La
dernière actualité Africaine ayant placé la fête nationale
Française du 14 Juillet et son grotesque défilé sous les spots des commentaires les plus vifs – voire les plus virulents –, les analystes et commentateurs de tous poils avaient
certainement gardé pour plus tard leur appréciation sur la nouvelle boule puante que la très partiale Cour Pénale Internationale a lancée à la cantonade internationale le lundi 12 juillet
dernier à travers un nouveau mandat d’arrêt, un de plus, contre le président Soudanais Omar el Béchir – et cette fois pour génocide.
Il faut le dire : ce n’est plus la recherche de la vérité, c’est de l’acharnement. Un acharnement paranoïaque !
C’est un peu tous les observateurs de la scène politique Africaine qui ont carrément avalé de travers quand, il y a quelques
jours, le très placide procureur de la Cour Pénale Internationale Luis Moreno O Campo a annoncé sur les ondes de toutes les radios et télévisions qu’un nouveau mandat d’arrêt international
venait d’être lancé contre le Président Omar Hassan el Béchir. Cette fois à la suite d’une inculpation pour génocide, le plus imprescriptible des
crimes !
Evidemment, cette nouvelle offensive judiciaire contre le
chef de l’Etat Soudanais a tout simplement bouleversé tous ceux qui, tant en Afrique qu’un peu partout à travers le monde, scrutent avec autant d’attention que de satisfaction la bonne volonté –
certainement pas feinte – du numéro un Soudanais qui s’est plié en quatre depuis pratiquement un an pour mener tambour battant divers pourparlers avec les factions rebelles du Darfour dans la
logique d’une normalisation susceptible d’aboutir à une atmosphère enfin apaisée au Darfour, et bien évidemment sur tout le Soudan.
Dans cette foulée, on l’a même vu conclure une énième
paix avec Idriss Deby Itno, convaincu que ce dernier se mobiliserait sincèrement pour amener autour de la table des négociations les rebelles du MJE que N’djamena n’avait jamais cessé
d’armer et de chouchouter.
Mieux : après avoir organisé et remporté, en Avril
dernier, une élection présidentielle – que beaucoup de cassandres avaient pensé qu’elle n’aurait pas pu se tenir –, Omar el Béchir n’a depuis lors fait aucun mystère de sa sincère
volonté d’organiser le référendum sur l’indépendance du Sud Soudan en début 2011.
Une option honorable qui a, non seulement mis
l’eau à la bouche de tous les groupuscules sécessionnistes, mais surtout comblé de satisfaction toutes ces grandes puissances occidentales qui – pendant qu’elles multiplient les grands
regroupements sur leurs continents – font flèche de tout bois dans l’ombre pour que les pays du tiers monde, en général, et dans le cas d’espèce le Soudan, le plus vaste pays d’Afrique, se
divise en plusieurs petits états où ils pourront venir puiser le pétrole à en veux-tu, en voilà. Au nom, bien entendu, d’intérêts qui sont loin d’être ceux du Soudan, et en aucun cas de
l’Afrique.
Et, contrairement aux attentes d’une certaine opinion internationale, l’Afrique a plutôt mal accueilli cette nouvelle
expression de l’obsession quasi fantasmatique de
la justice internationale en expérimentation
sur la personne du leader Soudanais.
« L’inculpation pour génocide du président soudanais
Omar el Béchir "ne résout pas le problème du conflit dans la région du Darfour (...), au contraire", a déclaré le, d’habitude si modéré, président de la Commission de l’Union Africaine Jean
Ping dans une interview à l’Afp.
Précisant davantage sa pensée, M. Ping n’a guère pris de
gants pour ajouter : « Nous n’avons pas de problème avec la Cpi, et nous sommes contre l’impunité. Mais le problème est la façon dont le procureur (général de la Cpi Luis Moreno)
Ocampo rend la justice".
Une façon à tout le moins cavalière voire désinvolte quand
l’on sait que le procureur Moreno O Campo n’a jamais mis les pieds au Darfour, et ne construit son accusation – à la limite de l’inquisition ou du procès en sorcellerie – qu’à partir
de témoignages fragmentaires et plus ou moins discutables, livrés par des témoins dont la sincérité – s’ils le sont – n’est forcément pas la vérité.
Un procureur qui, dit-on, enquête, depuis 2005 en vertu d’une
résolution du Conseil de Sécurité de l’Onu sur le Darfour, mais n’a en tout cas jamais mis les pieds au Darfour, là où les « crimes de guerre » ou les
« génocides » auraient été commis.
Le Darfour qui, comme on le sait, est en proie depuis 2003 à
une guerre civile qui aurait, d’après l’ONU, fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés.
Une guerre civile qui – il est important de le préciser
- est simultanément enflammée par de multiples groupuscules armés clamant vouloir, chacun de son côté, l’autonomie du Darfour tout en en terrorisant les habitants, et qui, en
même temps qu’elles s’attaquent aux forces gouvernementales, se massacrent copieusement entre elles dans une sorte de jeu de massacre au spectacle duquel les grandes puissances occidentales se
frottent les mains dans la perspective de la seule chose qui les intéresse réellement : à savoir leur très prochaine exploitation des énormes gisements de pétrole dont est gorgé
ce pays classé tout de même 3è pays producteur de pétrole en Afrique !.
Et des massacres, il y en a eu au Darfour, surtout ceux
perpétrés par des rebelles dont l’objectif est de maintenir, par tous les moyens et toutes les horreurs, un climat de terreur électrique qui a tout simplement acculé des millions de civils
à la fuite. Mais il semble que personne, dans les hautes instances du Conseil de Sécurité, n’a voulu se mettre à la place d’un chef d’état confronté à la situation de son pays déchiré par
des groupuscules armés lancés
Sabre au clair contre l’ordre, les populations, et l’autorité de l’Etat.
Il a été trop facile pour les tenants de la justice, dite
« internationale », de rendre le Président Omar el Béchir unique responsables de toutes les atrocités de guerre dont on parle au Darfour et qui, en fait ne représentent
rien, toutes proportions gardées, si on les compare à ceux perpétrés par les marines Américains au Vietnam, en Irak, ou, en ce moment même, en Afghanistan et aussi les horribles
massacres de civils palestiniens commis lâchement par les bombardements presque quotidiens de l’aviation israélienne.
Il y a un an, quand la Cpi avait lancé son premier mandat d’arrêt contre le chef de l’Etat Soudanais, on avait entendu le
Président Abdoulaye Wade s’émouvoir de cette décision à tout le moins arbitraire, et se demander –d’ailleurs à raison – si la Cpi ne serait rien d’autre qu’une institution
uniquement réservée aux nègres, alors que son homologue tchadien, Idriss Deby – actuel ami de El Béchir – en était favorable et s’en était même farouchement
opposé à une résolution adoptée par l'Union africaine (UA).
Deby est victime de sa propre incohérence politique -
selon une source proche du Palais Rose, il aurait invité le président soudanais Omar el-Béchir pour participer à la 12ème session ordinaire de la Conférence des Leaders et Chefs d'Etat de la
communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) qui se tiendra cette semaine du 22 au 23 juillet dans la capitale
tchadienne.
Omar el-Béchir sous mandat d'arrêt pour génocide de la CPI, prendrait-il le risque de se rendre au Tchad, pays signataire du Traité
de Rome
où
la France dispose d’une
importante base militaire,
rempart du régime MPS?
Des nègres comme Jean Pierre Bemba, Germain Katanga, Mathieu
Ngudjolo Chui, Bosco Ntanganda, ou encore Thomas Lubango Dyilo qui, sans être des saints, ont été inculpés par la Cpi, arrêtés – ou se sont volontairement rendus – et sont incarcérés depuis plus
de quatre ans pour certains, mais demeurent en attente d’un jugement qui semble prendre tout son temps.
Et parlant justement de jugement qui semble n’en faire qu’à
sa guise, le cas de Thomas Lubango donne à l’opinion Africaine l’occasion de se faire sa petite religion au sujet de cette Cpi dont les desseins semblent être comme ceux divins, c’est à dire
impénétrables : Le Congolais Thomas Lubango Dyilo, qui est accusé d’avoir commis, en tant que coauteur, des crimes de guerre pour avoir procédé à l’enrôlement et la conscription
d’enfants âgés de moins de 15 ans dans les rangs des Forces patriotiques pour la libération du Congo et les avoir fait participer activement à des hostilités en Ituri, un district de la Province
orientale de la République démocratique du Congo, entre septembre 2002 et août 2003 est incarcéré à La Haye.
Mais voilà : la Chambre de première instance I de la
Cour pénale internationale (CPI) a décidé, le 12 Juillet dernier, la mise en liberté de ce prévenu, les juges ayant considéré qu’un accusé ne peut être maintenu en détention préventive sur
la base d’une spéculation sur une éventuelle reprise des procédures.
En effet, la Chambre de première instance I avait imposé la suspension du procès au constat que l’équité des
procédures à l’encontre de l’accusé n’était plus garantie, du fait du non respect par l’Accusation des ordonnances émises par la Chambre.
En fait, la Chambre avait ordonné au
Bureau du Procureur Luis Moreno O Campo de divulguer confidentiellement à la Défense l’identité complète de l’un des accusateurs de Lubango, jusqu’ici seulement identifié sous le
numéro 143 ainsi que d’autres informations sur son identité.
Face au refus du Procureur, la Cpi s’est vue obligée de
prononcer la remise en liberté de Thomas Lubango, contre laquelle, très vite, le sieur Ocampo a relevé appel, et bien évidemment, le prévenu demeure en prison.
Mais ce que beaucoup ne veulent pas imaginer, c’est ce qui
pourrait bien arriver au Soudan au cas où – comme a osé le dire la France – qui n’a pas beaucoup de leçons à donner en matière de crimes de guerre – Omar el Béchir était arrêté un de ces
jours, ou… se rendrait volontairement devant la Cpi : Il serait immédiatement mis en prison. Mais que deviendra alors le Soudan ? Un autre Irak tout
simplement !
Un pays où s’installera l’anarchie et toutes sortes de
dérives qui feront regretter Omar el Béchir, comme c’est le cas aujourd’hui en Irak où, par la faute des américains - qui, louchant sur les puits de pétrole – n’ont eu aucune vergogne à
inventer de toutes pièces une grossière histoire d’armes de destruction massives pour livrer la guerre à l’Irak, tuer des milliers d’irakiens au passage, et installer une anarchie qui –
jusqu’aujourd’hui - n’a pas arrêté de multiplier les morts et les irrédentismes.
Mais poussons le raisonnement encore un peu plus loin :
Supposons qu’au bout de deux ou trois ans de détention, Omar el Béchir est libéré, lavé de tout soupçon.
Pourra –t- il aller reprendre son pouvoir à
Khartoum ?
Ce qui, en tout cas, est le plus ridicule avec cette Cour
Pénale qui n’a encore aucune autorité internationale, c’est qu’elle ne semble toujours aucunement concernée par les crimes de guerre et autres massacres commis chaque jour sous la
réprobation internationale par Israël contre les Palestiniens. Comme si les actes criminels de l’Etat Hébreu sont au dessus de toute juridiction.
Mais face à ceux-ci, et malgré leur atrocité, jamais la Cpi
n’a encore envisagé de lancer un mandat d’arrêt international contre un chef d’Etat en exercice.
Mais elle a le culot de le faire à l’encontre de celui du
Soudan. Pour la seule raison qu’il est un nègre !
Et l’on pourrait – à l’envi – citer pas mal d’autres
cas de crimes commis en ce moment même par bon nombre d’Etats membres influents du Conseil de Sécurité, mais qui, parce que non signataires du traité de Rome, ne sont pas opposables aux
poursuites de la Cpi.
Mais à bien voir : comme Israël, les Etats-Unis, la
Chine et quelques autres puissances occidentales et orientales, le Soudan n’a pas ratifié le Traité de Rome reconnaissant l’autorité de la Cpi. De quoi parle – t-on
alors ?
Par A.K | Ndjamena-matin