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Vendredi 1 février 2013 5 01 /02 /Fév /2013 06:58

Le ministre de la Communication Hassan SYLLA BAKARY a fait une conférence de presse au Niger pour se plaindre de l’absence d’écho médiatique sur la participation du Tchad à la guerre au Mali. C’est absolument pathétique pour un régime qui se croyait indispensable et à qui, on a démontré qu’il n’était rien du tout.

Nous l’avons expliqué, dans plusieurs articles consacrés à la guerre au Mali. Le marchandage de sa participation, la volonté d’avoir un budget à lui tout seul et qu’il gérerait sans contrôle, l’exigence d’avoir le commandement des forces africaines, toute cette rapacité exposée crûment et sans honte, a entrainé une salve d’insultes  sur Deby et par ricochet sur le Tchad, proférée par les responsables des pays de  l’Afrique de l’Ouest.

Excédé, Hollande a sifflé la fin de la récréation : exit le Tueur.

C’est ainsi que, lorsque l’armée française se déploya à partir de sa base militaire du Burkina pour détruire les djihadistes, on a demandé aux pays de la CEDEAO de bouger et d’apporter leur contribution. Personne n’a rien demandé à Deby. Il a attendu un signe, une ombre même aurait suffi pour qu’il bondisse, mais personne n’a bougé. Et dire que le centre des opérations était là,à Ndjamena, à la base militaire française. Ce n’est pas possible ! Tout le monde s’interrogea, commenta et s’inquiéta.

Sans réponse convaincante à fournir, Idriss Deby a foncé avec zèle en voulant, soi-disant, marquer le coup et rafler la mise politiquement et médiatiquement par l’envoi de 2000 hommes, soit 4 fois plus que les autres, oubliant non seulement  son chantage mais aussi que personne ne l’avait sollicité.

Il faut franchement saluer les qualités de stratèges des militaires français dans la gestion extraordinaire de Deby et de ses hommes. Quand ceux-ci se sont préparés, ils croyaient qu’ils allaient débarquer à Bamako, pour rouler les mécaniques sous les projecteurs de toute la presse internationale.  Très scientifiquement, comme on dirait au Tchad, on les a orientés ou plutôt déviés vers le Niger où ils ont stationné plusieurs jours. Puis, nos gaillards ont été baladés dans le désert, ils ont circulé dans la poussière, pendant que l’armée française déroulait son programme de récupération des villes occupées par les djihadistes sous les vivats des Maliens et de ses caméras de télévision.

En fait, c’était un blocage qui ne disait pas son nom. A Ndjamena, on n’avait rien compris du tout. Deby, en tenue combat, a fait le voyage à Niamey pour galvaniser ses hommes. Et tutti quanti..

Précisons que le contingent tchadien ne fait pas partie  de la MISMA, alors, on peut s’interroger, c’est sur quelle base que l’expédition a eu lieu?  Ah ! Oui ! La solidarité envers le peuple malien. Mais les autres, aussi, agissaient au nom de la solidarité, cela n’a pas empêché qu’ils soient réunis dans un cadre juridique pour bénéficier d’un soutien financier et d’une reconnaissance internationale. Dans sa précipitation à vouloir dépasser les autres, et se faire applaudir, il n’avait pas vu qu’en ne l’intégrant pas dans la MISMA, on le laissait, en quelque sorte, à la porte de la salle du banquet. Et Deby et ses conseillers  n’ont là aussi rien compris.

Et surtout, ce qui est important à décrypter, c’est que l’armée française a tenu hors champ médiatique et hors de sa com, la participation de Deby. Subodorant une manœuvre de récupération politique de Deby, elle a agit intelligemment, de concert avec les médias français pour un zapping, mieux un brouillage pour éviter le parasitage de sa com par l’armée de Deby. Elle a, ainsi, anéanti sa prétention à une récupération politique. Autrement dit, et plus que jamais, François Hollande n’en a pas fini avec Deby. Echec donc sur toute la ligne, d’où la sortie du Ministre de la communication. Après le crash à Kalaït, c’est le crash au Mali.

Et ce n’est pas anodin, si les spécialistes  invités à commenter l’actualité malienne dans les grands médias français ont tenu les propos suivants au sujet de Deby : « Envoyer 2000 hommes, donc plus que l’armée française, c’est attendre en retour qu’on ferme les yeux sur ses abus, mais, cela ne marchera pas, a t-on souligné, au sein de la cellule Afrique de l’Elysée. »

Et, un autre a jugé utile de préciser : « La France n’a pas demandé à Deby d’envoyer des hommes. Ce sont les Américains qui ont exigé de lui, cet envoi de troupes, considérant que ce serait un juste retour sur investissement, après avoir formé beaucoup de militaires tchadiens pour la lutte contre le terrorisme. »

Toujours dans le même ordre d’idées, un député allemand a expliqué, lors d’un débat télévisé, sur la guerre au Mali : « que si l’Europe avait refusé de suivre la France, c’est qu’elle estimait avoir été trompée par Sarkozy en 2008, au Tchad, lors de l’entrée des rebelles à Ndjamena. Paris avait demandé le soutien diplomatique des pays européens pour intervenir et sauver le régime Deby. La condition, a expliqué le diplomate allemand, était que la France pèse de tout son poids pour obliger Deby à partager le pouvoir avec les rebelles. Sarkozy n’a pas tenu parole et les Européens en ont pris note et ont clairement expliqué à Hollande qu’ils ne suivraient plus la France dans ses aventures en Afrique où elle les utilise pour mutualiser sa politique dans ces pays. »

Le ministre de la Communication était à Niamey, où il a organisé donc une conférence de presse pour  se plaindre d’un manque de visibilité médiatique du Tchad dans la guerre au Mali. Il a fustigé les médias internationaux. L’absence à ses cotés de son homologue nigérien, met en évidence le fait que les autorités nigériennes ne sont pas sures la même longueur d’ondes que lui et prouve l’isolement du régime Deby. Il s’agit, assurément, d’une grosse bourde médiatique de la part du Ministre. Quelle humiliation pour le régime de la "Renaissance" ! Envoyer sans qu’on vous le demande, le plus gros contingent, et être obligés de pleurnicher pour qu’on reconnaisse que vous avez offert vos services. En fait, la sortie du ministre donne une idée de la température de Deby. Elle nous renseigne sur le fonctionnement du gouvernement MPS et sur la façon dont les ministres  gigotent dans tous les sens, pour plaire à leur chef, sans une véritable réflexion sur la portée des actes qu'ils posent en désordre.

Dans cette guerre du Mali, Deby s’est mis, en première ligne, en tenue combat, il est allé à Niamey haranguer ses hommes. Toujours dans la même lancée, il a prononcé un discours pour cette occasion, et singeant ce qui se faisait ailleurs, le PM est allé faire une déclaration aux députés. Tout ceci pour récolter un magistral mépris. Nous l’avions  déjà souligné ; quand on est un chien de guerre, on n’a  droit ni aux honneurs ni à la parade médiatique.

Ainsi donc, 22 ans de pouvoir et les milliards et les milliards des revenus pétroliers n’ont apporté ni respectabilité ni considération au régime MPS, à Deby et à ses médiocres affidés. Les officiers de l’armée française qui connaissent bien Deby, ses hommes, leurs abus, crimes et exactions, ont préféré les tenir à distance, loin d’eux, ne souhaitant pas faire la pose ensemble.

Beaucoup de jeunes militaires français présents lors des évènements de 2008, ont été incroyablement choqués par le déchainement des hommes de Deby sur les populations, violant les femmes, enlevant, torturant et exécutant sauvagement dans la ville. L’Etat major Français avait été inondé de messages du genre : « Comment peut-on continuer à soutenir un monstre pareil ? ».  Depuis ce jour, des voix s’élèvent pour réclamer la fin du cauchemar.

La guerre au Mali vient de dévoiler que le virage est amorcé dans les relations entre Hollande et Deby… Lire la suite sur Zoomtchad.

Lire aussi :  

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Par Ndouné - Publié dans : Lu pour vous
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