La fusée Longue Marche II-F emportant le vaisseau spatial Shenzhou VII et trois astronautes, dont l'un réalisera la première sortie dans l'espace d'un Chinois, a
décollé jeudi après-midi à 15 h 10 (heure française) de la base de Jiuquan, dans le nord-ouest de la Chine.
Au terme d'une ascension parfaitement réussie, la capsule Shenzhou (littéralement «Vaisseau divin») a été placée en orbite terrestre à une altitude de 373
kilomètres. Il s'agit du troisième vol habité réalisé par la Chine après ceux de 2003 et de 2005, faisant de l'empire du Milieu le troisième pays, avec l'Union soviétique et les États-Unis, à
envoyer des hommes dans l'espace.
«Le lancement du vaisseau Shenzhou VII a été un succès total», a déclaré jeudi, à la télévision nationale, le président chinois, Hu Jintao, qui a assisté en
direct à l'événement avec plusieurs autres hauts dirigeants.
Vêtu d'une combinaison ultrasophistiquée de conception chinoise, pesant 120 kg, Zhai Zhigang, un colonel de l'armée de l'air, réalisera la première sortie
d'un astronaute (ou taïkonaute) chinois dans l'espace. Cette opération à haut risque, doit se dérouler aujourd'hui ou plus probablement demain et devrait durer une trentaine de minutes. Le
retour sur Terre est prévu dimanche en Mongolie-Intérieure.
En cas de réussite, cette mission, d'une durée totale de 68 heures, devrait rapprocher la Chine de ses objectifs en matière de conquête spatiale :
disposer à terme d'un petit module orbital, puis d'une station avant d'envoyer, un jour, un astronaute sur la Lune.
L'expérience qui sera acquise lors de la sortie extravéhiculaire, en termes de déplacement dans le vide et de maniement d'outils, est essentielle, mais elle n'est
pas non plus sans risques. «La procédure ne peut pas être intégralement simulée à terre, a déclaré Wang Zhaoyao, porte-parole de la mission. Certains des systèmes nouvellement développés
doivent être testés pour la première fois lors du vol.»
«Pass» spécial
Les amoureux de l'espace ont convergé vers la ville de Jiuquan, espérant être les témoins de l'exploit chinois, qui va relancer le sentiment de fierté nationale
après le récent succès des Jeux olympiques de Pékin. Mais, pour accéder au site, les spectateurs, triés sur le volet, devaient être munis d'un «pass» spécial accordé par le ministère de la
Sécurité publique. Et payer auprès des rares agences de voyage accréditées la somme de 1 500 yuans (150 euros), soit l'équivalent d'un mois de salaire pour la plupart des
Chinois.
D'ici à 2010, la Chine prévoit d'effectuer deux vols non habités ainsi qu'une mission de trois taïkonautes qui commenceront à installer le futur module
orbital.
Le programme spatial chinois se singularise par son faible budget (estimé entre 2 et 4 milliards de dollars), comparé à ceux des États-Unis et de l'URSS,
dans les années 1960, au plus fort de la guerre froide.
Source: Le Figaro