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Progressivement, on évolue vers l’épilogue de l’affaire des vrais-faux dinars de Bahreïn avec les réquisitions déclamées à la va vite le 24 novembre dernier, devant le tribunal correctionnel de
Paris par le Ministère Public Français qui a mollement demandé quelques peines de prison contre des acteurs périphériques de cette scabreuse affaire.
Mais en attendant que le juge vide le délibéré après les plaidoiries de la défense qui auront lieu ce mercredi 02 décembre, on a compris depuis longtemps que la justice française aura tout fait pour que la vérité n’éclate pas au grand jour, se contentant, au nom du "diplomatiquement correct", à flageller de minables lampistes de l’affaire tandis que les vrais coupables sont ignorés, à la limite protégés. Avec au premier banc Idriss Deby Itno, pourtant l’un des « chefs bandits » de ce mauvais film qui a été tourné entre le Tchad, le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Argentine, la France.-
En effet, avec toute la médiatisation dont elle est l’objet depuis six ans, nul n’ignore plus le rôle joué dans l’opération de contrefaçon, aux ramifications internationales, dite "affaire des vrais-faux dinars de Bahreïn", par le très affairiste et affairé président Idriss Deby Itno, notre ubuesque potentat tchadien, constamment impliqué dans de sales affaires, qui, dans ce cadre précis, n’avait pas n’hésité à patauger dans les eaux fangeuses de la falsification des devises ou du trafic de stupéfiants.
Or s’il est une curiosité dans cette affaire, c’est le fait que, nonobstant que l’enquête ait indubitablement établi que Deby aura été le cerveau - ou l’un des cerveaux - de ce gang de contrefacteurs, son commissionnaire de l’époque – émargeant comme conseiller spécial à la Présidence de la République du Tchad - Hassan Fadoul avait reconnu le fait, et précisé dans des interviews dans des journaux internationaux que le chef de l’Etat Tchadien en était le principal commanditaire :
« Ce problème de faux dinars c’est lui (Idriss Deby, ndlr) qui l’a dirigé », dénonçait-t-il en 2001, après que Deby eut déclaré dans les colonnes d’un journal français ne rien savoir de cette affaire.
Et monsieur Fadoul de préciser : « Dès ma nomination – comme conseiller spécial à la Présidence de la République
du Tchad - il m'a chargé d'effectuer un déplacement en Argentine pour ladite affaire. Évidemment je m’y étais rendu, et dès que j'étais rassuré de la possibilité, j'étais venu rendre compte au
président. Il s'agit, en effet, d'un groupe d'individus auxquels nous avions demandé de nous "frapper" la monnaie de Bahreïn, moyennant une somme de 2.000.000 de dollars US. Avec l'avion du
président, je me suis rendu à Johannesburg pour remettre la dite somme aux intéressés. Mais quelques temps après, ils nous ont envoyé un message nous signifiant que le coût du transport estimé à
300.000 dollars sera à notre charge. J'ai transporté cette fois-ci encore l'argent pour le remettre à M. Louan Bacquis représentant de l'entreprise CHYCON en Afrique. C'est ainsi que trois(3)
cargaisons - de livraison de faux billets - ont été aussitôt programmées. Une fois avisés de la date de la remise des billets falsifiés, nous avons pris nos dispositions. La 1ère
rotation avait été interceptée, et a atterri à, Niamey. Au niveau du Tchad, nous avons reçu les 2ème et 3ème rotations. De ce qui nous a été livré, 2.800.000 dollars ont été
échangés à Kano. Chaque carton représentant 1 milliard 2000 dinar Bahreïni.
Un chèque de 4.000.000 $ libellés
au nom du président Idriss Deby nous avait été remis par un spécialiste des changes. Nous avons remis le chèque à Idriss Deby, qui, alors, l’avait déposé à la BDT. Avant que l'argent
n'arrive, nous avons retiré 1.000.000.000 de FCFA, mais il s'est avéré après, que le chèque était sans provision. Depuis lors, le président Déby m'a dit que les gens nous ont suivis, et il
fallait donc prendre des dispositions au niveau du cabinet jusqu'à ce qu'on trouve une solution… »
Ces aveux et bien d’autres, auraient pourtant pu suffire à faire inculper le président tchadien depuis 2001, et au moins parce qu’il est avéré que les autres protagonistes ne sont que des exécutants.
« On a eu à décharger ladite monnaie dans la chambre de son jardin, là où il a logé Nwamba. Il lui a délivré un passeport diplomatique. En voyant l’argent, Déby ne s’est pas contenu, il allait devenir fou. C’est pourquoi, il a téléphoné partout à ses amis tels que Brahim Maïnassara (ex-président du Niger), qui a eu à intercepter la 1ère cargaison pour son compte. »
Hassan Fadoul qui avait fait ces déclarations il y a une demi-douzaine d’années, précisément à un moment où il était en exil, et qui avait à un certain moment demandé itérativement et en vain d’ailleurs à la justice française de le laisser venir témoigner devant elle, vient de voir le procureur requérir 5 ans de prison contre lui, sur la base de ses propres aveux. Des aveux dont la quintessence se résume au rôle majeur du président Deby Itno.
Mais, ironie du sort, entre le moment où le conseiller en disgrâce Fadoul faisait ces incendiaires aveux et aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé sous le fleuve Chari.
Il est peu probable que Hassan Fadoul aille aujourd’hui, gaillardement devant la justice Française redire ce qu’il aboyait sans arrêt au moment où il exigeait de se faire entendre.
Encore que, beaucoup l’ont certainement oublié, au moment où Fadoul demandait furieusement le visa d’entrée en France pour aller témoigner devant le Tribunal, jamais les autorités françaises n’avaient consenti à lui accorder un visa d’entrée en France.
Alors où est la justice, et est-ce ainsi que la justice devrait se pratiquer ?
Beaucoup croient que non et concluront sans efforts que les relations coupables entre la France et certains régimes impopulaires d’Afrique vont faire autant de mal à la France elle-même qu’aux pays africains.
Mais avec l’affaire des vrais- faux billets de Bahreïn, le mur du son a été pulvérisé par cette « douce France » qui - décidément – prouve plus que jamais qu’elle serait capable de tout, au nom du diplomatiquement correct. Même à fermer les yeux sur la plus grossière affaire de fausse monnaie de ce début de troisième millénaire.
Pourtant, soyons sérieux, est-il politiquement correct de le faire, au risque de laisser en rase campagne judiciaire un Etat souverain qui a carrément frôlé
la cessation de paiement à cause de la gloutonnerie d’un potentat nègre avide de sang et de fric. A suivre.
Mais une chose est également certaine, quoique la présidente de la 11ème chambre correctionnelle du tribunal de Paris estime que plusieurs personnes sur le continent africain peuvent
s’appeler Idriss Deby, pour expliquer le fait que ni la cour ni le parquet n’aient jamais pensé à faire comparaître le N°1 tchadien, l’opinion nationale tchadienne et l’opinion internationale
savent au moins que l’homme qui dirige le Tchad est un desperado en col blanc qui mériterait qu’un de ces jours, comme il en arrive dans la vie de tous les malfaiteurs, on lui mette le grappin
dessus et l’expédie là où doivent se trouver tous ceux de son engeance : un centre de détention ! Car à dire vrai, c’est Idriss Deby qui était derrière !
Par A.K | Ndjamena-matin
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Proverbes africains - Source: Afrik
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