Rose Kabuye, collaboratrice du président rwandais Paul Kagame, arrêté le 9
novembre en Allemagne, et transférée en France, a été mise en examen mercredi soir dans le cadre de l'enquête sur l'attentat contre le président
Habyarimana en 1994, point de départ du génocide. Elle est inculpée de «complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste». Le parquet de Paris a pris des réquisitions de
placement sous contrôle judiciaire.
La responsable du protocole de la présidence rwandaise a été entendue par le juge d'instruction antiterroriste Marc Trévidic. Celui-ci la soupçonne, ainsi que
huit autres Rwandais, d'avoir participé à l'attentat en avril 1994 contre l'avion de l'ancien président rwandais, Juvénal Habyarimana, point de départ du génocide qui a fait selon l'ONU environ
800.000 morts, essentiellement parmi la minorité tutsie. La justice française s'est saisie de l'affaire car l'avion présidentiel était piloté par des Français.
Manifestations de soutien au Rwanda
En novembre 2006, le juge Jean-Louis Bruguière, alors en charge du dossier, avait émis des mandats d'arrêt, ayant valeur d'inculpation, contre neuf proches de
Paul Kagame, soupçonnés d'être impliqués dans cet attentat. Kigali avait alors rompu ses relations diplomatiques avec Paris, déjà extrêmement tendues depuis le génocide, le Rwanda accusant la
France de complicité avec les auteurs des massacres. Ce que Paris a toujours démenti.
Paul Kagame avait alors dénoncé des accusations «sans fondement» contre Rose Kabuye et laissé plané la menace de «mises en
accusation» de personnalités françaises mises en cause par Kigali pour leur rôle présumé dans le génocide. Lundi, le président rwandais a souligné que
la présentation de Rose Kabuye devant la justice française allait permettre que «l'abcès soit crevé». «La question sera résolue, d'une façon ou d'une autre», a-t-il ajouté.
L'éventuelle confirmation de l'inculpation de la responsable rwandaise permettra au Rwanda d'avoir accès au dossier. Ses avocats ont fait valoir qu'ils pourront
désormais contre-attaquer, en se rendant sur place, organisant des confrontations ou des auditions.
Cette extradition a donné lieu à d'importantes manifestations au Rwanda organisées, selon le gouvernement rwandais, par des associations de la société civile.
Source: Le figaro