Lundi 5 décembre 2011
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A l’heure qu’il
est, malgré des apparences trompeuses de calme, la situation socio économique du Tchad est globalement plus qu’inquiétante. Les fonctionnaires ne sont toujours pas payés. Et pour cause : les
caisses de l’état sont désespérément vides. Et pour boucler la boucle, les mouvements de grèves des syndicats et des étudiants sont sur le point de reprendre. Le Sultan
président broie du noir.
Alors que les salaires des fonctionnaires sont attendus depuis le 25 du mois de Novembre, jusqu’à ce dimanche 04
décembre, les virements tardent toujours à être honorés. Bien évidemment cet état de choses ne peut que jeter une véritable chape de plomb sur toutes les strates de la société
Tchadienne qui comprend sans peine que la difficulté pour un Etat de faire face aux charges salariales de la fonction publique n’est rien d’autre qu’un signe avant coureur de la cessation de
paiement. Et à dire vrai, le Tchad n’est guère loin de là.
Dans les banques, on murmure – sans regarder les clients dans les yeux - que ce contre temps est juste dû à
un petit retard occasionné par les opérations de compensation. Une situation bien inhabituelle qui déprime profondément les agents de l’état qui n’arrivent pas à admettre que les
caisses de l’état puissent être à sec. Pourtant c’est bien la triste réalité.
Une réalité que n’arrivent pas à dissimuler tous ceux qui sont dans le secret des dieux, et qui savent donc que malgré les royalties
pétrolières, la gouvernance du régime DEBY est encore et toujours plus catastrophique.
Conséquence, les syndicats - qui, il y a
quelques semaines avaient battu le pavé avec obstination et détermination, au point même de faire reculer le tyran - recommencent de nouveau à retrousser des babines et ont
même convenu que si, rendu à lundi 05 Décembre, ils ne sont toujours pas payés, ce qui va arriver arrivera.
Mais ce n’est pas tout : Les étudiants qui, jusqu’à présent n’ont toujours pas vu leurs revendications réellement prises
en compte, sont en train de se réorganiser. Et pour une raison essentielle : Ils estiment que le bureau exécutif qu’ils avaient créé pour les besoins de cette revendication a
reculé trop vite face à la mauvaise foi et à la morgue du régime. De là à le soupçonner d’avoir été corrompu par le pouvoir, il n’y a qu’un saut de puce que les étudiant ont spontanément franchi
des trois derniers jours. Il est donc à craindre que les semaines qui vont suivre risquent d’être de nouveau chaudes au Tchad.
Dans la hantise des tensions qui ne pourront que s’accentuer dans les jours qui vont suivre si le problème des salaires n’est
pas réglé, ils sont nombreux les analystes à ne plus aller par quatre chemins pour décréter que le régime MPS est tout simplement entré en mort clinique, surtout après
l’effacement de Kadhafi et l’indifférence de plus en plus persistante de Sarkozy vis-à-vis de DEBY.
Plus inquiétant, la faillite économique – essentiellement causée par la mauvaise gouvernance - a fini par accentuer et
multiplier les pôles de tension sociale, facteurs d’une atmosphère électrique annonciatrice d’explosion sociale latente.
Le Sultanat du Tchad collectionne tous les ingrédients d’une explosion inévitable : Déficit total démocratique,
absence endémique de libertés et de justice. Etat en totale déconfiture devenu incapable de mener la moindre réforme : La coupe est pleine.
Tout le monde le sait : la solution des problèmes du Tchad demeure invariablement la même : Enterrer ce régime au plus
vite.
Par D.D | Ndjamena-matin