Jeudi 4 décembre 2008
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Des jumelles visées aux yeux, Idriss Deby Itno (IDI) scrute les colonnes qui se forment à
l’Est. Deby n’a plus le sommeil doux. Ces temps ci, les bruits des scandales parisiens en rajoutent à son supplice quotidien.
Les dénonciations de Transparency International (TI)-
France - ont figé les « parrains » du Golf de guinée dans une stature à rebrousse poil. Les couvertures de l’Elysée ne réchauffent
plus l’omerta des somptueuses résidences privées et des dodus comptes parisiens. Ah ! Comme les
temps changent…
Les crocodiles de la France-Afrique s’éveillent dans le marigot des combines. Parc automobiles,
châteaux, placements …Deby et Cie : Ombres et lumières d’immenses fortunes accumulées dans les discrétions.
Qui peut dire avec exactitude les comptes, placements bancaires et parcs immobiliers juxtaposées
dans l’insolence par Idriss Deby en seulement 18 années de gourmandise ? Les fins limiers de
Transparency International sont sur le dossier « personnel » du boss de la pétro-dictature.
Après le coup de gueule de Libreville, la discrétion légendaire de Malabo et
l’orgueil en demi-teinte de Brazzaville, l’onde de choc se propage dans la caverne d’Ali Baba –N’djamena version copiée. Idriss Deby Itno se sent traqué. Du Golf persique à Paris, en passant par Genève, les conseils financiers et
avocats du maffioso ont débarqué à l’express au palais rose. Pèlerinage inhabituel, pour ces gourous du blanchiment d’argent.
Au cénacle, assis face à IDI, les amphitryons des
circuits financiers ont prescrit une thérapie de choc : Injecter la colossale fortune présidentielle dans les cours sinistrés par le vent de la crise financière. Plus pragmatiques, ils ont
pieusement recommandé « la prière d’intercession des fonds ». Pour les non-initiés, il faut comprendre la technique des prête-noms,
paravent pour dissimuler le trésor public détourné par le dictateur tchadien.
Cent douze comptes confortablement assis dans les banques françaises, une vingtaine de résidences
privés à Paris ; Monsieur le président Sassou n’est-ce pas un trop plein de l’extravagance à la congolaise !
A N’djamena, on a tiré les leçons. Alors, de jours comme de nuits, ces temps ci, les gourous mastiquent, trafiquent ; bref les usages de la filouterie financière.
Au même titre que ses pairs, Deby doit rendre gorge. Les projecteurs d’ONG ne sauraient laisser
dissimuler les biens immobiliers, les placements bancaires et autres caprices tropicalisés du cercle présidentiel. La géolocalisation du parc
immobilier des familles au pouvoir en Afrique donne du frisson. Châteaux, duplex, matériels roulants, banques- écrans. Les fossiles de la France-Afrique et les filleuls démasqués, les crocodiles
s’insurgent ; mais sans nul doute, la vérité surgira.
Par A.K de Ndjamena-matin