Présentation

Profil

  • Ndouné
  • Le site Ndouné | Toute l’actualité en temps réel
  • Homme
  • 01/01/1970
  • Tchad
  • Réflexion Indépendant Analyse Libre communication
  • Rédaction:info@ndjamena-matin.com ndjamena_matin@hotmail.fr
Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /Jan /2009 01:50
 

IRIN, N’jamena - Comme une centaine d’autres femmes, Mme Moutouba a parcouru plus de deux kilomètres les mains sur la tête (un signe de deuil), au cours d’une manifestation organisée dernièrement dans la ville tchadienne de Guelendeng, à 153 kilomètres de N’Djamena, la capitale.

Une manifestation publique rare, selon certains Tchadiens, dans le cadre de laquelle les femmes se sont élevées contre les actes de violence commis par les hommes contre leurs épouses. « Ils vont nous exterminer », a déclaré Habiba Abanga, expliquant qu’elle avait été poignardée, il y a peu, par son mari.

Au cours des huit derniers mois, au moins deux femmes ont été tuées par leurs époux à Guelendeng, selon les manifestantes. A la même période, ont-elles indiqué, de nombreuses femmes ont été gravement blessées par leurs maris dans la région. A N’Djamena, en novembre, un homme a tué son épouse et sa belle-mère.

« Il y a une psychose qui s’installe », a indiqué Larnem Marie, coordinatrice de l’Association tchadienne des libertés fondamentales, qui a participé à la manifestation, à Guelendeng. « Les femmes de Guelendeng ont dit “trop c’est trop” ».

Le gouvernement avait dernièrement refusé aux associations de femmes de N’Djamena l’autorisation d’organiser une manifestation dans la capitale, ont indiqué à IRIN des membres de ces organismes.


Lutter contre l’impunité


Pour Larnem comme pour plusieurs autres femmes, la société tchadienne doit s’atteler à la question de l’impunité. Des lois ont été adoptées qui interdisent la violence domestique au Tchad, « mais malheureusement, elles ne sont pas appliquées », a déploré Larnem.

Les femmes doivent continuer à s’efforcer de porter le problème au premier plan, a-t-elle estimé. « On aurait pu mobiliser plus [de personnes] que ça pour la manifestation de Guelendeng, mais c’est la peur. Mais nous pensons que c’est un bon début et la prochaine fois, il sera plus facile de mobiliser les gens ».

« Les femmes doivent se mobiliser pour défendre leurs droits. Personne ne le fera à leur place », a-t-elle ajouté.


Mariages forcés


D’après les femmes qui manifestaient à Guelendeng, les mariages forcés et précoces sont un moteur important de la violence domestique. Les manifestantes ont notamment rapporté l’histoire d’une fillette de 12 ans, qui avait tenté de se suicider, dernièrement, à Guelendeng, ayant supplié en vain sa famille de ne pas la marier de force à un homme de 60 ans.

La lutte contre la violence domestique au Tchad se heurte à des conventions sociales vieilles de plusieurs siècles selon lesquelles la violence envers les femmes, les mariages forcés et les mutilations génitales/féminines sont acceptables, d’après les représentants de certains organismes de défense des droits humains et du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), qui participe à des campagnes de sensibilisation menées dans le pays en vue d’éliminer les coutumes préjudiciables.

Selon le dernier rapport sur l’Etat de la population mondiale, publié par l’UNFPA, la culture doit être intégrée aux politiques de développement, mais accorder une place à la culture ne signifie pas qu’il faille tolérer des pratiques nuisibles.

« Aucune valeur culturelle ne supporte l’oppression », a déclaré Suzanne Maïga Konaté, représentante de l’UNFPA au Sénégal, à l’occasion du lancement du rapport, le 19 décembre, à Dakar, la capitale sénégalaise.

Geneviève Nakiri, directrice de la Cellule de liaison des associations féminines du Tchad (CELIAF), a pour sa part déclaré à IRIN que la violence envers les femmes était en grande partie due au « poids des normes socioculturelles au Tchad ».

Mais selon une manifestante de Guelendeng, qui a souhaité garder l’anonymat, la violence n’est pas exclusivement le fait de la culture. « Nous savons tous que toutes les cultures ont des bons et des mauvais côtés. Mais au Tchad, plusieurs autres facteurs alimentent cette violence, dont les déplacements de population et la pauvreté extrême ».

Pour Solkem Alhascari, qui travaille dans une organisation non-gouvernementale au Tchad, l’autre cause majeure est le nombre croissant de femmes qui travaillent comme commerçantes pour gagner de l’argent et nourrir leur famille. Cela devient une cause de jalousie et de frustration pour les hommes, ont indiqué à IRIN les femmes de N’Djamena. Mme Alhascari a également évoqué une consommation d’alcool plus importante.

Quoi qu’il en soit, pour Mme Nakiri comme pour d’autres femmes, si la violence envers les femmes existe depuis longtemps, elle est de toute évidence en recrudescence. Et si les bâtons et les fouets étaient auparavant les principales armes utilisées, les coups de couteau sont aujourd’hui plus fréquents.

Il n’existe pas de statistiques officielles, a indiqué Mme Nakiri, mais la recrudescence de ce phénomène est bien visible, et coïncide avec une insécurité générale à N’Djamena et aux alentours.

« Il est très difficile de trouver des statistiques », a-t-elle déclaré. « Mais nous les femmes, nous vivons ca. C’est très visible partout et tous les jours ».

Mme Alhascari a rapporté à IRIN que deux jours après la manifestation de Guelendeng, un homme dont la femme avait manifesté l’avait fait arrêter par un chef traditionnel.

Source: IRIN
Par Ndouné - Publié dans : Société
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Articles récents

  • Ibni Oumar Mahamat Saleh : une disparition couverte depuis 4 ans ?
    En ce jour de commémoration des 4 ans de la disparition du leader politique tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, enlevé par des membres de la garde présidentielle tchadienne, l’association Survie demande la déclassification des documents diplomatiques et militaires en possession des autorités françaises pour faire la lumière sur...
  • Soudan : Washington choisit l’escalade
    Les relations entre Washington et Khartoum sont à nouveau en voie de dégradation, après une période d’apaisement, qui visait, pour les Américains, à permettre l’accession du Sud du Soudan à l’indépendance. Mais près de six mois après la proclamation de cette indépendance, un certain nombre de vieux problèmes empoisonnent toujours les...
  • Tchad: le ministre du Pétrole remercié sur fond de contentieux avec la Chine
    Le Président tchadien Idriss Déby Itno a remercié vendredi deux ministres, dont celui de l'Energie et du Pétrole, alors qu'un différend sur les prix du carburant a entraîné le 19 janvier la fermeture d'une raffinerie construite par la Chine six mois après sa mise en...
  • Le libéralisme : seule alternative crédible pour l’Afrique
    On entend de manière récurrente des intellectuels se prononcer sur le problème de la pauvreté en Afrique qui perdure après plus d’un demi-siècle d’indépendance. Sur les problèmes, tous sont unanimes : l’Afrique souffre encore aujourd’hui d’une forte domination des anciennes puissances coloniales et, dans les zones francophones...
  • Cameroun : Quelle stratégie de lutte contre la corruption au sein de l’administration publique ?
    La corruption au Cameroun reste endémique. Le pays a été signalé par deux fois comme premier pays corrompu respectivement en 1998 et 1999 (par Transparency international). En 2011, L’indice de perception de la corruption était évalué à 2,5. A la suite de la sonnette d’alarme des années 2000, une panoplie d’infrastructures...
  • Mali : la déception après la réforme du code de la famille
    La dernière rédaction du code de famille préparée par le gouvernement du Mali a suscité les ires des progressistes du pays qui, le 16 janvier, ont, dans une lettre ouverte, accusé le Président d’avoir trahi ses promesses d’égalité des droits entre hommes et femmes. Dans quelle mesure ce texte constitue-t-il un « fiasco » pour le...
  • Congo Brazzaville : La question pygmée
    Dans son rapport publié le 12 novembre 2011 à Brazzaville, L’ONG Observatoire congolais des droits de l’homme a interpellé le gouvernement pour que les libertés fondamentales des peuples autochtones, appelés encore pygmées (terme péjoratif et discriminatoire), soient respectées. Ces derniers subissent encore injustice,...
  • La fermeture de la raffinerie de Djarmaya : Le prix de la Navigation à vu
    Depuis la fermeture par Idris Deby de la raffinerie de Djarmaya, des fleuves d'encre ont rempli les pages de l'internet tant sur les cites Tchadiens arabophones que francophones. La fermeture de ce gigantesque projet, est la conséquence inéluctable de l'improvisation, de la navigation à vu et du désordre...
  • Crise de carburant au Tchad : 2012 commence sur les chapeaux de roues.
    Depuis deux semaines, l’essence, le gasoil et même le pétrole lampant son devenus denrées rares à N’Djamena et un peu partout dans le pays. Devant les stations service, les voitures et les motos font d’interminables queues. La situation est si préoccupante que toutes les ONG installées au Tchad s’en inquiètent....
  • Soudan : le président du Tchad épouse la fille du chef des janjawid
    Le président tchadien Idriss Deby Itno a épousé vendredi la fille du chef présumé de la milice janjawid au cours d'une cérémonie à laquelle a assisté le président soudanais, Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre au Darfour. Ni le président Deby ni la mariée, Amani Moussa Hilal, n'étaient présents à la cérémonie religieuse...
Liste complète

Dicton – Les 5 de la semaine

  Aussi haut que vole un oiseau, il finit par se poser

C'est avec l'eau du corps qu'on tire celle du puits

Ce que le vieux voit assis, le jeune ne le voit pas debout

Chaque rivière à sa propre source

La pierre lancée avec bonté ne siffle pas


Proverbes africains - Source: Afrik

Quoi de neuf ?

Annonces


weather counter

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés