Dimanche 28 septembre 2008
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Saluons la volonté de l’ancien président Tchadien de
rédiger ses mémoires et de livrer ainsi son témoignage sur l’histoire de notre pays.
L’histoire du Tchad doit être écrite largement par les tchadiens eux-mêmes, c’est donc une excellente initiative que chacun des principaux acteurs livre sa part de vérité.
En revanche, nous n’avons pas compris la démarche de RFI consistant à négocier avec Goukouni la publication de ses mémoires, et ce, avant la parution de l’ouvrage. C’est une chose qui n’a
jamais existé, la pratique la plus courante consiste, à autoriser la publication de « quelques bonnes feuilles » d’un livre, histoire de donner un coup de pouce à son
lancement, et dans cette hypothèse, le livre doit paraître dans la semaine qui suit pour justement profiter pleinement de l’effet d’annonce.
Force est de constater que la démarche de RFI a, non seulement vidé, le livre de sa substance, car en posant 155 questions qui balayent tous les événements politiques majeurs de l’histoire du
Tchad, le journaliste de la radio mondiale a, en quelque sorte, enlevé une bonne partie de l’intérêt qu’on pouvait avoir à lire le livre.
De plus, RFI ne s’est pas contentée d’une publication audio, vocation première d’une radio, mais non, on a assisté à un script diffusé sur le net à travers le site de la radio gouvernementale
française.
Télécharger et imprimer, cela donne 144 pages, autrement dit un livre gratuit. Inouï !
Quand on écrit un livre, c’est avant tout pour qu’il soit un succès en librairie et vous rapporte aussi quelque chose.
Compte tenu du fait que l’écrit porte sur l’histoire complexe du Tchad, il est tout à fait logique que les acheteurs devraient être majoritairement Tchadiens. Or, la démarche de M. Laurent
Correau pose problème, dans la mesure où beaucoup de personnes disent qu’on ne voit pas ce que le livre peut contenir d’autres et cela, le nouveau spécialiste es Tchad au sein de RFI ne
pouvait en aucun cas l’ignorer. Surtout, surtout, qu’interrogé un proche de Goukouni est catégorique, RFI n’a pas versé un centime pour pomper les mémoires de l’ancien président Tchadien. De nos
jours, même les sonneries des téléphones portables sont payées.
Tout au long de cet entretien où les questions étaient, bien entendu, très orientées avec une ligne directrice, celle de la radio mondiale, « essayer d’enfoncer Hissein Habré, l’ennemi
juré, autant que possible ».
Très lucide et concentré à bloc sur sa mission, le journaliste a opéré un passage à la vitesse d’un Jaguar sur les exactions commises au Nord par les militaires français durant les multiples
interventions contre les rebelles : palmeraies incendiées, puits empoisonnés, exécutions, tortures, …etc., vous avez dit imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre
l’humanité ?
Ensuite, sur la mort du commandant Galopin ; la traditionnelle intox de RFI et des médias français consistaient à continuellement coller cette histoire à Hissein Habré seul, malgré de
multiples témoignages. Et voilà que tombe le scoop, « nous
étions tous solidaires de la décision qui a été prise » explique Goukouni Weddeye, et de
rajouter « je
n’ai aucun remords ! » tout en remettant les pendules à l’heure sur
la personnalité de Galopin, patron des services de répression sous la dictature de Tombalbaye, sa mission première était de casser du rebelle.
Par rapport au déclenchement de la grande guerre de 1980 qui a duré 9 mois, malgré la formulation très orientée de l’interrogation qui appelait un démenti sur la responsabilité
exclusive des FAP de Goukouni quant au démarrage de la guerre, là aussi un mythe s’est effondré. Certains hommes politiques tchadiens soutenaient mordicus que c’est « l’ambition démesurée de
Hissein Habré », « sa soif de pouvoir » qui l’ont poussé à déclencher la guerre.
NON ! dit Goukouni, « ce
sont mes hommes, à mon insu, sous les ordres d’une partie de mes officiers, qui ont assassiné des éléments des Fan de HH dans leur lit en plein sommeil »
et ce fut le début de la
guerre.
Ainsi donc, après les révélations très précises de Garondé Djarma dans son livre qui a même cité les noms des éléments de Goukouni qui ont participé à l’assassinat des hommes de Hissein Habré,
l’ancien président Tchadien vient de confirmer sa responsabilité devant l’histoire et le peuple tchadien.
Goukouni Weddeye a, aussi, fait la révélation suivante, « les
FAN de Hissein Habré allaient nous écraser à Ndjamena et c’est pourquoi, je suis allé voir Kadhafi pour qu’il fasse intervenir son armée et son apport a été immense pour que nos
forces gagnent la guerre….et continue Goukouni, c’est pour remercier Khadafi que j’ai signé l’accord de fusion Tchad-Libye !!! »
A rappeler les déclarations du Général Djimmé Mamari d’il y a quelques années sur la guerre civile de 1979, où il
a reconnu que ce sont bien les FAT de Kamougué dont il était l’un des chefs qui ont attaqué et ouvert les hostilités contre les FAN de Hissein Habré. L’on sait que ces événements ont basculé les
Tchadiens dans la guerre civile. Nous étions, a-t-il expliqué, persuadés de ne faire des FAN qu’une bouchée. Nous connaissons la suite.
Ainsi donc, comme on dit, seul le mensonge est pressé, la vérité arrive toujours à son heure. Comble du paradoxe, les responsables des guerres civiles qui ont causé aux populations
tchadiennes les plus grandes souffrances se payent, aujourd’hui, le luxe de dire la vérité, haut et fort, sur leurs méfaits et c’est Hissein Habré qu’on veut juger !!!
Autre révélation de Goukouni Weddeye : dés 1986, les libyens avaient déjà des contacts avec Idriss DEBY par l’intermédiaire de Adoum TOGOI pour tenter de faire un coup d’Etat contre
Hissein Habré. Ainsi donc la traîtrise de Deby était beaucoup plus ancienne qu’on le croyait.
Mais, attendons la parution des Mémoires de Goukouni Weddeye pour leur consacrer une analyse complète dans le cadre de notre rubrique « lu pour
vous », en
espérant que « l’arnaque » de RFI ne désintéresse pas le public.
Après avoir campé dans le maquis avec les rebelles de l’UFDD, puis bazardé les mémoires de Goukouni, le journaliste de la radio mondiale vient d’être affecté à Dakar pour s’occuper de l’affaire
Hissein Habré ? Sans aucun doute.
Du pain sur la planche quand on connait l’hystérie anti-HH de la radio « mondiale ». Il nous expliquera, comme l’un de ses confrères, Christophe
Champin, interpellé par
des étudiants tchadiens sur son subjectivisme, « j’envoie
mes papiers en faisant un compte rendu objectif et ce n’est pas de ma faute si à Paris, on les charcute ».
La boucherie de la rédaction de
RFI ……trop facile.
En attendant, nous avons eu un avant gout du style Correau, répondant à une question sur les causes du retard du procès Hissein Habré, dans le cadre de l’émission « appels sur
l’actualité », M Correau a fait un historique de toute l’affaire HH reprenant et développant tous les arguments des ONG et bien entendu occultant totalement ceux des avocats de HH, c’est
cela l’information à dimension mondiale, objective et équilibrée, et délivrée par des professionnels formés dans les écoles de journalisme (à vérifier) d’un pays comme la France. Comme disait un
journaliste Français (un vrai), RFI c’est la voix de la francafrique pas de la France, et d’ailleurs les journalistes qui y travaillent sont « spéciaux ». On en fait
quotidiennement le constat.
La
Rédaction de Zoom sur le Tchad
www.zoomtchad.com