Plusieurs voix se sont élevées jeudi pour contester les résultats officiels de l'élection présidentielle du 12 juillet au Congo, remportée par Denis Sassou Nguesso, relançant la polémique sur
le taux de participation.
Selon le ministère de l'Administration du territoire, le président sortant Sassou Nguesso a obtenu 1.055.117 des 1.342.242 suffrages valablement exprimés (78,61%) alors que le taux de
participation a été de 66,42%.
Ces chiffres sont "totalement faux", a estimé le candidat Guy Romain Kinfoussia, président du Front uni des partis de l'opposition (Fupo) qui avait appelé au boycott du scrutin avec cinq autres
postulants. "Ils proviennent d'une manipulation post-électorale", a-t-il assuré, parlant de "machine à tricher"
"Je ne reconnais pas les résultats de cette élection", a aussi déclaré Michel Marion Mandzimba Ehouango, un candidat indépendant ayant appelé au boycott.
La polémique autour du taux de participation était née dès la fermeture des bureaux de vote le 12 juillet, les opposants annonçant une "abstention record" à "plus de 90%" et les autorités un
"vote massif". Elle a de nouveau cours.
Le taux officiel de participation est "exagéré" pour l'Observatoire congolais des droits de l'Homme (OCDH). Il est de 20% au maximum, estime cette ONG qui avait déployé 47 observateurs pour
superviser le scrutin.
Le chiffre du gouvernement est "totalement irréaliste. Je n'y crois pas du tout", a aussi estimé sous couvert d'anonymat un membre d'une des deux missions africaines qui ont observé le vote.
"Nous étions sur le terrain et nous avons bien vu comment les choses se sont passées", a expliqué ce responsable. "A Dolisie (ouest, troisième ville du pays), par exemple, un électeur sur huit
a voté, selon ce que nous avons observé".
Cette abstention pose "le problème de la légitimité de l'élu", le président sortant Denis Sassou Nguesso, a souligné le directeur exécutif de l'OCDH, Roger Bouka Owoko.
Le porte-parole du gouvernement, Alain Akouala Atipault, a balayé toutes ces accusations, affirmant que "les résultats publiés sont bien sûr sortis des urnes".
"C'est une victoire claire et limpide pour le président Denis Sassou Nguesso", s'est-il félicité.
Un candidat indépendant ayant appelé au vote, Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, a pour sa part indiqué se soumettre "aux résultats", même s'il y a eu "peut-être beaucoup de manquements", saluant
l'absence de violences pendant le déroulement du scrutin.
Il a aussi évoqué le problème de "l'abstention". "Tout le monde en parle", a-t-il souligné, expliquant qu'elle "peut se justifier par le fait qu'il y a eu un appel au boycott. (...) Il y a
aussi des citoyens qui ne s'intéressent plus au vote".
Un responsable du pouvoir à Brazzaville a émis des doutes sur les résultats, dans un entretien avec l'AFP sous couvert d'anonymat, soulignant que "la crédibilité du nouvel élu" dépendait de la
participation.
L'abstention est-elle le résultat de l'appel au boycott de certains candidats, de "manquements sur le plan administratif" qui ont empêché les électeurs de voter ou de l'absence de leaders de
grande envergure pour affronter M. Sassou Nguesso ?, s'est-il interrogé, reconnaissant implicitement son importance.
"Nous nous réservons désormais le droit de porter le contentieux à la Cour constitutionnelle", a indiqué M. Mandzimba Ehouango, tout en regrettant que cette institution soit "aussi aux ordres
du pouvoir".
Source:AFP
Il est plus qu'important de garder ces données en mémoire afin de ne pas perdre de vue l'objectif premier de la démocratie congolaise pour les mois a venir: Invalider cette élection, restaurer la démocratie congolaise en organisant une vrai élection présidentielle conforme a la constitution. Car, quoique disent les discours officiels, selon la constitution, le Congo est en vacance du pouvoir depuis mars 2009. La est le vrai débat!