Mardi 2 février 2010
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Réunion
du collège des dirigeants UFR en été dernier – Nouri (G), Guinassou (C) et Timane (D)

Réunion
du collège des dirigeants UFR en été dernier – Timane (G), Nouri(CG) et Kougou(CD) et Tollimi (D)
La nouvelle n’est tombée que ce soir, mais déjà elle est lourde, très lourde de conséquences qui sont loin d’être heureuses. Au contraire ! Les autorités de Khartoum viennent de
demander aux politico-militaires tchadiens opposés au dictateur de N’djamena de quitter le sol soudanais.
A n’en pas douter, cette décision à la hussarde serait la conséquence presque "logique" des accords dits de normalisation que viennent de conclure les
présidents tchadiens et soudanais, Deby et Béchir sous la houlette du guide libyen Mouammar El Kadhafi. Seulement pour logique qu’elle puisse paraître, elle ouvre la voie à des lendemains
plus incertains pour le Tchad qu’auparavant, et enfonce davantage ce pays dans la crise qu’elle ne le guérit de ses guerres fratricides qui n’ont que trop duré.
Il est vrai que ceux qui ont fait une psychanalyse objective et profonde du sujet Deby - mégalomane égocentrique à la fois paranoïaque et schizophrène - savent
que les accords de normalisation des relations tchado-soudanaises ne dureront pas plus que le temps d’une rose.
Les rébellions tchadiens étant nombreuses et diversifiées, personne ne devra être surpris quand, dans les mois à venir, N’djamena va de nouveau accuser
Khartoum de financer et d’héberger ses opposants armées, et, en guise de mesures de représailles, susciter et financer à son tour des rebelles contre El Béchir, avant d’envoyer ses avions appuyés
par la France et Israël, faire des incursions bellicistes en territoire soudanais comme on l’a vu l’an dernier.
Mais au-delà de cette péripétie que l’on attend avec certitude, le vrai problème est le risque d’un embrasement irrémédiable de la situation au
Tchad.
Les politico-militaires auxquels on ne laisse plus qu’un seul choix, combattre, ne pourront plus parler que ce langage qui convient le mieux à des gens
d’honneur.
Car ces hommes et femmes, pour certains d’entre eux d’anciens barons du régime Deby, n’ont pris les armes que pour défendre des idéaux nobles qui sont
quasiment consubstantiels à la dignité des hommes qui veulent que la postérité retienne d’eux le souvenir des gens qui ont marqué positivement leur passage sur la terre des hommes.
Et tel qu’on est en train de les acculer, nul doute qu’ils vont bientôt intensifier la lutte pour ne pas mourir à genoux. C’est l’apparente accalmie qu’ont
vécue les tchadiens ces dernières semaines qui va du coup voler en éclat..
En effet, comment ne pas craindre le pire pour le Tchad, maintenant que les opposants à Deby -qui ne peuvent pas se rendre comme des moutons à Deby qui
n’attend que cela pour les dévorer- sont contraints de se battre avec la dernière énergie et sans désemparer s’ils tiennent à leur survie.
Et pourtant, lorsque les autorités de Khartoum les ont convoqué il y a une dizaine de jours, les observateurs avaient cru déceler dans la rencontre qui allait
s’en suivre, une sorte de contagion affective de cette soi-disant volonté de normalisation qui avait poussé Deby et El Béchir à s’asseoir, autour d’une table, avec forces ballets diplomatiques,
pour trouver des solutions à leurs différends. L’opinion internationale est même allée plus loin en voyant derrière cette tendance à la "généralisation de la paix“ la main du président Kadhafi
qui s’est depuis un certain investi pour mettre le Soudan et ses rebelles sur la table du dialogue.
Hélas !, mille fois hélas ! Il semble qu’après avoir réussi, à la suite des rencontres de Doha au Qatar, à se mettre d’accord pour la paix avec ses
rebelles dont les motivations du combat sont de loin moins légitimes que celles des politico-militaires tchadiens, Béchir n’a pas pensé à aider Deby à faire la même chose avec ses
adversaires.
Déduction logique, le Soudan sera en paix bientôt, mais le Tchad va de nouveau s’embraser comme l’ont laissé entendre les résistants de l’UFR quelques minutes
seulement après la décision de Khartoum.
Comme quoi, le choix fait par Béchir pour donner le change à son désormais nouvel allié qui lui aurait promis de priver les rebelles du MJE de Khalil Ibrahim
de leurs bases arrières du Tchad, est absolument contre-productif.
Surtout que chez Deby, la promesse n’est pas une dette, mais une couverture. Demain quand la France et les États-Unis vont lui demander d’enquiquiner Béchir
qui a préféré vendre son pétrole aux Chinois plutôt qu’à eux, le larbin Tchadien n’hésitera pas à se dédire.
Par A.K | Ndjamena-matin
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Deby