Samedi 26 septembre 2009
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Suite aux révélations de la presse nationale et internationale à propos des détournements de fonds, des faux en écritures et des pratiques de mauvaise gouvernance au sein de la Banque des
Etats de l’Afrique Centrale, l’actuel gouverneur de l’institution sous-régionale, le gabonais Philibert Andzembe, a fait le point mardi dernier dans les colonnes du quotidien gouvernemental
Cameroon Tribune du mardi 22 Septembre 2009.
Philibert Andzembe (Photo:Koaci.com)
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le gouverneur n’a pas nié les faits. Il a toutefois adopté une posture défensive qui indique bien qu’il se trouve dans l’embarras. Il a reconnu qu’ « un
écart de trésorerie de 15 milliards de Francs Cfa environ a été constaté (au 31 Décembre 2007), entre les écritures inscrites dans les livres du Bureau Extérieur de la BEAC à Paris et le relevé
bancaire fourni par la Société Générale de Paris où est logé le compte du Bureau Extérieur ». Ces précisions faites, le gouverneur s’est défendu des accusations de laxisme portées contre lui. Il a
même indiqué qu’il joue un rôle actif dans le sens de traquer les responsables de ces « écarts de trésorerie ». « Une fois que les faits ont été portés à mon attention peu après ma prise de
fonction en juillet 2007 et dans un souci de transparence bien compris, j’ai immédiatement pris les mesures qui s’imposaient et que tout manager soucieux de transparence aurait dû prendre pour
faire toute la lumière sur la situation de comptes du Bureau Extérieur de Paris » a-t-il affirmé. Il cite en effet comme mesures : la saisine des organes de contrôle de la BEAC, la commission d’un
cabinet d’audit français pour auditer les comptes du Bureau Extérieur de Paris, la saisine des autorités judiciaires, notamment par plaintes pénales, oppositions diverses. Le gouverneur affirme en
outre qu’il a pris des « mesures conservatoires visant à stopper cette dynamique qui saignait les ressources de la BEAC ». Il déclare avoir pris des mesures fortes comme la nomination d’un nouveau
responsable du Bureau Extérieur de Paris en Juillet 2008, la mise en place d’une commission ad hoc pour bien cerner les écarts de trésorerie, l’audit du compte du Bureau Extérieur ouvert auprès de
la Société Générale au cabinet d’audit Mazars qui « découvre en fait un vaste réseau de détournements au préjudice de la BEAC utilisant plusieurs procédés, y compris la falsification de relevés
bancaires et de chèques ».
Selon les propos du gouverneur, deux plaintes pénales ont été déposées à Paris pour les détournements et prélèvements frauduleux au préjudice de la BEAC sur les comptes Société Générale et BNP
Paribas. Le gouverneur annonce aussi qu’il a suspendu les contrats « de plusieurs personnes en poste au Bureau Extérieur de Paris au moment des faits ». Revenant sur le placement des fonds qui
avaient causé des dommages financiers énormes à la banque, le gouverneur a expliqué que cette situation était imputable à la conjoncture internationale. « La mondialisation de l’économie est une
réalité qui se traduit malheureusement par le fait que les crises s’exportent à une vitesse vertigineuse…force est de constater qu’au plus fort de la plus grande crise économique et financière
mondiale de ces soixante dernières années, des pertes de cette nature ont été nombreuses à travers le monde et se sont parfois malheureusement répercutées sur des placements même les plus sûrs
».
Enfin le gouverneur se dit choqué par le fait que, déclaration implicite, ce soit les gabonais, « seuls des représentants d’un Etat » selon ses termes, « sont indexés dans divers articles de
journaux ». Il ne s’imagine pas le « consensus de Fort-Lamy » soit remis en cause, consensus qui attribue le siège de la BEAC au Cameroun et le poste de gouverneur au Gabon.
En tout cas, ce consensus, s’il venait à voler en éclat, pourrait le débarquer du gouvernorat de l’institution. Il n’y pense donc pas et préfère même projeter des réformes qu’il entend mener à la
BEAC avec en première ligne, la mise en place d’un « dispositif de bonne gouvernance…en phase de finalisation : codes d’Ethique,,de Déontologie et des Marchés ». Et cela, passera, conclue t-il par
« des actions judiciaires vis-à-vis des personnes physiques et morales impliquées » dans les récents scandales qui n’ont pas encore révélé toute leur profondeur.
Au total, en affirmant que la BEAC « est même plutôt bien gouvernée », le gouverneur Philibert Andzembe a donné sa propre interprétation de l’actualité au sein de cette institution qui, quoique
l’on dise, émet des signaux évidents de morbidité sinon de crise.
Source: Koaci