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Mardi 26 juillet 2011 2 26 /07 /Juil /2011 18:13

A la veille de la cérémonie d’investiture du Sultan-Général d’Armée- Président Idriss Deby ITNO programmée pour le 08 Août prochain, le questionnement sur l’hypothétique et plus qu’improbable retrait des soldats français de l’opération « épervier » du Tchad demeure plus lancinant que jamais dans tous les cercles de réflexion Tchadiens, voire Africains. Les légionnaires Français vont-ils enfin « dégager » du Tchad ? Ou alors, nonobstant le verbiage tout en litote d’Alain Juppé, leur présence va-t-elle aller de l’avant au grand dam du peuple Tchadien ?

 

Sarko_au_Tchad_2008-copie-1.jpg Mardi 05 juillet dernier, déclaration emphatique d’Alain Juppé, Ministre Français des Affaires Étrangères, au cours d’une audition devant la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale Française : « Nous sommes en train de discuter avec le Tchad d'un nouvel accord de coopération. Nous avons un dispositif là-bas, Épervier, avec plus d'un millier d'hommes, dont la présence ne se justifie pas, que nous avons (...) à rapatrier ».

« Présence qui ne se justifie pas ? » Voire. Car la question du démantèlement des troupes françaises au Tchad ne date pas d’aujourd’hui. Elle s’était même posée avec acuité au mois d’Août 2010 quand Idriss Deby Itno avait persiflé, les mâchoires crispées, que si la France souhaitait maintenir son dispositif au Tchad, elle devrait payer une espèce de loyer comme elle le fait depuis de nombreuses années à Djibouti.

En retour, le même Alain Juppé, ministre de la défense française de l’époque avait diplomatiquement et tout doucereusement susurré à l’attention de l’opinion française que de … « nouveaux accords de coopération militaires » étaient en train d’être examinés entre la France et le Tchad.

Le Tchad où les légionnaires du dispositif « épervier » assurent la protection des intérêts et des ressortissants français tout en apportant un soutien logistique conséquent à l’armée tchadienne depuis 1986. Au total, 950 hommes y sont déployés sur trois postes opérationnels : la base aérienne 172 « Kosseï », à N’Djamena, le camp Croci à Abéché, et à Faya-Largeau. L’armée de Terre y dispose d’une compagnie motorisée, d’une unité Pro terre et d’un escadron blindé. L’armée de l’Air dispose en permanence au Tchad de trois avions Mirage 2000C RDI, de quatre hélicoptères Puma, deux avions Transall, un Casa CN-235, et un avion de ravitaillement en vol C-135.

En tout cas, si la déclaration d’Alain Juppé du 05 juillet dernier n’a fait sursauter aucun des honorables députés français, ceux-ci n’ignorant rien du nombre de bidasses français stationnés ou engagés militairement aux quatre coins de l’Afrique – et si dès le lendemain 6 Juillet, elle a été tempérée par le Quai d’Orsay qui a plus rondement argué que « s’agissant du retrait d’Épervier, il n’y avait « pas de décision » mais plutôt une « réflexion en cours » - elle a tout de même eu le mérite de ramener sur le devant de la scène une vive illustration du discours à tout bout de champ paradoxal de Nicolas Sarkozy dont les promesses ont toujours fait voir de toutes les couleurs à ceux qui ont bien voulu y croire.

En effet, personne n’a oublié que tout le long de sa campagne présidentielle en 2007 Nicolas Sarkozy avait hurlé sans cesse, la voix vibrante de trémolos: « Je veux lancer un appel dans le monde à tous ceux qui croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie, de l'humanisme ; à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et les dictatures, je veux dire à tous les enfants à travers le monde, à toutes les femmes martyrisées dans le monde, que la fierté et le devoir de la France sera d'être à leurs côtés (...) La France sera du côté des opprimés du monde ! C'est le message de la France, c'est l'identité de la France, c'est l'Histoire de la France ! »

Après ce discours percutant et soutenu, semblant afficher une volonté absolue de RUPTURE, il y en beaucoup en Afrique qui avaient alors osé croire que ce candidat à la Présidence de la république Française allait vraiment se mettre du côté de tous ces peuples africains malmenés, chicottés, tyrannisés et massacrés par des potentats impénitents et éternellement vissés au pouvoir sur notre continent.

Parmi lesquels, en première ligne Idriss DEBY ITNO.

En tout cas, quatre années plus tard, dans un autre discours, prononcé à l’occasion de la fête nationale Française du 14 juillet 2010, le même Nicolas Sarkozy – entre temps élu président de la République - a aboyé, les yeux injectés de sang. « Nous (bien entendu la France) ne soutiendrons ni les dictatures, ni les pays dirigés par des régimes corrompus. »

Si cette déclaration à l’emporte pièce avait donné l’impression de sonner fort, l’opinion internationale, pour sa part, avait déjà eu le temps de réaliser que Sarko avait l’inénarrable capacité de dire et de faire en même temps une chose et son contraire.

Aux quatre coins de l’Afrique, beaucoup d’observateurs avaient tout simplement avalé de travers en constatant la contradiction entre ce postulat et le soutien aussi scandaleux que flagrant de la France à l’égard justement de quelques dictatures nègres aussi féroces contre leurs populations que serviles vis-à-vis de l’Hexagone.

Car, à la place de la rupture tant hurlée sur les toits, la multiplication des soutiens militaires, financiers, économiques et diplomatiques de Sarkozy à l’égard de maints potentats de la Françafrique, a depuis lors établi sans aucune ambigüité, l’absolu refus du mari de Carla Bruni de rompre avec les pactes verticaux conclus bien avant les indépendances entre la France et ses anciennes colonies, au détriment des peuples de celles ci.

La preuve la plus douloureuse se trouvant être le Tchad où, depuis quatre ans, trois brutales interventions des troupes françaises ont permis de sauver le dictateur Deby de la furia de la Résistance. La dernière en date ayant été celle de février 2008 quand les forces coalisées de la Résistance nationale avaient réussi le morceau de bravoure d’encercler le palais présidentiel de N’djamena après avoir taillé la milice du dictateur en pièces.

C’est ce jour là que Nicolas Sarkozy épousait Carla Bruni.

Il a suffi que, sous le staccato des mitrailleuses, Deby appelle Sarko au secours au téléphone. Ce dernier, ne pensant plus à la rupture tant claironnée pendant la campagne présidentielle, donna l’ordre au terrible « Commando des opérations Spéciales » - ne dépendant strictement que de la Présidence de la République – de se déporter toutes voiles dehors à N’djamena.

Six heures plus tard, ces tueurs d’élite - qui ne combattent que dans le noir avec des lunettes infra rouges et des armes munies de silencieux - ont massacré les rebelles en moins de quatre heures d’horloge. Plusieurs centaines de morts et blessés du côté des patriotes résistants restèrent sur le carreau.

Traduction : le gouvernement français prétendument porte étendard de la « défense de la démocratie et de la protection des populations civiles » était carrément venu à la rescousse d’un tyran, massacrant au passage les populations, aux seules fins de maintenir la dictature de DEBY ITNO au Tchad. Les fameux « devoir et honneur de la France » auront consisté – dans le cas d’espèce – de se mettre … aux côtés, non pas du peuple Tchadien opprimé, mais bel et bien du côté de l’oppresseur. Tout simplement !

Quoi qu’il en soit, à l’heure qu’il est, au Tchad, la perspective du retrait éventuel des troupes françaises se situe aux carrefours de l’expectative, du vœu pieux, et du rêve.

Car s’il n’est un secret pour personne que la présence des militaires Français au Tchad constitue l’assurance-vie du dictateur, elle n’a – en réalité – rien rapporté au peuple ou au développement du pays.

Croisade contre la liberté du peuple Tchadien. Croisade au nom de la France qui – selon la terrible formule consacrée – « n’a pas d’amis, mais n’a que des intérêts »

Ces troupes françaises vissées au Tchad depuis un quart de siècle, n’ont jamais – contrairement aux idées reçues - contribué à une quelconque promotion de la démocratie au Tchad. Elles n'ont jamais protégé les populations civiles des brutalités, des massacres ou des enlèvements perpétrés par les troupes de la milice gouvernementale.

Le peuple tchadien demeure la pitoyable victime des multiples interventions des militaires français aux côtés des soudards du régime Deby. Et tant que les militaires Français ne partiront pas, le régime dictatorial en place depuis plus de 20 ans continuera à se la couler douce, et accessoirement à faire couler le sang des Tchadiens.

Seulement, l’Histoire – ou les événements - se chargeront de traduire Sarkozy et ses militaires devant un tribunal, sinon pour crimes de guerre, du moins pour complicité.

Par A.K | Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Françafrique
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