S’il était encore besoin d’apporter la preuve que les pays africains anciennement colonisés par la France - ou
placés sous mandat français au lendemain de la 1ère Guerre Mondiale - auront du mal à devenir de véritables pays indépendants, et leurs dirigeants avec, on ne pourrait s’estimer
aussi mieux servi qu’en ce moment où se célèbre le 221ème anniversaire de "la prise de la Bastille " ou de la Révolution Française. Une commémoration qui, en France, illustre, à elle
seule, la volonté d’un peuple de s’approprier le pouvoir d’Etat, pour ne le déléguer qu’ensuite à certains de ses citoyens, avec, bien entendu, un droit absolument inaliénable de regard sur
son exercice. Pourtant cette commémoration, en Afrique, du moins dans les éternelles – quoique abusivement appelées anciennes - colonies de la France, demeure le symbole même de la sempiternelle
mainmise de la France sur les peuples et les biens de notre continent, doublée d’une vassalisation à outrance des méprisables gouverneurs de colonies qui nous tiennent lieu de "chefs
d’Etats".
Tenez : L’an dernier, quand les dirigeants français, se sont piqués de soustraire un peu d’argent au Trésor public de leur pays sans avoir l’air d’y toucher, ils ont inventé une
rocambolesque histoire de célébration "des cinquantenaires des indépendances africaines" en 2010.
Il était ainsi question, comme d’habitude, de distraire des fonds publics français qu’ils feindront de verser d’une main à des satrapes africains, au titre de
l’aide pour l’organisation des festivités, mais qu’ils reprendront en réalité de l’autre.
Voilà comment ils ont imposé cette célébration à nos gouverneurs des colonies qui s’en sont tout simplement contentés en remuant la queue. Quand le
maître a parlé… !
La preuve : en faisant abstraction des pays africains qui ne furent pas colonisés par la France - et qui du reste sont de loin nombreux -
rapportés à ceux qui le furent, on réalise aisément que 2010 ne pouvait être le cinquantenaire des indépendances africaines : le Maroc et la Tunisie- eux aussi colonisés par la
France - avaient obtenu les leurs en 1956.
A moins que, sous le prisme de ce regard torve de la France que nous connaissons si bien, ces deux pays ne seraient plus des pays Africains ou pour d’autres raisons
inavouées, qu’on ne pouvait les inclure dans la célébration des indépendances africaines en 2010.
Et que dire la Guinée ? Voilà un pays qui est indépendant depuis le 28 septembre 1958. Il est donc clair comme de l’eau de roche qu’en 2010, son indépendance
est âgée de plus de 50 ans.
L’Algérie quant à elle, ancienne colonie française, n’est indépendante que depuis 1962. Cela fait, si nous comptons bien, 48 ans en 2010. Et pas encore
cinquante!
Mais la France Sarkozienne avait trouvé le bon filon pour se procurer de l’argent de poche : inventer « une aide aux pays africains ayant des
difficultés à boucler le budget de la préparation des cinquantenaires de leurs indépendances » à travers une « participation directe de la France dans ces
événements à titre solidaire ».
Seulement voilà : alors que les dirigeants de ces minables pays, en pleine célébration d’une fête qu’eux-mêmes n’avaient pas prévue, avaient supplié le maître
élyséen, avec force génuflexions, de leur faire l’aumône de sa présence, pour les requinquer moralement, le ‘Président bling bling n’a daigné leur réserver au total que … condescendance,
voire mépris. Ce qui, au demeurant, est mieux que rien.
C’est ainsi que de simples Secrétaires d’Etat français ont été chargés de servir de « représentants personnels » de Sarko à ces
« commémorations » factices servies pour solde de tous comptes à des roitelets nègres qui ne se torturent guère outre mesure la conscience de savoir s’il s’agit de
commémoration d’une indépendance fictive ou imaginaire.
Deux poids, deux mesures
Il a pourtant fallu que le maître hexagonal, le super sachem de la Françafrique , claque des doigts, à l’occasion de la fête nationale du 14 juillet, pour que l’on réalise avec effroi
que les pays qui viennent de célébrer les cinquantenaires de leurs indépendances (Cameroun, République centrafricaine, Congo, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo,
Bénin, Burkina Faso …) ne sont en réalité … vraiment pas indépendants. Mais alors pas du tout..
Nos larbins de suzerains tropicaux ont-ils à peine reçu l’ordre de l’Elysée de venir représenter l’Afrique « indépendante depuis
cinquante ans » qu’ils ont foncé, tête baissée et ventre à terre pour l’Hexagone, où ils sont allés, à la tête d’un régiment de leurs armées, faire allégeance à l’époux de
Carle Bruni.
Seule la Côte d'Ivoire - qui revendique une certaine indépendance depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo - avait refusé de célébrer son
cinquantenaire au gré de l’orchestration française, et vient d’ajouter un pied de nez supplémentaire en envoyant seulement son ministre de la Défense assister la France dans sa
célébration, non sans avoir refusé d’y- envoyer défiler son Armée.
Et il semble que malgré cette affirmation
d’indépendance.
Par D.D | Ndjamena-matin
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Photo/AFP: Les Amazones de l'armée béninoise, lors d'une répétition du défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées, à Paris, le 12 juillet