Lundi 11 janvier 2010
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Selon toutes les apparences, le processus de normalisation des relations entre le Tchad et le Soudan serait en très bonne voie. Mais la réalité pourrait se situer aux antipodes de cette
éventualité. Et, bien évidemment à cause de la duperie de Deby.

Une délégation soudanaise conduite par Ghazi Salahadine
reçue par Deby le 08 janvier 2010 au Palais Rose (Photo : Prtch)
Officiellement, tout laisse croire que la multiplication des missions de conciliation expédiées de part et d’autre du Tchad et du Soudan depuis plusieurs
semaines en vue de l’arrêt des soutiens des rebellions devrait aboutir à une situation de fin de belligérances au niveau des frontières de ces deux pays.
Et si l’on s’en tient à l’esprit de ces rencontres soutenues par une médiatisation plutôt grinçante, le Tchad et le Soudan seraient en train de s’engager
définitivement à cesser tout soutien aux mouvements de rebellions des uns contre les autres. Mais il ne serait pas bête de se demander si cette nouvelle option relationnelle entre Khartoum et
N’djamena pourrait aller jusqu’au bout sans arrières pensées et sans la moindre velléité de coup de poignard sur le contrat.
En effet, les observateurs les moins sceptiques se refusent obstinément d’être affirmatifs sur ce point.
Déjà, au sortir de la très récente concertation – au Palais Rose – le samedi 09 Janvier dernier entre la délégation Soudanaise et les autorités Tchadiennes, de
sourdes confidences ont, sans ambages, fait état du mécontentement vertement manifesté par la délégation Soudanaise qui a affirmé avoir été froissée par la condescendance et le peu de civilité de
leurs interlocuteurs Tchadiens.
En tout cas, il se dit – sans que cela soit réellement confirmé – que les autorités Tchadiennes auraient envoyé une délégation ministérielle à l’Est du Tchad
rencontrer Khalil Ibrahim, chef de la principale rébellion contre le régime soudanais, pour lui signifier de quitter sans délai
l’Est du Tchad. Mais des langues indiscrètes, et en tout cas très proches de l’état major de la soldatesque du tyran de N’djamena, soutiennent que Deby
n’acceptera jamais de virer sans ménagement ce chef rebelle, grand soutien de la meute de soudards qui lui tient lieu d’armée.
Et comme pour corroborer toutes ces appréhensions, pour mémoire, que tous les éléments rebelles du MJE de Khalil Ibrahim s’étaient fondues de façon quasi
automatique dans l’Armée Debyenne depuis plusieurs années dont ils portent en tout cas les uniformes depuis longtemps, avec en plus l’autre avantage d’en posséder des cartes d’identité
tchadienne.
Conséquence : Voilà des rebelles soudanais qui, plutôt que d’aller se repositionner ailleurs se sont dilués dans les forces « régulières » du
Tchad - autrement dit dans la milice de Deby, multipliant ainsi leur capacité de nuisance contre le régime d’Omar El Béchir.
Mais la dernière nouvelle qui n’en finit pas de donner la danse de St Guy aux diplomatiques qui avaient trop vite fait preuve d’optimisme quant à une
éventuelle bonne foi de Deby est bien cette annonce selon laquelle deux colonnes du MJE de Khalil Ibrahim auraient pénétré dans le territoire Soudanais depuis 72 heures.
Selon des sources présentes dans la zone de l’Est du Tchad, les rebelles du MJE auraient pénétré dans le territoire Soudanais sur deux voies : Une
première colonne serait entrée par DJABAL MOUN, et la deuxième par WADI HAWAR en direction du nord Darfour. Et selon d’autres sources non vérifiée, une troisième serait entrée entre Hadjer
Marfaïne et Sarfa Djidad à environ une vingtaine de km au nord-ouest d’El Geneina.
Et du coup, de lancinantes interrogations se sont imposées d’elles mêmes :
-
Les troupes rebelles du
MJE auraient-elles franchi la frontière Tchado-Soudanaises sur ordres de Deby
à la recherche des bases de l’UFR qu’il pense positionnées dans les environs de Djabal Moun ?
-
Ces rebelles Soudanais – bien que vêtus des treillis Tchadiens auraient-ils décidé d’aller s’installer définitivement au Soudan, dans l’intention de ne plus en sortir ?
-
Khalil et ses troupes auraient-ils décidé d’aller d’abord se cacher au Soudan afin d’être invisibles au cas où le Soudan commanditerait des commissions de vérification de leur absence sur le sol
Tchadien ?
Quoi qu’il en soit, beaucoup d’observateurs demeurent noyés dans un scepticisme abyssal, car ils subodorent que jamais Idriss Deby n’acceptera de se défaire
d’un allié aussi fidèle que le MJE.
De là à conclure que l’actuel ballet diplomatique soudano-Tchadien n’est rien d’autre pour Deby qu’une cynique valse pour laquelle il trouve un malin plaisir à
faire deux pas en avant…et trois en arrière, il n’y a qu’un saut de puce que même un enfant de trois franchira. Sinon comment comprendre ces indécents mamours entre le régime Debyesque et les
rebelles soudanais qui se permettent tout – et le reste – au Tchad ?
Par D.D | Ndjamena-matin