Mercredi 21 octobre 2009
3
21
/10
/Oct
/2009
15:29
Confronté à un «scandale financier» au bureau de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) à Paris, le gouverneur de la BEAC, Philibert Andzembé, a été
limogé le 19 octobre dernier par le gouvernement gabonais. Ces malversations financières estimées à 19 milliards de francs CFA avaient été vertement indexées par les pays membres, menant à la
remise en question des accords de Fort-Lamy accordant la gouvernance de la banque sous régionale au Gabon.Libreville a pris les devants pour étouffer le scandale financier de la Banque des Etats
d'Afrique centrale (BEAC) en décidant le 19 octobre de limoger le gouverneur, Philibert Andzembé, en vue de son remplacement.
Le gouverneur de la BEAC limogé (Photo: Camer.be)
Réuni en conseil des ministres, le nouveau gouvernement gabonais, «après avoir déploré la situation qui prévaut au bureau extérieur de la BEAC à Paris, (…) caractérisée par des malversations
financières provisoirement évaluées à 19 milliards de francs CFA», a décidé de «rappeler le gouverneur de la BEAC (…) en vue de son remplacement», annonce le communiqué.
Le gouvernement a par ailleurs décidé de «faire arrêter les fonctionnaires gabonais de la BEAC, résidant sur le territoire national, présumés impliqués» dans
cette affaire et de «faciliter les enquêtes des cabinets d’audits mandatés par la BEAC ainsi que les investigations de la brigade financière française auprès de qui la BEAC a porté
plainte».
Certaines sources affirment à cet effet que le comptable du bureau parisien de la BEAC, Armand Brice Ndzamba, et l'ancien directeur central de comptabilité au
siège de la Banque à Yaoundé/ Cameroun , Maurice Moutsinga, auraient déjà été arrêtés à Libreville.
Le gouverneur de la BEAC avait confirmé à la fin du mois de septembre dernier «un écart de trésorerie» de l’ordre de 15 milliards FCFA environ, découvert au 31
décembre 2007 entre les écritures inscrites dans les livres du Bureau extérieur de l’institution à Paris et le relevé bancaire fourni par la banque française Société générale.
Il avait par ailleurs affirmé avoir pris des mesures conservatoires, qui vont de la saisine des organes de contrôle interne de la Banque centrale à la commission
d’un cabinet d’audit français, en passant par des plaintes pénales, des oppositions diverses ou encore le limogeage du responsable du Bureau de Paris.
L’auditeur commis par la BEAC avait découvert «un vaste réseau de détournements de fonds au préjudice de la BEAC utilisant plusieurs procédés, y compris la
falsification de relevés bancaires et de chèques», selon monsieur Andzembé.
Des mesures qui n'auront pas suffit à laver son image et restaurer la crédibilité de l'institution financière sous régionale.
En poste depuis le 6 juillet 2007, Philibert Andzembé avait déjà été mis sur la sellette suite aux placements à risques qui avaient fait perdre plus de 300
milliards de francs CFA à la banque. C'est le défunt président Omar Bongo qui avait sauvé sa place lors du sommet extraordinaire de la CEMAC organisé le 30 janvier dernier à Libreville.
Source: Camer.be