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Mardi 27 décembre 2011 2 27 /12 /Déc /2011 20:44

L’information ne fait plus l’ombre du moindre doute : Le Dr Khalil Ibrahim,  redoutable et emblématique chef du mouvement rebelle JEM, a donc bel et bien perdu la vie  au cours d’un raid militaire mené par l’Armée soudanaise dans la nuit du vendredi 23 décembre dernier. Il est évident qu’avec la disparition de ce rebelle resté intransigeant jusqu’au bout, la lutte armée dans le Darfour vient de prendre un sacré coup dans l’aile. Mais il n’est pas exclu que l’élimination de ce guérillero Zaghawa du Soudan pourrait engendrer une violente vendetta au milieu de la communauté Zaghawa du Tchad, et même … d’emporter Idriss DEBY Itno !

 

Khalil salu sa troupe janvier 2010A la suite d’informations relayées le dimanche 25 décembre 2011 par la presse internationale, se référant à des communiqués de l’armée soudanaise, et confirmées dans la soirée du même jour par un porte parole du JEM  la mort du Dr Khalil Ibrahim, chef rebelle du Mouvement pour la Justice et l’Egalité (MJE), a été confirmée. Mort survenue à la suite d’un raid militaire exécuté par l’Armée Soudanaise dans la région de  Wadbanda, au Kordofan-Nord, près de la frontière avec le Darfour.

En effet, L’armée soudanaise, au travers de multiples communiqués, a affirmé avoir éliminé le patron du JEM au cours d’un raid aérien où le chef rebelle et plusieurs dizaines de ses hommes avaient perdu la vie. Il faut dire que, trois jours plus tôt, le JEM avait annoncé qu’il marchait sur Khartoum pour renverser le régime du Président Omar el Béchir. Ce qui avait provoqué une série d’opérations coercitives de la part de  l’Armée gouvernementale pour stopper l’avancée des insurgés.

"L’armée soudanaise annonce qu’elle a tué Khalil Ibrahim dans des combats ce jour dans l’ouest de la ville de Wadbanda, au Kordofan-Nord", près de la frontière avec le Darfour-Sud »  a rapporté l’agence de presse officielle Suna aux premières heures du 23 décembre.

Si depuis lors l’on exulte sans discontinuer à Khartoum, dans les milieux de la rébellion darfourie, l’heure est bien évidemment à la consternation, et même à la vengeance.

En effet, personne n’ignore que les relations entre le rebelle soudanais et le chef de l’état Tchadien avaient tourné casaque depuis deux ans et demi. Car après avoir hébergé Khalil, et plusieurs centaines de ses hommes, pendant des années à N’Djamena, après avoir même financé le JEM et lui avoir fourni du matériel militaire et logistique à profusion contre le régime d’Omar el Béchir, Idriss DEBY n’a pas cherché midi à quatorze heures au moment où – ne regardant que ses seuls intérêts -  il a froidement sacrifié son soutien au JEM contre l’expulsion des rebelles Tchadiens du Soudan. Cet accord conclu entre les deux chefs d’Etats avait abouti à une expulsion aussi spectaculaire qu’humiliante du Dr Khalil Ibrahim de N’Djamena au mois de Mai 2009.  Une expulsion qui avait révolté et déchiré la famille nucléaire du despote Tchadien qui, pour trouver une porte de sortie, dut solliciter le concours de  Mouammar Kadhafi qui avait alors pris sans hésiter  le leader du JEM en charge à Tripoli jusqu’à la chute du régime de la Jamahiriya Libyenne.

Il est vrai en tout cas que Khalil Ibrahim aura été reconnaissant vis-à-vis du leader Libyen, car jusqu'à la veille de la capture et de l’exécution sommaire du « guide de la Jamahiriya », les troupes du JEM avaient apporté un appui soutenu contre les insurgés. C’est après la chute du régime Libyen que Khalil Ibrahim et ses hommes surarmés s’en sont retournés au Soudan, en transitant par le Tchad. Nanti d’un très lourd arsenal puisé dans celui de l’armée Libyenne, Khalil Ibrahim comptait lancer l’assaut final contre la capitale du Soudan. Il a malheureusement été stoppé net.

 C’est à ces maints égards que les observateurs les plus avertis des réalités de la rébellion du Darfour se demandent si la mort du leader du JEM aurait effectivement  été provoquée par une coalition des armées soudanaises et Tchadiennes, comme l’annoncent les portes paroles du JEM.

 Quoi qu’il en soit,  l’élimination  du Dr  Khalil Ibrahim, soulève   interrogations et  controverses  dans l’opinion publique Tchadienne, sous-régionale et internationale en général, qui n’ignore rien de la  détérioration  sans équivoque des relations, ces deux dernières années, entre le chef rebelle darfouri et le Président tchadien.

Si l’on sait que la rébellion armée Tchadienne et les groupes armés du Darfour, avaient fait les frais de  la normalisation des relations diplomatiques entre Idriss Deby et Oumar  El-Béchir, peu de gens n’avaient pas compris que DEBY ait pu si cyniquement lâcher un parent.

Comme conséquences directes du rétablissement des relations diplomatiques et politiques entre le régime de Deby et celui d’El-Béchir, tous les leaders de la Résistance armée tchadienne avaient été expulsés de Khartoum,  et Dr Khalil Ibrahim s’était vu empêché de descendre d’un avion à l’aéroport de N’djamena  il y a deux ans, pour être expulsé sans  ménagement  vers Tripoli  où il avait  trouvé refuge grâce à l’hospitalité du « guide libyen ».

Il faut en tout cas rappeler que, pendant l’exécution de cette expulsion, des coups de feu avaient été échangés entre les  fils de Daoussa, Timane et les services de sécurité d’Idriss DEBY à l’aéroport international de N’Djamena.

Au lendemain de cette fin tragique du chef rebelle Soudanais, de lourdes questions se posent : Quelle sera-la réaction des parents élargis du Dr Khalil Ibrahim au Tchad, notamment de ses cousins Daoussa et Timane DEBY dont les rapports avec le Sultan sont plus que glacials ? Le MJE vengera-t-il Khalil Ibrahim en s’en prenant directement au chef de l’Etat Tchadien ?

A partir de maintenant ces questions se posent et attendent certainement des réponses qui viendront peut-être plus tôt qu’on ne pourrait le croire.

 Dernière heure : Nous apprenons que le sultan Président Idriss Deby a été  évacué en urgence à Khartoum depuis le lundi 26 Décembre. En effet selon des témoins oculaires qui l’ont vu descendre de l’avion l’ayant transporté dare dare à Khartoum, le Sultan Président était soutenu par ses gardes du corps. Apparemment très mal en point, il a directement été conduit à en direction  de l'hôpital Royal-Care.

Deby qui souffrirait,  selon des rumeurs, d'une hépatite virale avancée, a donc quitté N’Djamena sans crier gare, et selon des sources dignes de foi, il a  été admis dans cet établissement hospitalier dans la discrétion la plus totale.

Plus inquiétant encore, selon des sources encore plus fiables provenant du Palais Rose, son frère Daoussa s’est rendu en catastrophe à Khartoum depuis ce matin mardi 27 Décembre pour avoir le cœur net sur l’état réel du dictateur.

Revenu dans la capitale Tchadienne en fin de ce mardi 27 Décembre, il se dit que Daoussa serait revenu avec la consigne expresses de bloquer tout ce qui est recettes de l’Etat jusqu’au retour du propriétaire du Tchad.

Deby aurait-il à son tour été « marabouté » par les siens ?  

En attendant les réponses à ces questions tout simplement incendiaires, l’on ne peut ne pas être surpris par la brusque présence du potentat Tchadien au Soudan – fût-ce  dans un hôpital - au lendemain de la mort brutale de son ex protégé.

 

Par D.D | Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Politique
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