Mercredi 10 décembre 2008
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Nicolas SARKOZY vous ne vous
adressez pas à AZZOUZ BEGAG !!!!
Le Zimbabwe a suffisamment souffert. Toutes les discussions ont été engagées (...) mais il est un moment où, quand un
dictateur ne veut pas entendre, ne veut pas comprendre, les chefs d'état et de gouvernement doivent cesser de discuter. (...) Il doit partir", a déclaré le chef de l'État dans un
discours sur le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
En cette journée du 60e anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme, le monde entier ne pouvait qu'avoir les yeux tournés vers la France, pour l'irréfutable raison qu'elle
est, dit-on, le pays des droits de l'homme,la mère des droits de l'homme. La déclaration de 1948 s'inspirant de celle de 1789. Et dire que malgré ce statut, elle a sans vergogne colonisé, elle
colonise et a mis en esclavage des peuples. Colonisation étant en hexagone synonyme d'accès à la civilisation par les peuples barbares, on conçoit aisément que la France se conforte donc dans
cette position de pays de droits de l'homme et des libertés.
Avant de continuer, 2 remarques cependant à faire. La première étant que 60 ans plus tôt, ces droits
n'étaient pas reconnus à tous. Aveu implicite de ces pays qui se présentent comme parangon des vertus. Comme en 1789, les droits à l'humanité et à la citoyenneté n'étaient pas la chose du monde
la mieux partagée, avant le 10 décembre 1948 on était pas plus avancé non plus en la matière. Ceux qui hier décidaient qui ou non avait accès à l'humanité et à la citoyenneté,prennent encore les
devants pour définir et décider d'étendre les droits à tous.
La seconde tient au fait que malgré, les avancées scientifiques qui mettaient à mal déjà les notions
de race, nous notons que dans l'alinéa 1 de l'article 1, la notion de race y est inscrite avec conviction forte, laissant paraître le manque de sincérité des auteurs de cette déclaration quant à
l'accès aux "droits" par tous. N'est-ce pas pour cette raison peut-être que les injustices basées sur cette notion continuent de perdurer en Hexagone et ailleurs dans ces pays démocratiquement
respectueux des droits de l'homme ?
Le monde entier attendait donc en cette période d'anniversaire, un signe, un mot fort de la France
et surtout de son président dont la magnanimité d'âme envers l'Afrique n'est plus à démontrer et est égale à l'amour qu'il témoigne à ses propres compatriotes. On ne s'est pas trompé, une fois de
plus, Nicolas Sarkozy a
frappé fort ! Il a montré que son pays a toujours son mot à dire dans le concert mondial euh...africain. Normal ! La France ne s'est -elle pas toujours appuyée sur l'Afrique pour montrer sa
puissance ?
Nicolas Sarkozy intime donc l'ordre à Robert Mugabé, président du Zimbabwe de s'en aller. "Il doit
partir". Lorsque l'on analyse le Zimbabwe à l'aune du paradigme européen ou occidental, le lecteur non averti est facilement dupé par cette rhétorique qui prend sa source dans la rage que nourrit
le pouvoir de Londres envers le président zimbawéen. Rage venant du fait de la réforme agraire engagée par le président zimbabwéen. Il n'est pas question de dédouaner Mugabé dans son
acharnement à rester au pouvoir pas tous les moyens. Mais il ne serait pas juste de ne pas mentionner que cet entêtement est causé par les comportements des occidentaux qui ont tout fait et font
tout pour asphyxier le pays de Mugabé. A l'image de ce qui se passe à Cuba. Le départ de Thabo Mbeki facilitant encore les choses pour les pouvoirs occidentaux.
Nicolas Sarkozy n'est pas un enfant de chœurs et sa politique d'immigration ou de chasse à l'homme africain
sur son territoire devrait ralentir ceux des africains euphoriques face à ses déclarations sur Robert Mugabé. Si vous y ajoutez les contradictions multiples dans la politique qu'il applique pour
ses propres compatriotes, in comprend le peu de crédibilité sur sa soudaine compassion pour les zimbabwéens. Il se cache derrière euh s'appuie sur pas mal d'arguments qui, de prime à bord
pourraient sembler respectables pour dire son ras le bol à l'homme fort du Zimbabwe, parmi lesquels la souffrance du peuple zimbabwéen. Mais une fois de plus c'est un leurre ! C'est une ruse, une
malice politicienne. N'est-ce pas pour le même argument que l'on est allé chercher 103 enfants avec son appui au Soudan ? N'est-ce pas pour la même raison qu'il a fait partir Jean-Marie Bockel
(même si on doutait de ses capacités) de la maison "françafrique" pour avoir voulu la détruire ? Ceux qui doutaient encore de l'amour que Nicolas Sarkozy a pour l'Afrique sont une fois de plus
couverts de honte.
On se rappelle des mêmes menaces du démocrate Nicolas Sarkozy à l'endroit de Azzouz Begag, avec la
même condescendance, le même panache et le même mépris, parce que celui-ci ne s'inclinait pas devant le grand manitou.
Que se passe t-il au Cameroun, en République centrafricaine, au Gabon, au Tchad, au Togo et qui soit
différent du Zimbabwe ? Ce sont des havres de paix, dirigés par les amis de Nicolas Sarkozy. La convivialité entre le président Nicolas Sarkozy et ses amis de Yaoundé en passant par Libreville
jusqu'à Lomé est telle qu'il peut se permettre toutes les ingérences possibles dans ces pays sans que l'ami ne lui oppose quelconque contrariété. Il décide de la politique intérieure de ces pays,
définit le cap à suivre bref dans ces pays, le président français est dans ses aises. Et c'est pour ces raisons que ces pays sont des exemples de démocratie, de bien-être de leur peuple.
Pouvait-il en être autrement ? Partout où l'œil bienveillant de Nicolas Sarkozy se pose, c'est la belle vie, la sérénité, le bien-être, le bonheur pour les peuples. On a qu'à voir la bonne santé
économique de la France, le climat de démocratie, de justice, d'équité et de liberté qui y règne pour comprendre que dans le pays des amis de Nicolas Sarkozy tout est aussi parfait; par
conséquent ses amis ne peuvent que être exempts de tout reproche. Le tort de Mugabé ? C'est de ne pas être l'ami de l'ami de Nicolas Sarkozy qui est Gordon Brown. Voilà ce que le discours officiel ne
veut pas reconnaitre et pour cause, Mugabé ne se laisse pas dicter la conduite à suivre.
"Il doit partir". Cette phrase qui ressemble à celle qu'un certain W.Bush prononçait à l'endroit de
Saddam Hussein, montre, malgré les allures compassionnelles, le mépris, le paternalisme du président français qui, comme ses homologues occidentaux, considèrent qu'ils ont le droit de décider
pour les africains et du destin de l'Afrique. La désinvolture avec laquelle le président français se permet de traiter le président zimbabwéen laisse perplexe et demander son départ, comme s'il
s'adressait à un des ses employés, est d'une inélégance, d'une immaturité certes, manque de tact et de diplomatie mais en même temps dévoile le degré de considération de l'Afrique aux yeux des
dirigeants occidentaux et du président français en particulier.
Il faut peut-être rappeler à Nicolas Sarkozy que les africains n'ont pas besoin de compassion encore
moins la sienne et qu'il est temps que son activité intense soit mise au service des français et de les sortir de la morosité qui est la leur en ces moments.
Par MBOA
Source: Le Post