons dans ces lignes se posera. Surtout que Deby n’entrevoit pas, et n’a jamais entrevu, l’éventualité de quitter le pouvoir de son propre gré.

Mais alors, que se passerait-il à ce moment-là quand, terrassé par la mort, le cruel despote ne sera plus en mesure de faire peur à qui que ce soit ?

Ce scénario-fiction représente, on le sait,  un scénario catastrophe pour tous les caciques du MPS qui ne demandent qu’une seule chose cinq fois par jour, dans leurs prières ou une fois par semaine à la messe : que le Néron tropical qui trône sur le Tchad puisse demeurer à jamais à la tête du pays.  Et rien d’autre.

Seulement, à l’intérieur du régime MPS, on trouve - et ils sont de plus en plus nombreux - des déçus qui, pour leur part, prient à voix basse sur leur lit chaque soir qu’un cancer ou un arrêt cardiaque emporte cet autocrate qu’ils ont servi – parfois avec servilité, mais qui les méprise aujourd’hui -  et qui  refuse de s’imaginer, un seul instant, vivre ailleurs qu’au "Palais Rose", entouré d’hommes armés jusqu’aux gencives.

Quoiqu’il en soit, il n’est nullement besoin d’être diplômé de Science Po pour savoir que le régime de Deby ne repose que sur la terreur qu’il inspire et la vénalité de tous ces Tchadiens qui ont choisi de plier l’échine, de se mettre à genoux, et de le servir.

A cet effet, et c’est la triste réalité, ce régime n’a pas de fondation solide. Ainsi, si Deby rend soudainement l’âme, on peut envisager sans risque de se tromper, que ce sera la panique, car personne ne pourra plus parier un seul franc Cfa sur la survie de ce régime prédateur.

Il est certain qu’à cause de l’absence de toute disposition constitutionnelle relative à la succession du chef de l’Etat Tchadien, ce sont les plus rapides, les plus rusés, les plus cruels ou les plus déterminés du MPS qui s’empresseront de ramasser la canne du commandement.

Et il est sûr que quelques minutes après que le machiavélique aura rendu le dernier soupir, tout pourrait arriver au Tchad.

 Surtout le pire. Avec comme première hypothèse, l’éclatement quasi instantané du MPS, en deux, trois, ou plusieurs camps, chacun de ceux-ci tentant de s’imposer aux autres par la force des armes comme le défunt satrape le leur a enseigné de son vivant.

Il s’en suivra ainsi, et de tous les côtés, des tas d’éliminations physiques rapides et sans pitié entre ces ex amis et camarades du parti MPS qui, chacun de son côté, ne reculera devant aucune ignominie pour arracher un pouvoir à prendre par la force en éliminant sans états d’âme quiconque sera considéré comme un adversaire réel ou présumé.

Au passage, comme cela se passe souvent quand les éléphants se battent en détruisant la forêt, ce sont, une fois de plus, les pauvres populations Tchadiennes - déjà meurtries jusqu’au sang par le règne méphistophélique de Deby et de son prédécesseur, dont il était par ailleurs l’exécuteur des basses et meurtrières besognes, qui en souffriront davantage.

Bien entendu, dans ce cas de figure qui mettra face à face des camps armés, l’opposition civile aura du mal à faire entendre la voix de la modération, qui est la sienne, au milieu du vacarme des détonations des kalachnikovs et des tirs de roquettes. Et du coup, voilà le Tchad qui mettra le pied sur l’accélérateur d’une décrépitude encore plus terrifiante, irrémédiablement obligé, voire condamné - par la faute d’un impitoyable chef de guerre qui n’a jamais voulu être un démocrate, encore moins un véritable homme d’Etat - à faire la guerre, à ne faire que la guerre ! Pendant et après son règne ! En prônant le « Après moi le déluge !

Il est vrai que la Résistance Armée actuelle sera bien forcée d’entrer dans cette bagarre où – dans la logique de Deby – l’équation des armes effacera toutes les inconnues.

Il est donc clair que si depuis bientôt 20 ans Deby a tout fait pour s’éterniser au pouvoir en occultant volontairement, et fort obstinément, la question de l’alternance, c’est dans le noir dessein de ne laisser d’autre choix à ses compatriotes - au cas où il viendrait à disparaître – que celui de s’étriper et de ne communiquer que par armes et factions militaires interposées.

Voilà ce qui risque de se passer aujourd’hui ou demain matin, s’il arrivait que Deby clamse sans avoir quitté le pouvoir, ou sans avoir été contraint à le moderniser.

Mais, question : qui aurait intérêt à ce que les choses se passent ainsi ? Indubitablement, la réponse est : ceux qui maintiennent le potentat actuel au pouvoir à N’djamena, il s’agit évidemment de la France, la Libye et consort, en lui faisant croire qu’il est la providence Tchadienne, et que sans sa présence au sommet de l’Etat, le pays n’existera plus.

L’évocation de l’hypothèse de la disparition subite du dictateur, qui n’a rien de farfelu, devrait en tout cas  renforcer tous les Tchadiens dans la conviction qu’ils doivent impérativement éviter la seule alternative que le tyran a prévue pour eux en cas … d’accident. Il suffit à tous et à chacun de se la repasser dans la tête. Peut être bien, alors, que le ciel nous débarrassera de ce tyran, et nous empêchera de nous entretuer.  Réveillons-nous avant qu'il ne soit trop tard !

 

Par A.K | Ndjamena-matin

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Brahiim 03/03/2011 02:49


Vous savez comme moi que quand Hissein Habré a fuit Ndjamena le 30 Novembre 1990 le pouvoir a traîné par terre pendant quatre jours au moins en attendant l'arrivée de Idriss Deby Itno depuis la
frontière soudanaise. Aucun autre que Idriss Deby n'a de contrôle sur "ses milices à lui" malencontreusement appelées Armée Nationale Tchadienne. Seule l'opposition armée serait à même de venir
d'où qu'elle arrive de prendre le pouvoir. Seulement elle est nombreuse cette opposition armée!!! Alors l'hypothèse la plus plausible est que la porte sera ouverte à toutes les factions qui se
battront tous azimuts!!!
c'est dire la cause première même de la longévité du régime d'Idriss Souvenez vous des deux descentes a NDjamèna de 2006 et 2008 sans compter le nombre de fois que ce régime a vacillé.Les caciques
du MPS "Manger Pour Sortir" ne peuvent lui survivre pas plus que ceux de l'UNIR de Habré ou du MNRCS de Papa TOM.
Prions pour que ces rebelles puissent s'entendre avec ou sans l'aide de la "Communauté internationale" en vue d'une transition démocratique et que le peuple tchadien puisse enfin vivre mais
vraiment vivre.


Abdarrahim 12/02/2011 22:21


Deby n'est pas eternel, et je ne souhaite pas qu'il meurt au lit.Qu'on le malmene , comme il a autant fatiguer le peuple Tchadien.
Pour memoir les evenements de 2 fevrier,ou sont ils passer les tenores du pouvoir?
Les tenants de ce pouvoir savent tres bien qu'ils marchent sur un sable mouvant et rien 'est garanti.
Ils investissent ailleurs,gardent l'argent a la maison , ou bien dans le coffre arriere des voitures. Bien conscient que leur pouvoir n'a pas d'assise solide et ce parce que maintenu par la
repression et fonder sur des bases tribale.
Si aujourd'hui deby succombe , le peuple est sauvé.Le pouvoir est un don de DIEU, et est incarné par une seule personne. Tout ce qui rode autours de lui vont fuire le pays. Et l'hitoire nous dira
le reste


Ismo 10/01/2011 11:34


Vous n'avez jamais parler de:qui va le remplacer? Ah oui!Un des leaders rebelles?Un des opposants civils?
Je pense aux éventuelités suivantes:
A-Un president de transition(nordiste ou sudiste?)
si Nordiste(de quelle éthnie?)refuse de quitter le pouvoir meme apres la transition
B-Un president civil de transition renversé par coup d'Etat apres quelques mois.


Tchougoubou Tchaounami Anni 12/07/2010 12:08


l'anlyse a été parfaite et c'est ça la réalité triste de notre pays, mais je demande à mon frère de ne pas se plonger dans le pessimisme. et pourtant cest le jugement même de l'homme de la rue et
quant à moi pesonnellement, je suppose que les tchadiens ont pris un tout petit peu la conscience sur le sort de leur pays. Les tchadiens en ont marre de cette guerre éternelle et fraticide, de
cette haine de division. Qui pourra dire aujourd'hui que les rebelles feront mieux demain? Il est vrai, Deby est bidasse, venu au pouvoir par la force de choses sans aucune base politique et sans
aucune stratégie diplomatique, mais il a quand même, cahin cahan à diriger le pays malgrès une farouche opposituion de l'intérieur qu"à l'extérieure. Le problème de la destabilisation du pays, à ma
grande connaissance, il faut la chercher ailleurs loin des océans et loin de nos frontières. Notre frère A.K a raison d'une part, car l'accumulation de l'armée république par des armes
sophistiquées de dernier cri démontre à suffisance que Idiss deby n'est pas prêt à rendre le tablier même après sa mort, alors il faut s'attendre à la guerre civile de 1979. Quel est l'interêt de
Deby et des siens de casser ce que leur frère a construit pour le Tchad? Tout est possible dans ce pays hors de commun et prions le Bon Dieu pour en arriver là.

Tchaounami Anni, Ndjaména Tchad


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