Parce que l’offensive des forces de l’UFR sur N’djamena n’est plus qu’une question de semaines, il est clair que sur les bords du Chari – et plus précisément dans l’entourage de
Idriss Deby – la panique se conjugue à tous les temps et sur tous les modes.
En effet, si beaucoup de troufions de ce qui tient lieu d’armée présumée fidèle au pouvoir s’engage depuis
plusieurs semaines à … la préparation sournoise de petites désertions que rien n’a jamais pu empêcher, ils sont également légion, ces autres hommes de main et apparatchiks du pouvoir en place au
Tchad qui se demandent sérieusement – comme à chaque fois que les forces de la résistance passent à l’offensive – à quoi leur servirait de risquer leur vie, une fois de plus et peut être une fois
de trop, pour un régime, de toutes façons, condamné à tomber et à connaître une débandade inéluctable.
Car à chaque fois que les forces de la résistance militaire sont montées à
l’assaut du pouvoir inique de Deby, les observateurs les plus méticuleux ont toujours noté le fait absolument constant que des centaines d’hommes en tenue parmi sa soldatesque –
militaires, gendarmes, et même policiers – se sont toujours systématiquement débarrassé de leurs armes et tenues pour foncer en quatrième vitesse à Kousseri, Maroua ou d’autres villes du Cameroun
voisin, pour ne revenir au Tchad que la bourrasque passée. Laissant ainsi ceux qui sont assez bêtes pour mourir au nom du seul maintien au pouvoir d’un autocrate sanguinaire d’aller
jusqu’au bout de leur choix.
POURQUOI MOURIR POUR
DEBY ?
Si Deby est pertinemment au courant de cet état de choses, et si
lui-même a toujours voulu faire croire qu’il n’a pas peur des batailles, la vérité est qu’il n’a jamais pu rien faire contre ce phénomène qui fait qu’en réalité il ne peut pas entièrement compter
sur des soldats qui peuvent le lâcher à tout moment, et qui l’ont souvent fait.
La plus patente illustration étant que depuis que la préparation de l’assaut des forces de l’UFR sur N’djamena a
provoqué une véritable peur panique dans les rangs de la milice présumée fidèle à Deby Itno, ce dernier – par contre – n’en finit pas de soupçonner la plupart de ses colonels et généraux contre
lesquels il ne rate pas la moindre occasion pour les culpabiliser, ou les humilier, en public.
Il n’en demeure pas moins que les populations, dans leur grande majorité, considèrent volontiers ceux
qui accepteraient encore de mourir pour Deby comme des inconscients n’ayant aucun souci de l’avenir du Tchad, ni même des Tchadiens.
Mais il n’y a pas que les hommes en tenue ou les
« grands « de la haute administration à prendre les jambes à leur cou chaque fois que les forces de la rébellion fondent sur les troupes de Deby, il y a aussi tous ces
cousins, amis, mandarins de la cour présidentielle, ainsi que cet important bataillon de profiteurs du régime, sans oublier tous ces officiers et « généraux » « en civil »qui,
peu désireux d’aller jusqu’au bout de la déchéance de leur mentor, se sont toujours empressé de mettre leurs familles et leurs grosses voitures à l’abri au Cameroun à la première alerte.
Or, depuis deux ou trois semaines – plus précisément depuis que l’imminence de
l’offensive des forces de l’UFR se fait de plus en plus précise – un vent de panique souffle très fort au dessus et sur le camp du très prochain ex dictateur : beaucoup de ses proches ont
déjà commencé à expédier épouses, enfants et parents à l’abri à Kousseri, Maroua ou Ngaoundéré.
FUITE ET DEBANDADE AUTOUR DE DEBY
Ce même souci de ne pas prendre ne fût-ce qu’une balle perdue est
de même perceptible du côté de pas mal de grands responsables de la haute administration qui, depuis au moins trois semaines, ont tout simplement emménagé à Kousseri, traversant ainsi le Logone
et le Chari deux fois par jour pour faire acte de présence au bureau, avec – bien entendu - dans la tête, comme dernière option de se planquer au Cameroun dès que les balles commenceront à
siffler.
Conséquence de cette fébrilité : les prix des
loyers ont grimpé de façon tout simplement spectaculaire tant à Kousseri, Mora, Maroua, Garoua que Ngaoundere. Ainsi une simple chambrette est allégrement passée – en moins de deux semaines -
de 7000frs à 25000frscfa, avec comme condition sine qua non le paiement de cinq à six mois d’avance !
Quant aux villas et appartements,
leurs prix de location sont tout autant passés du simple au triple, en l’espace de deux mois. Le malheur des uns au Tchad est donc en train de faire le bonheur des autres… au
Cameroun !
Il est donc de
plus en plus perceptible que peu à peu, les rats quittent le navire avant que celui- ci ne coule. Les très proches du Palais Rose, ayant retenu l’expérience vécue en février 2008, sont en pleine
planification de fuite précipitée.
Une fuite
que l’on peut facilement évaluer à tous les niveaux de l’entourage de celui qu’on ne désigne – mais pour combien de temps encore ? - que par « Monsieur Le Président
de la République , Chef de l’Etat », mais qui s’offre indubitablement comme la seule chance de survie pour tous ceux des hommes du régime actuel qui auront refusé – par
lâcheté ou par simple instinct de conservation - de faire face à l’offensive des troupes de l’UFR qui, on le pressent, sera totale.
Il restera seulement aux soldats de la MINURCAT de ne se limiter qu’à leurs missions de
protection des réfugiés du Darfour en terre Tchadienne.
De même, la France qui, jusqu’ici, a toujours pris fait et cause pour le dictateur en place à N’djamena va très
bientôt – et une fois de plus – se trouver face à ses pleines responsabilités à l’épreuve de la très imminente confrontation Tchado- Tchadienne en marge de laquelle, cela va sans dire, les
conséquences de sa nécessaire neutralité ou de son éventuelle implication devront être tirées tant par l’opinion publique Française que par l’Union Africaine.
Par D.D de Ndjamena-matin