Mardi 20 janvier 2009
2
20
/01
/Jan
/2009
15:28
La situation sanitaire des enfants tchadiens, intimement liée à celle des mères, est très inquiétante, au regard des indicateurs permettant de
l’évaluer.
Au Tchad, les indicateurs relatifs à la santé de l’enfant sont assez inquiétants. Selon les résultats de l’Enquête démographique et de santé au Tchad (EDST) II,
le taux de mortalité infantile est de 102 pour mille, celui de la mortalité néonatale est de 39% , celui de la mortalité infanto-juvénile de 191 pour mille. La proportion d’enfants complètement
vaccinés est de 11%. Concernant la prévention contre le tétanos néonatal, seulement 42% des femmes enceintes ont été protégées. Cette proportion passe de 33 % chez les mères sans
instruction à respectivement 70 % et 83 % chez celles de niveau primaire et plus. Près de 90 % des enfants souffrant d’infections respiratoires aiguës n’ont pas été vus par un
personnel médical, 44 % des moins de cinq ans ne dorment pas sous une moustiquaire. Près de 60 % des enfants ayant eu un épisode diarrhéique n’ont pas bénéficié d’une thérapie de
réhydratation par voie orale. 41% des enfants souffrent de malnutrition chronique modérée et près d’un enfant sur cinq souffre de malnutrition chronique sévère.
La prévalence des maladies évitables
En matière de prévention de la transmission du VIH de la mère à l’enfant, 21 structures sanitaires réparties sur l’ensemble du territoire avaient introduit le
programme de transmission mère-enfant (PTME) dans leur paquet d’activités à la fin de l’année 2006. Selon les données de la coordination PTME, sur les 33 sites qui ont introduit la composante
PTME dans leur paquet minimum d’activités en fin 2007, les 22 assurent la dispense des ARV (anti-rétro-viraux). Les enfants de moins de 5 ans sont exposés aux maladies évitables par la
vaccination. Ce sont la tuberculose, la coqueluche, la poliomyélite, la rougeole, l’hépatite B, la méningite, la diphtérie et le tétanos. Il faut signaler que le taux de la couverture vaccinale
en DTC3 est de 40,6 % (2002). Les principales causes de mortalité chez les enfants sont entre autres : la diarrhée, les infections respiratoires aiguës (IRA), le paludisme, le
VIH/Sida, la malnutrition. D’une manière générale, la prévalence des infections respiratoires aiguës (IRA) a légèrement baissé entre l’EDST I et l’EIMT passant de 19,2 % à 12,5 %.
Selon l’EIMT les enfants de la capitale sont plus touchés par les IRA que les au-tres (l5 % contre 11,3% dans les autres villes et 12,3 en milieu rural). Cette situation s’explique par le
fait que certaines couches de la population de la capitale vivent dans des conditions économiques, sanitaires et d’hygiène difficiles. Le paludisme sévit de façon endémique dans la plus grande
partie du pays avec risque de flambée épidémique dans la bande désertique. En 2000, on a notifié 369 263 nouveaux cas avec un taux de mortalité de 13 à 17 % selon le Programme National de
Lutte Antipaludique (PNLAP). Les enfants de 0 à 5 ans sont les plus touchés (40,9%). Et plus de 50 % des cas graves concernent cette tranche d’âge. Ces données font du paludisme la
première cause de morbidité et de mortalité chez ces enfants ; il provoque l’anémie, cause l’absentéisme à l’école. Au Tchad, le faible poids à la naissance se rencontre chez 1/4 des
enfants. Il est la cause de 18 % des décès au cours des premiers mois de la vie. Les causes de ce faible poids sont liées à l’état nutritionnel et sanitaire de la mère.
Le poids des pesanteurs culturelles
Concernant la prophylaxie du paludisme pendant la grossesse, la proportion des femmes bénéficiaires est de 39 %. Les tabous alimentaires exposent à la
malnutrition protéino-énergétique (kwashiorkor, marasme) et peuvent avoir un impact négatif sur le développement harmonieux de l’enfant. On note aussi l’existence de la carence en iode qui
constitue la cause la plus importante du goitre endémique, du nanisme et du crétinisme (arriération mentale) avec baisse du quotient intellectuel et l’avitaminose A, cause de maladies oculaires
et de la cécité chez les enfants. La santé d’un enfant est étroitement liée à celle de sa mère c’est à-dire au 52% de la population. Mais ces franges les plus importantes de la population
demeurent les plus touchées.
Extrait de la communication du Dr Souam Nguélé Silé
Par Naygotimti Bambé,
Source: CEFOD