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Jeudi 20 décembre 2012 4 20 /12 /Déc /2012 11:50

En ce moment où, sous les yeux médusés de l’opinion internationale,  la faction dite du « Séléka » est en train de donner des insomnies au général François Bozizé en Centrafrique avec une terrifiante marche en avant, et que – comme Zorro – Idriss Deby envoie ses troupes de façon on ne peut plus spectaculaire au charbon en Centrafrique, les apparences pourraient faire croire que le chef de l’Etat Tchadien serait un bon samaritain. Que Non. En réalité, le dictateur tchadien est devenu ni plus ni moins un énorme danger, non seulement pour la sous région Afrique Centrale, mais même pour l’Afrique de l’ouest.

 

Deby-a-Paris-le-5-dec-2012.jpg Ainsi donc, une fois de plus voilà les troupes Tchadiennes de retour en Centrafrique, mais cette fois – nous dit-on – ce serait pour jouer les forces tampons dans la perspective de négociations, entre le gouvernement en place à Bangui et des troupes rebelles hétéroclites,  qui devraient se tenir … à N’Djamena.

On se souvient, que cela ne fait  pas encore six mois que l’énorme contingent de militaires Tchadiens qui assurait la sécurité de François Bozizé était retourné au Tchad.

En fait, ce n’était pas parce que les choses s’étaient normalisées. C’était plutôt pour la simple raison qu’Idriss DEBY avait senti des velléités d’indépendance de la part de son protégé Centrafricain qui, non seulement affichait des amitiés avec d’autres chefs d’Etats sans l’aval de DEBY, mais surtout qui  avait « osé » envoyer un bataillon de militaires centrafricains en formation en Afrique du Sud.

Le dictateur Tchadien s’en était offusqué et s’était certainement  mis à ruminer sa vengeance. Et quand l’on sait que le Tyran Tchadien est plus rancunier qu’un sicilien, on ne pouvait s’attendre qu’à quelque chose avant longtemps.

Effectivement, des rumeurs puisées à bonne source, indiquent déjà que dès la mi-novembre 2012, Abdoulaye Miskine de sinistre réputation était en train de s’activer à organiser – avec la bénédiction et de gros moyens financiers et logistiques de Deby – une petite rébellion anti Bozizé à partir du sud du Tchad avec, comme premiers acteurs, quelques transfuges des troupes de Baba Laddé - qui erraient encore dans les brousses centrafricaines -  auxquels s’étaient joints tous les déçus des multiples milices ayant été écartées des accords avec le pouvoir.

Toute cette agitation n’était pas passée inaperçue des satellites et encore moins des services de renseignements. Ainsi, des câbles diplomatiques annonçaient déjà de sérieuses menaces de déstabilisation en Centrafrique pour le début du mois de Décembre.

Et effectivement, dès la fin de la première semaine de décembre, la coalition rebelle, autoproclamée « Seleka » est entrée en scène de façon fulgurante  en prenant sans coup férir la localité de Kabo, une ville du Nord après avoir investi la ville  minière de Bria (centre).

Leur marche en avant les oriente à l’heure qu’il est en direction de Batangafo, à une soixantaine de km au sud de Kabo.

Le « colonel » rebelle Djouma Narkoyo a assuré que ses hommes « contrôlent » Kabo et « progressent » vers Batangafo ».

Ces deux villes se trouvent à plus de 400 km de Bria, zone diamantifère, que le Séléka (alliance) tenait encore mercredi, selon des habitants.

Selon ce qui se dit dans les médias, des renforts tchadiens, « lourdement armés, à bord d’une vingtaine de véhicules », seraient arrivés en Centrafrique à la demande du président Bozizé, et transiteraient par Kaga Bandoro (centre), à une centaine de km au sud-est de Kabo pour prendre la direction « des zones occupées », selon une source militaire.

Par contre aux dernières nouvelles, le ministre Tchadien de la communication Hassan Sylla a personnellement déclaré à Rfi, ce jeudi 20 Décembre,  que c’est sur la demande des rebelles que les troupes Tchadiennes auraient été envoyées pour jouer les forces d’interposition.

Qui croire ? Les rebelles qui étaient en train d’écraser tout sur leur passage avaient-ils encore besoin de secours ? La ficelle, on le voit est trop grosse.

Car à en croire une dépêche de l’Afp : « Selon plusieurs observateurs avertis, l’arrivée des Tchadiens change considérablement la donne et devrait empêcher les rebelles de s’approcher de Bangui. Ils relèvent toutefois que cette offensive montre la fragilité du régime et annonce une période d’instabilité à venir si le pouvoir centrafricain ne fait pas un geste envers l’ensemble des ex-rébellions dont les hommes pourraient être tentés de reprendre les armes. »

Il est donc clair qu’Idriss DEBY est à la manœuvre : il a financé la rébellion, l’a armée, lui a même fourni des hommes, tout cela pour aboutir à forcer Bozizé à venir, la queue entre les pattes,  négocier à N’Djamena avec des rebelles qui n’avaient curieusement pas bougé le plus petit doigt quand les soldats Tchadiens étaient à Bangui. Deby joue aujourd’hui les médiateurs souverains prônant le DIALOGUE alors qu’il n’a lui-même jamais voulu dialoguer avec les factions rebelles qui contestent encore son pouvoir et ses abus.

Un danger, Deby l’est franchement pour la sous région quand l’on sait qu’en plus de jouer avec des allumettes au milieu les rebelles de Centrafrique, il fait de même avec la coalition de la rébellion soudanaise (MJE et MLS de Mini Arkou). Une entreprise qui lui a été facilitée par l'engagement personnel du gouverneur de Wadi Fira, Mahamat Déliyo - dont une délégation avait  été reçue le 17 Décembre 2012 par Deby.  Au cours de cette rencontre, selon des sources proches de la rébellion soudanaise, le MJE aurait exigé des explications sur les circonstances de la mort de Khalil Ibrahim – le leader charismatique de ce mouvement - dont il est accusé de complicité avec el-Béchir.

Bien évidemment, Deby a réfuté ces accusations exigeant des preuves. Après de longues palabres, le dictateur Tchadien et ses vis-à-vis se sont mis d'accord sur deux points essentiels:

1 - l'unification de tous les BÉRIS (les Zaghawa du Soudan et ceux du Tchad (Zaghawa et Bidéyat-Bilia tribu de Deby)

2 – Omar  el-Béchir étant  affaibli à l’heure actuelle,  Deby s'est engagé à les aider discrètement.

Et voilà que revient au goût du jour le concept de la remise en marche de cette alliance sacrée  BÉRI qui avait permis à Deby de conquérir le pouvoir en 1990 avec le soutien des Zaghawa du Soudan. Un vaste programme de réconciliation entre les fils de Bidéyat-Bilia à l'intérieur du pays et ceux en opposition est lancé. Pourquoi ce rapprochement après tant de soubresauts depuis l'avènement de MPS?

 Le régime clanique est-il vraiment menacé? Par qui?

 En réalité, Idriss DEBY ne roule que pour lui-même et pour son plaisir personnel de déstabiliser tout ce qui est autour de lui afin qu’on l’appelle comme un sapeur pompier. Mais un drôle de sapeur pompier en réalité qui est en même temps le pyromane.

Un pyromane qui, cela est connu des services de renseignements Libyens et Maliens,  entretient des rapports vicieux avec  Boko Haram qui a réussi à  se connecter avec Aqmi  et en direction desquels il envoie  soutiens - armes et véhicules -  par le biais des circuits de narcotrafiquants.

Ces services sont largement informés que Deby avait  eu le culot  de promettre au pro-Kadhafi de leur rétrocéder l'aide destinée à ses troupes promise par la France dans le cadre d’une éventuelle participation militaire du Tchad dans l'intervention au Nord-Mali.

 Il n'est de même un secret pour personne que des troupes pro-Kadhafi ont obtenu de Deby un campement de regroupement - la plupart venus du Niger avec la complicité du président nigérien - dans le Nord-Ouest du Kanem, plus précisément  dans la localité de Nokou,  près du puits Yeskouna.

Ce camp avait été un véritable carrefour toute l’année 2011  avant d'être transféré  en avril 2012 dans le Tibesti au nord du Tchad  où les nostalgiques du « Roi des rois »  attendent les conditions favorables pour attaquer les localités du sud de la Libye.

 C’est en tout cas, probablement l'une des raisons de la fermeture de la frontière Libyenne avec le Tchad.

Danger pour la Centrafrique, danger pour le Soudan, danger pour la Libye, danger pour le Nigéria et même pour le Mali, il faut le dire : Idriss DEBY  tend à vouloir devenir le nouveau Mouammar Kadhafi qui adorait le grabuge autour de lui afin qu’on l’appelle pour venir mettre la paix. On sait comment il a fini.

Par A.K  | Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Politique
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Commentaires

Dans ce cas, le silence de la France se traduit par une complicité !
Bel papier, analyse pertinente avec bcp des inédits.
Bravo !
Commentaire n°1 posté par Michel le 20/12/2012 à 18h38

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