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ceux qui avaient pensé – avec trop d’enthousiasme – que la « paix », sous forme d’un traité dit « accord de N’Djamena sur la normalisation des relations entre le
Tchad et le Soudan », trop précipitamment signée entre N’djamena et Khartoum le 15 janvier dernier, allait définitivement mettre un terme au climat explosif – au
propre comme au figuré – régnant entre les deux pays depuis plus d’une décennie, réalisent à l’épreuve des faits, moins de cinq mois après, qu’ils s’étaient amplement mis le
doigt dans l’œil. Jusqu’au coude !
A ce jour, c'est-à-dire quelques quatre mois seulement après le théâtral « one man show » par lequel il était allé pontifier à Khartoum – une branche d’olivier en main – qu’il « est un homme de paix, et ne veut que la paix », Idriss Deby Itno n’a toujours pas assis cette paix qu’il disait vouloir absolument. Et pour cela il n’arrête pas de broyer du noir. Pas parce qu’il n’arrive pas à réussir cette paix, mais bel et bien pour la médiocre raison que les calculs qu’il avait faits contre cette paix justement ont tous fini en eau de boudin.
Plus grave, pris au piège de ses perfides petits calculs d’apothicaire, le potentat tchadien réalise à l’heure qu’il est, qu’au bout du compte, rien n’a marché comme il aurait voulu, et que – pire – de plurielles menaces continuent de s’amonceler au dessus et autour de lui. Des menaces qui fragilisent chaque jour un peu plus ce pouvoir que le généralissime – président croit tenir d’une main de fer, alors que celui ci va lui échapper plus tôt qu’il ne le pense.
En effet, il était clair - et cela l’est encore plus aujourd’hui - qu’au moment où Deby faisait semblant de fumer le calumet de la paix avec Omar el Béchir, le boucher du Tchad avait un plan – un vicieux et diabolique petit plan – derrière la tête : organiser sous les yeux de toute l’Afrique, et de toutes pièces, une paix factice – avec la complicité active, sincère, mais pas forcément volontaire du Soudan - susceptible de lui permettre de boucler la mascarade d’élections qu’il prépare : législatives et municipales ( en 2010 ) puis présidentielle en 2011 en toute sécurité, afin de pouvoir légitimer un nouveau bail truqué à la tête du Tchad.
De faux calculs… contre la paix !
Et pour y parvenir, il importait pour Deby que lesdites élections se déroulent sans la hantise de la moindre menace d’une éventuelle offensive militaire. En effet, le souvenir de la présidentielle de 2006 ayant été pimentée par le fulgurant raid des troupes du FUC jusqu’aux portes de N’djamena ne s’est toujours pas estompé de sa mémoire tourmentée.
C’est donc avec ces mirifiques perspectives dans la tête que le chef du clan des Itno n’a pas trouvé mieux que de concocter un plan qu’il pensait simple comme bonjour, mais à l’efficacité non garantie : Faire un spectaculaire premier pas vers Omar el Béchir, lui proposer une paix paraissant définitive – avec comme prime apparente la perspective de l’extinction des rebellions de part et d’autre des frontières de leurs deux pays – alors qu’en réalité la seule chose qui compte pour le dragon tchadien n’est que d’aboutir à l’atomisation de la Résistance Armée Tchadienne. Puisque la paix au Soudan n’a jamais été la préoccupation du potentat; son seul souci étant de convaincre le chef de l’Etat Soudanais à contraindre la Résistance Armée Tchadienne à déposer les armes, ou à défaut de quitter la frontière Soudano Tchadienne où elle est inexpugnable.
En échange, le tyran Tchadien avait laissé croire qu’il ferait de même avec les rebelles du MJE depuis toujours logés, nourris, blanchis et armés à N’djamena par sa famille nucléaire et lui même.
Le plus cynique est qu’il n’a jamais été question dans la tête du despote de bouter les rebelles du MJE hors du Tchad, dans la mesure où – outre le fait que leur grand manitou n’est autre que son cousin Zaghawa du Soudan - ceux-ci lui servent d’arme secrète contre la Résistance Tchadienne , et bien évidemment aussi contre le Soudan – et dans ce dernier cas au nom de la fibre tribale.
La paix au Soudan ? Pas le problème de Deby !
Omar el Béchir qui avait osé accorder une présomption de bonne foi à cette perspective apparemment orientée vers une paix qu’il a toujours souhaitée, avait alors mis tous les moyens en branle pour que, avec la triple médiation du Qatar, de l’UA, et de l’ONU, un processus de pacification volontariste et sincère aille jusqu’au bout.
Par contre, du côté du Tchad, loin de prendre langue de manière sérieuse avec la Résistance, Idriss Deby a sciemment opté de la mépriser et de l’excéder, en ne lui épargnant aucune vexation, histoire de lui faire comprendre que ni la négociation, ni la paix ne sont des priorités pour lui et son régime. Une attitude bien antinomique par rapport à son discours de Khartoum, et même à l’esprit de cette paix que le futur ex-président du Tchad ne cesse de clamer vouloir. Au bout du compte de drôles d’attitudes et de calculs défiant même la simple logique, et qui ne pouvaient aboutir qu’à un cul de sac.
Car il faut bien le dire, le tortionnaire de N’djamena avait pensé qu’en ouvrant les bras à Omar el Béchir, il réussirait à l’enfermer dans la logique – en réalité bien malicieuse – que ni l’un ni l’autre ne toléreraient plus le moindre activisme politico militaire sur leurs sols respectifs, pendant que, lui, ne lâcherait pas - mais alors pas du tout - une once de son soutien vis-à-vis des rebelles du Darfour.
Autant dire que, à aucun moment, le tchadien n’a jamais regardé dans la même direction que le Soudanais, et aujourd’hui plus qu’hier.
Pourtant, El Béchir, autant dans la logique de la réussite de ses propres élections que dans le sens de la quête d’une paix qui donne l’impression d’être introuvable, n’a pas – depuis la signature des fameux accords dits de normalisation – cessé de multiplier gestes et actions de totale disponibilité vis-à-vis des rebelles du Darfour qui trouvent, paradoxalement, un malin plaisir à se faire désirer en multipliant les actions dilatoires.
Le MJE : toujours armé par Deby et sa famille nucléaire.
Alors que Deby, de son côté, n’a pas un seul instant cessé de jouer les durs, faisant tout pour démontrer aux rebelles que c’est à ses seules conditions que la situation de belligérance prendrait fin au Tchad. Et pour bien l’enfoncer dans la tête de tout rebelle sceptique, il n’aura pas hésité d’aboyer aux micros de la presse internationale, sur le perron de l’Elysée, les mains dans les poches, qu’il n’a « ni argent à distribuer, ni poste à donner » aux résistants qui voudraient jeter les armes. Des propos à tout le moins dissuasifs…. Pour une paix tant clamée, mais qui éclairent d’une lumière aveuglante les cyniques calculs du président- fondateur du MPS.
Selon les accords de N’djamena, le régime Debyen s’était engagé à ne plus soutenir le MJE. Pourtant ce groupuscule est, aujourd’hui, encore plus armé qu’il ne l’a jamais été. La preuve : en ce moment où les médiateurs internationaux attendent Khalil Ibrahim et le MJE autour de la table des négociations à Doha au Qatar, les troupes de Khalil Ibrahim pilonnent le sud-ouest Soudan comme des sourds avec un arsenal que le président guerrier leur a offert il y a quelques semaines.
Et au même moment, Mouammar Kadhafi « Roi des rois » devant l’Eternel – bien content d’héberger Khalil Ibrahim sur son sol – s’active à souffler sur les braises du conflit Darfouri tout en buvant du petit lait au spectacle de Deby accourant ventre à terre à Tripoli réaffirmer son soutien à Khalil Ibrahim qui grinçait encore des dents après le mauvais tour de son expulsion de N’djamena.
Mais le plus mélodramatique est que, au milieu de tous ces imbroglios, Deby est encore plus menacé par le mécontentement sans cesse croissant et irréductible des caciques Zaghawa qui lui reprochent, non seulement d’avoir ordonné l’expulsion du chef du MJE du Tchad, mais bien plus de se croire obligé de faire ami-ami avec Omar el Béchir.
Autant de réalités qui, tout en éloignant sans équivoque l’éventualité d’une paix véritable tant au Tchad qu’au Darfour, ouvrent la voie à des lendemains encore et toujours plus tumultueux. Surtout au Tchad où, à cause de la duplicité d’un potentat mégalomane et absolument aveuglé par un pouvoir absolu, toute éventualité de changement dans le sens d’une société plus humaine et plus démocratique demeure conditionnée par une solution militaire que le belliciste despote impose comme inévitable préalable. C’est pour cela qu’on peut comprendre que, bien qu’ayant embouché de façon stridente les trompettes de la paix, il fasse tout pour que celle-ci ne soit pas effective.
La Résistance Militaire régénérée et regonflée à bloc
Ainsi tout laisse croire que les mois à venir pourraient vraiment ne pas être de tout repos pour le sanguinaire Tchadien qui, au constat de l’échec de sa manœuvre qui visait à obliger Omar el Béchir à chasser les troupes de la Résistance Tchadienne du territoire Soudanais, s’active à renforcer avec frénésie – depuis deux semaines - le dispositif défensif de la frontière Est en y stationnant une massive force de frappe dotée de missiles et d’armes lourdes de longue portée, en prévision bien entendu d’un éventuel raid de la Résistance.
Ce redéploiement logistique aura été imposé par la nouvelle configuration de la Résistance Militaire qui, à cause de multiples divergences entre ses leaders, et après avoir donné l’impression d’être timorée, vient – de façon spectaculaire – de réussir à se remettre en selle.
Car, le marasme dans lequel s’était engluées, jusqu’à il y a trois mois encore, les forces de la Résistance arrangeait prodigieusement le régime MPS qui, tablant sur le temps et les effets de son usure, n’en finissait pas de la faire mariner dans la perspective d’un dialogue qui n’en finit toujours pas de traîner en longueur ; et ce, dans le seul objectif de pouvoir cueillir les chefs de la rébellion comme des dattes mûres, les uns après les autres.
Mais la réalité, au grand dam des mauvais stratèges du MPS, affiche actuellement une nouvelle donne : La Résistance Nationale, consciente de sa vocation historique a eu le cran d’aller de nouveau puiser au plus profond de ses propres forces mentales pour se redonner un nouveau tonus et un corpus neuf.
Tant et si bien que, certains leaders de l’opposition armée – les principaux chefs, sans évoquer le cas délicat d’autres mouvements qui sont en perdition ou n'ont qu'une existence virtuelle - ne sont plus loin de ne représenter que leurs seules personnes, puisqu’ils viennent d’être vigoureusement supplantés par une dynamique régénérée et gonflée à bloc qui, au terme d’une fulgurante remise en question, vient de recapitaliser en un tour de bras – et dans le cœur de la majorité des troupes – tous les espoirs et toute la foi combattante qui étaient en train de s’effilocher au sein d’une Résistance au sein de laquelle un sournois et rampant processus de mort lente commençait à saper les volontés.
Idriss Deby qui, dans ses faux calculs, projetait de réduire la Résistance Armée à la reddition ou au ralliement pur, simple et sans la moindre condition avant ses « élections » est confronté aujourd’hui à la désolante réalité des ses calculs qui ont « foiré », et qu’au lieu d’une Résistance épuisée et prête – ou disposée - à se mettre à genoux, il se retrouve de nouveau face à des combattants revigorés, redynamisés, plus pugnaces que jamais, et cent fois plus déterminés à aller jusqu’au bout.
Et le bout, Deby le sait, c’est la débâcle du régime prédateur, prébendier et assassin qu’il dirige et qui maintient tout un peuple dans un insupportable carcan depuis vingt ans.
Par A.K | Ndjamena-matin
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Proverbes africains - Source: Afrik
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