Mardi 22 novembre 2011
2
22
/11
/Nov
/2011
23:50
Au plus fort du conflit Libyen, beaucoup d’observateurs avaient longtemps pensé que le
régime du « Roi des rois » ne tomberait pas facilement compte tenu du nombre important d’enfants du guide qui, depuis de longues années, s’étaient sans cesse impliqués dans le
fonctionnement d’un système personnalisé. Des enfants dont beaucoup étaient convaincus qu’ils se battraient jusqu’au dernier. Hélas, après la mort du colonel
Kadhafi le 20 Octobre 2011, tout s’est écroulé comme un château de cartes, et les « Kadhafils » qui, hier étaient des princes arrogants et omnipuissants se sont égaillés dans
la nature.
S’il fallait se
fier à l’engagement de Seïf el Islam au moment où ceux qui n’étaient encore que des « insurgés » avaient osé braver l’ordre établi depuis 41 ans par son
père, beaucoup s‘attendaient à ce que, outre les « rivières de sang » qu’il avait annoncées, le plus retors de la fratrie Kadhafi donnerait du fil à retordre à la révolution.
Las ! Il est lui-même tombé comme une mangue mûre entre les mains d’une patrouille de routine du CNT aux
premières heures du samedi 19 Novembre – près d’un mois après la mort de son père – alors qu’il tentait de s’infiltrer au Niger.
Mais que sont donc devenus ses autres frères et sœurs ?
Mouammar Kadhafi a donné la vie à neuf enfants (dont une fille adoptive) issus de deux mariages différents.
Avec Fatiha al-Nuri sa première épouse - dont il a divorcé
en 1970 - il n’a eu qu’un seul fils :Mohamed Mouammar Kadhafi, né en 1970. Fils unique du premier mariage, Il a hérité du prénom de son père. Il a été président de l'organisme libyen des télécommunications et
du Comité olympique national libyen. On dit de lui qu’il était assez discret, mais il se raconte aussi une histoire qui, mêlant folie fratricide et football, l’avait opposé
à son frère Saadi. En juillet 1996 à Tripoli, son équipe de football avait battu celle de Saadi, un de ses demi-frères. Celui-ci avait mal accepté la défaite. Les gardes du corps respectifs des
deux fils Kadhafi avaient dégainé leurs flingues, échangeant des coups de pistolets en plein stade. Bilan: une trentaine de morts, dont l'arbitre. On a appris par la suite que si les choses
avaient viré au vinaigre, c’est parce que Saadi avait tenté d’obliger l'arbitre à accorder un but contesté afin que son équipe puisse remporter la partie. Plus de 30 personnes sont mortes au
cours des émeutes qui ont suivi.
L’aîné de la fratrie Kadhafi avait pris la poudre d’escampette quand les choses ont commencé à se gâter. Il
vit réfugié en Algérie depuis le 29 août
2011.
Avec Safia Farkash - épousée en 1970 - et
dont la sœur deviendra l’épouse d’Abdallah Senoussi, il
a eu sept enfants. Il faut noter que la deuxième épouse du ci - devant guide Libyen vit également réfugiée en Algérie depuis le 29 août 2011. De celle –ci, il a
eu :
Seïf al-Islam Kadhafi (Seïf al-Islam signifie « sabre de l'Islam »), né le 25 juin 1972 : architecte-urbaniste de profession, il se sera le plus impliqué sur le plan politique. Il est
surtout connu pour son rôle dans l'indemnisation des familles des victimes de l'attentat de Lockerbie et du DC-10 d'UTA abattu par des terroristes Libyens en 1989. Cumulativement à sa fonction de
conseiller spécial de son père, il a dirigé laFondation internationale Kadhafi pour la charité et le développement (FKD). Le 20 octobre, 2011, peu après la mort de son père, un ministre du CNT avait annoncé que Seïf al-Islam
Kadhafi avait été blessé, capturé, et détenu dans un hôpital ; mais le lendemain, la nouvelle a circulé que le fils du dictateur était en fuite vers leNiger. C’est dans cette cavale qu’il a finalement été arrêté par le gouvernement libyen
le19 novembre 2011
Saadi Kadhafi, né
le 25 mai 1973 : C’est le footballeur de la fratrie. Même si ce titre n'est pas exactement mérité. Il a débuté sa carrière de joueur de football en
Libye. Par la suite il a été propulsé cumulativement : président de la fédération libyenne de football, capitaine de la sélection et président du club Al
Ittihad. La chronique de RFI raconte qu’il avait fait venir à Tripoli deux anciennes vedettes du sport reléguées, à cette époque, au ban des stades : Ben Johnson et Diego
Maradona afin que ceux-ci lui donnent des cours particulier. Convaincu qu’un grand destin de goléador l’attend ait en Europe, il s’est envolé quelques temps plus tard en Italie
où son père lui avait offert des parts dans la Juventus de Turin afin qu'il siège au conseil d'administration. Et d’où, encore grâce à la fortune familiale, il a pu
se payer le luxe d’évoluer dans le club de Pérouse comme attaquant. Club dans lequel sa carrière se serait limitée à... 15 minutes passées sur le terrain en une saison ! Des chroniqueurs
sportifs de renom affirment qu'il a seulement "figuré deux fois sur la liste des remplaçants. La deuxième, il s'est fait pincer" pour dopage à la nandrolone ».
Actionnaire de la Juventus, il avait en tout cas réussi en
2002 à faire jouer la Super
coupe d'Italie à Tripoli(capitale de la Libye). Par la suite, on affirme qu’il est entré dans l'armée avec le grade de colonel, et même qu’il y
aurait, par la suite, dirigé une unité d'élite.
Il est, depuis septembre 2011, réfugié au Niger qui lui a accordé l'asile.
Muatassim Billah Kadhafi (1975-2011) : colonel de l'armée, il a présidé en 2007 le conseil de sécurité nationale duquel il aura été écarté deux ans plus tard, pour y faire
un spectaculaire come back en tant que conseiller en 2010. Ce qu’on sait, c’est qu’il est resté aux côtés de son père jusqu’au bout. Le20 octobre 2011, son cadavre est retrouvé à Syrte, mais les circonstances de sa mort demeurent jusqu’à ce jour floues. Certaines langues ayant
argué qu'il aurait été capturé vivant, puis abattu comme un chien. La famille a demandé une enquête.
Hannibal Kadhafi, né en 1976, médecin et militaire de formation, C'est sans doute celui dont les frasques ont le plus alimenté la presse européenne. Il adorait rouler à 140 km/h
sur les Champs-Elysées, à contresens de la circulation dans sa magnifique Porsche, à 2 heures du matin. Traqué par la police en pleine nuit, en Septembre 2004, et
passablement saoul, il avait explique aux forces de l'ordre que des gardes du corps le suivaient de trop près, et qu'il voulait les semer. Une bagarre s’en est
suit
vie, et un policier aura été victime de graves blessures. Le fils Kadhafi se réfugiera à l'ambassade de Libye
et repartira pour Tripoli quelques heures plus tard. Un an plus tard, Hannibal Kadhafi sera condamné à Paris pour avoir sauvagement battu sa compagne
enceinte.
Mais le même Hannibal aura défrayé la chronique mondiale des faits divers des people en provoquant une
homérique brouille diplomatique entre la Libye et
la Suisse. C’était en juillet 2008: Hannibal et sa femme avaient été inculpés à
Genève pour avoir maltraité des domestiques. Pour Tripoli, cette condamnation pour sévices et cruauté mentale n’était rien d’autre qu’un crime de
lèse-majesté!
En représailles, , les autorités libyennes arrêtent deux citoyens helvétiques à tripoli qui seront détenus dans les geôles libyennes
pendant un an.
A l’heure qu’il est, Hannibal Kadhafi vit à côté de sa mère et de ses frères réfugié en Algérie depuis le 29 Août
2011.
Aïcha Kadhafi : Unique fille biologique du colonel, née en 1976, elle est avocate et a présidé jusu’ à la chute du régime de son père la fondation caritative Waatassimou.
Surnommée « la Claudia
Schiffer du désert » dans la presse italienne, des journalistes ont révélé qu’elle serait tombée évanouie au spectacle – qu’elle a vécu en direct
à la télévision - de son père molesté et abattu par les combattants du CNT. Elle est aussi réfugiée en Algérie depuis le 29 août 2011.
Saïf al-Arab
Kadhafi (Saïf al-Arab signifie « sabre des Arabes »), 29 ans, C’était l’avant dernier
qui n’a véritablement pas fait parler de lui à l’image de ses frères. On dit qu’il aurait été tué à Tripoli le soir du 30 avril 2011, en même temps que plusieurs proches et
membres de la famille, après un raid de l'OTAN ; information toutefois démentie par Silvio Berlusconi en personne.
Khamis Kadhafi (1983-2011), le dernier de la fratrie. Il a commandé une unité des forces spéciales. Il a aussi trouvé la mort au cours d’un raid contre les forces du
CNT à Tarhouna, fin Août 2011, et enterré sur
place.
Hannah Kadhafi : née le 11 novembre 1985. C’est elle qui a été présentée à l’opinion mondiale comme la fameuse fille adoptive du colonel Kadhafi, prétendument tuée à
l'âge de deux ans au cours du raid américain nommé opération El Dorado Canyon contre Tripoli et
Benghazi en représailles à l'attentat perpétré dans une boîte de nuit de Berlin fréquentée par des militaires américains, et qui avait coûté la vie à une femme de
nationalité turque et à deux soldats américains. Aucun journaliste n'avait jamais entendu parler de Hannah avant ce bombardement. Cependant, au mois d'Août 2011, le quotidien
allemand Die Welt avait révélé dans un article
repris en anglais par Worldcrunch que Hannah Kadhafi n(aurait pas été tuée et serait en fait toujours vivante. Et que, âgée aujourd’hui
d'une vingtaine d'années, la jeune fille aurait passé quelques années à Londres, puis fait des étudies à la faculté de médecine de Tripoli. Devenue médecin, elle aurait
occupé avant la révolution un poste au ministère de la Santé dans la capitale libyenne.
Voilà donc ce qu’il reste aujourd’hui de la progéniture du « grand Roi des rois
d’Afrique» qui, jusqu’au mois de février 2011, n’aurait jamais pu imaginer – même dans le pire des cauchemars – que son destin collectif pourrait basculer en quelques mois au point
de réduire les uns à être tués, les autres à vivre dans la clandestinité - comme … des rats - avec en prime la peur d’être tué au premier
carrefour.
Ils avaient eu droit à tous les honneurs. Ils avaient eu le droit de vie et de mort sur tous les libyens – et surtout sur leurs
domestiques - parce que Papa était au pouvoir. Ils avaient tout à leurs pieds et à portée de leurs caprices. Tout leur était offert d’un simple claquement des doigts. Ils avaient même fini par se
convaincre qu’ils étaient des demi-dieux parce que leur père était dieu. Que reste-t-il aujourd’hui de leur puissance d’hier ? Pas grand-chose. Peut-être se contenteront-ils de
faire figure de dérisoire et triste illustration vivante de la conséquence de l’exercice du pouvoir absolu qui rend absolument fou, mais qui finit un jour par se retourner contre tous
ceux qui l’ont exercé sans modération.