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Mardi 7 avril 2009 2 07 /04 /2009 05:33

Parce que l’offensive des forces de l’UFR sur N’djamena n’est plus qu’une question de semaines, il est clair que sur les bords du Chari  – et plus précisément dans l’entourage de Idriss Deby – la panique se conjugue à tous les temps et sur tous les modes.

 

En effet, si  beaucoup de troufions de ce qui tient lieu d’armée présumée fidèle au pouvoir s’engage depuis plusieurs semaines à … la préparation sournoise de petites désertions que rien n’a jamais pu empêcher, ils sont également légion, ces autres hommes de main et apparatchiks du pouvoir en place au Tchad qui se demandent sérieusement – comme à chaque fois que les forces de la résistance passent à l’offensive – à quoi leur servirait de risquer leur vie, une fois de plus et peut être une fois de trop,  pour un régime, de toutes façons, condamné à tomber et à connaître une débandade inéluctable.

 

        Car à chaque fois que les forces de la résistance militaire sont montées à l’assaut du pouvoir inique de Deby, les observateurs les plus méticuleux ont toujours noté le fait absolument constant que des centaines d’hommes en tenue parmi  sa soldatesque  – militaires, gendarmes, et même policiers – se sont toujours systématiquement débarrassé de leurs armes et tenues pour foncer en quatrième vitesse à Kousseri, Maroua ou d’autres villes du Cameroun voisin, pour ne revenir au Tchad que la bourrasque passée. Laissant ainsi  ceux qui sont assez bêtes pour mourir au nom du seul maintien au pouvoir d’un autocrate sanguinaire d’aller jusqu’au bout de leur choix.

 

              POURQUOI MOURIR POUR DEBY ?

 

         Si Deby est pertinemment au courant de cet état de choses, et si lui-même a toujours voulu faire croire qu’il n’a pas peur des batailles, la vérité est qu’il n’a jamais pu rien faire contre ce phénomène qui fait qu’en réalité il ne peut pas entièrement compter sur des soldats qui peuvent le lâcher à tout moment, et qui l’ont souvent fait.

 

 

  La plus patente illustration étant que depuis que la préparation de l’assaut des forces de l’UFR sur N’djamena a provoqué une véritable peur panique dans les rangs de la milice présumée fidèle à Deby Itno, ce dernier – par contre – n’en finit pas de soupçonner la plupart de ses colonels et généraux contre lesquels il ne rate pas la moindre occasion pour les culpabiliser, ou  les humilier, en public.

 

  Il n’en demeure pas moins que les  populations, dans leur grande majorité, considèrent  volontiers ceux qui accepteraient encore de mourir pour Deby comme des inconscients n’ayant aucun souci de l’avenir du Tchad, ni même  des Tchadiens.

           Mais il n’y a pas que les hommes en tenue ou les « grands «  de la haute administration à prendre  les jambes à leur cou chaque fois que  les forces de la rébellion fondent sur les troupes de Deby, il y a aussi tous ces cousins, amis, mandarins de la cour présidentielle, ainsi que cet important bataillon de profiteurs du régime, sans oublier tous ces officiers et « généraux » « en civil »qui, peu désireux d’aller jusqu’au bout de la déchéance de leur mentor, se sont toujours empressé de mettre leurs familles et leurs grosses voitures à l’abri au Cameroun à la première alerte.

      Or, depuis deux ou trois semaines – plus précisément depuis que l’imminence de l’offensive des forces de l’UFR se fait de plus en plus précise – un vent de panique souffle très fort au dessus et sur le camp du très prochain ex dictateur : beaucoup de ses proches ont déjà commencé à expédier épouses, enfants et parents à l’abri à Kousseri, Maroua ou Ngaoundéré.

 

            FUITE ET DEBANDADE AUTOUR DE DEBY

 

          Ce même souci de ne pas prendre ne fût-ce qu’une balle perdue est de même perceptible du côté de pas mal de grands responsables de la haute administration qui, depuis au moins trois semaines, ont tout simplement emménagé à Kousseri, traversant ainsi le Logone et le Chari deux fois par jour pour faire acte de présence au bureau,  avec – bien entendu - dans la tête, comme dernière option de se planquer au Cameroun dès que les balles commenceront à siffler.

            Conséquence de cette fébrilité : les prix des loyers ont grimpé de façon tout simplement spectaculaire tant à Kousseri, Mora, Maroua, Garoua que Ngaoundere. Ainsi une simple chambrette est allégrement passée – en moins de deux semaines -  de 7000frs à 25000frscfa, avec comme condition sine qua non le paiement de cinq à six mois d’avance !

               Quant aux villas et appartements, leurs prix de location sont tout autant passés du simple au triple, en l’espace de deux mois. Le malheur des uns au Tchad est donc en train de faire le bonheur des autres… au Cameroun !

                  Il est donc de plus en plus perceptible que peu à peu, les rats quittent le navire avant que celui- ci ne coule. Les très proches du Palais Rose, ayant retenu l’expérience vécue en février 2008, sont en pleine planification de fuite précipitée.

                   Une fuite que l’on peut facilement évaluer à tous les niveaux de l’entourage  de celui qu’on ne désigne – mais pour combien de temps encore ? - que par « Monsieur  Le Président de la République , Chef de l’Etat », mais qui s’offre indubitablement comme  la seule chance de survie pour tous ceux des hommes du régime actuel qui auront refusé – par lâcheté ou par simple instinct de conservation - de faire face à l’offensive des troupes de l’UFR  qui, on le pressent, sera totale.

                       Il restera seulement aux soldats de la MINURCAT de ne se limiter qu’à leurs missions de protection des réfugiés du Darfour en terre Tchadienne.

De même, la France qui, jusqu’ici, a toujours pris fait et cause pour le dictateur en place à N’djamena  va très bientôt – et une fois de plus – se trouver face à ses pleines responsabilités à l’épreuve de la très imminente confrontation Tchado- Tchadienne en marge de laquelle, cela va sans dire, les conséquences de sa nécessaire neutralité ou de son éventuelle implication devront être tirées tant par l’opinion publique Française que par l’Union Africaine.

 

Par D.D de Ndjamena-matin

Par Ndouné - Publié dans : Politique
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