Après plus de quarante ans d’un pouvoir aussi ubuesque que délirant, le «
guide » Mouammar el Kadhafi a tout perdu sans même comprendre pourquoi. La preuve, au commencement de l’insurrection du peuple, celui qui s’était auto proclamé « roi des rois d’Afrique »
avait osé traiter les libyens de « rats ». Cinq mois plus tard, c’est lui qui en est devenu un, réduit à se terrer dans la permanente hantise de se faire capturer. En tout cas, à ce
jour, bien qu’il se cache encore dans un trou, Kadhafi sait lui-même qu’il est fait. Comme un rat !
A chaque seconde qui s’écoule, Mouammar el
Kadhafi, est de plus en plus seul et abandonné. C’est pour cela que sa déroute désormais irréversible est qualifiée par certains amateurs des jeux de mots de «
Kadhafuite». Une Kadhafuite qui sonne en fait la fin d’une dictature bête et méchante définitivement classée : la
Kadhafin.
Fini, Kadhafi l’est enfin. Plus rien ne peut plus sauver ce personnage
trop fantasque qui s’était cru le héros d’un film des mille et une nuits appelé à ne pas connaitre de fin. Ce fut sa plus grande erreur.
Ses enfants Seïf el Islam et Muatassim – comparés aux fils de Saddam Hussein Qossay et Hossan –sont dans la nature, et bien que visés par un mandat d’arrêt de la
Cpi, courent le risque d’être abattus un jour ou l’autre. Et ils le savent.
Mais à limage de leur père complètement noyé dans un délire doré, ils
s’obstinent à s’imaginer que les choses vont changer à leur avantage. Preuve que si le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu qu’ils ont exercé sur le peuple Libyen les a rendus absolument
fous.
Son armée, complètement en débandade, est réduite à une résistance, sans doute farouche mais désespérée. Ses ministres le lâchent les uns
après les autres. D’ailleurs, selon le premier ministre Nigérien, Brigi Rafini, depuis le 2 septembre, trente-deux de ses plus anciens solides apparatchiks – parmi lesquels Saadi, un de ses fils
- sont se sont enfuis de Libye pour entrer clandestinement au Niger.
"Il s'agit de 32 personnes au total que nous avons chez nous, dont
un des fils du Guide libyen en la personne de Saadi, et aussi trois généraux", a indiqué M. Rafini, faisant le point devant
des diplomates étrangers accrédités à Niamey.
"A notre connaissance, parmi les 32 personnes présentes au
Niger, s’est tout de même empressé de préciser le chef du gouvernement Nigérien, aucune ne fait l'objet de mandat d'arrêt ou de poursuites par les instances (judiciaires)
internationales".
Mais il faut tout de même spécifier que ces fugitifs n’étaient pas du
menu fretin dans l’ancien système. On y trouve trois généraux : Al-Rifi Ali Al-Sharif, ex chef de l'Armée de l'air libyenne avant la chute du régime, Ali Khana, garde du corps de Kadhafi et chef
des Forces Libyennes d'Obari, dans le sud de la Libye, à 200 km au nord du Niger, et Mahammed Abydalkarem, commandement, jusqu’à sa fuite, de la région militaire de Murzuk, dans l'extrême sud de
la Libye. Il importe aussi d’ajouter à cette liste Mansour Daw, chef des Brigades sécuritaires de Kadhafi, qui est également au Niger depuis le 4 septembre.
Sans oublier le ministre du Pétrole qui, aux dernières nouvelles, se
trouverait en Tunisie et n’aurait plus la moindre intention de rentrer en Libye, d’après une source tunisienne.
Et même ses alliés les plus solides – et même ses plus misérables obligés – l’abandonnent à son triste et peu enviable sort. Parmi ces derniers, cynique parmi les
cyniques, Idriss DEBY ITNO (Tchad) n’a pas cherché midi à quatorze heures pour renier son voisin et allié d’hier. Poussant la duplicité au point de trôner à la première loge des « amis de la
Libye » à Paris.
En attendant l’épilogue qui n’est qu’une question de jours ou de
semaines, le « guide » déchu, tenu en joue par la mise à prix de sa tête, continue de vivre planqué, en multipliant les rodomontades par voie de radio ou de télévision.
Et certainement pour se donner du courage – et peut-être faire durer
encore un peu le suspens du film qui tire à sa fin - Mouammar Kadhafi ne communique plus que par des messages radiodiffusés, ou des images expédiées – par des voies détournées - à des télévisions
des pays périphériques de la Libye. Preuve définitive qu’il est fini, lui l’obsédé de la communication spectacle et des actions théâtrales en direct.
Il a ainsi fait diffuser le lundi 12 Septembre des images de lui
priant avec deux de ses petits-fils. On l’y a vu en tenue de jogging. Preuve supplémentaire de la déchéance pour ce maniaque des tenues mordorées et des djellabas brodées d’or. De même, un
message de l’ancien dirigeant a également été lu par la chaîne Arraï, basée à Damas. Message dans lequel il affirme toujours se trouver dans son pays. Une information évidemment impossible à
vérifier, mais qui démontre qu’il n’a plus exactement une grande marge de manœuvre pour prendre la parole !
Mais ce qui rassure, c’est que malgré quelques mièvres stratégies de
combats d’arrière garde, Kadhafi, c’est vraiment terminé, et c’est tant mieux pour l’Afrique qui, petit à petit se charge de jeter à la poubelle tous les petits monstres qui la souillent par
leurs dictatures. Après Ben Ali, Moubarak, et Kadhafi, Bachar el Assad suivra. Après quoi, il n’y aura aucune raison qu’Idriss DEBY ne suive le même chemin de la sortie
forcée.
Le mode d’emploi est le même, et les mêmes causes produisent toujours
les même effets. Inch’ALLAH !
Par D.D | Ndjamena-matin