Jeudi 18 septembre 2008
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De N’djamena à Dakar en passant par Bruxelles et Paris, des propos d’une charge nocive s’immiscent
dans l’emballement juridique manifesté contre l’ancien président tchadien .Décryptage.
Un
détail. Une précision. Dans une interview d’un journal français en ligne, Idriss Deby a déclaré en mi- août dernier : « n'avoir fait que son métier de soldat sous le régime
d'Hissein Habré. » L’actuel chef d’Etat tchadien précise subtilement qu’il « n’était qu’un soldat et non un policier ». Au détour de cette interview orchestrée avec
l’aval de l’Elysée, Idriss Deby a jeté son joker dans le feuilleton judiciaire Habré. La ligne de défense d’IDI tient en une petite nuance : soldat, la subtilité a son pesant d’or. Un mois
plus tard, quatorze victimes montent au créneau. Nouvel épisode dans l’affaire Hissein Habré. Hasard de calendrier ou machination diabolique ?
Un
collectif de survivants des tortures et de familles des personnes tuées sous le régime de l’ancien président tchadien a déposé une plainte le 16 septembre 2008 auprès du procureur de la
république du Sénégal. Les victimes, avec l’appui de la coalition d’Organisation Africains et Internationales de défenses des droits humains, ont procuré un dossier qui comporte des documents
écrits, des témoignages de victimes et des personnes qui ont travaillé avec l’ex - président tchadien entre 1982 et 1990.
Reed
Brody et ses affidés d’avocats illuminés ainsi que des juges belges ont versé dans cette plainte des documents établissant la « responsabilité de la Direction de la Documentation et de la
Sécurité (DDS) ».
De fil
en aiguille, le labyrinthe d’accusation contre l’ancien chef d’Etat tchadien livre ses sinueux contours. Le collectif des victimes laisse ainsi entendre que la police politique a été le
bourreau de quelque «1208 victimes», pendant le règne de Habré.
Me
Jacqueline Moudeina, coordinatrice du comité de pilotage international des victimes du régime Habré précise les contours de la plainte : «Avec ces documents, la Police pratiquait des
tortures surtout sur les individus qu’elle soupçonnait d’être proches de l’opposition ». Le champ des faits reprochés à l’ancien président tchadien se rétrécit.
Human
Right Watch,
nébuleuse des droits de l’Homme à géométrie variable, vient d’opérer un de ses coups tordus. Des accointances politico-diplomatiques ont été activés par Brody et ses complices à N’djamena
pour restreindre les dérives des droits de l’Homme aux seules activités de la Police politique.
Qui
cherche-t-on à innocenter et ou à protéger en restreignant le champ de la plainte? Étonnant !
C’est
avec cette clé de compréhension qui faut à présent décrypter le manège politico-juridique qui enveloppe le dossier Hissein Habré.
Idriss
Deby et les pseudos Zorro des droits de l’Homme se sont ligués en un vaste complot aux ramifications inavouées pour ternir l’image d’homme d’Etat de Hissein Habré, et au passage blanchir Idriss
Deby de complicité pour avoir été un point stratégique dans la chaîne de l’appareil répressif tchadien dans les années 80.
La
sortie médiatique de Deby sur un média électronique français était un élément central du vaudou juridique déclenché par les agitateurs de Human Right Watch et la clique d’avocats
occidentaux mis à contribution pour exhiber le scalp de Habré à la justice internationale.
Après
une mutation constitutionnelle taillée expressément pour « liquider l’affaire Habré », le Sénégal joue à l’hypocrisie. Prompts à porte les fers de l’humiliation contre Habré, les
acteurs sénégalais des droits de l’Homme fustigent l’action judiciaire lancée par un juge français contre Les autorités de Dakar dans le naufrage du « Joola ».
Le
président de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (Raddho) s’est insurgé contre le mandat d’arrêt international lancé par le juge français dans l’affaire du «Joola».
Alioune Tine qualifie cet acte d’humiliation : « Ce que le juge français a fait est humiliant ». Charité patriotique.
Sur
l’affaire Hissein Habré, le chauvinisme d’Alioune Tine est au paroxysme. Il juge que le Sénégal doit servir d’exemple à l’Afrique pour démontrer que les Africains sont capables de régler leurs
propres problèmes. Jusqu’auboutisme juridique.
Des
vautours attirés par l’appât du gain, en quête de notoriété, en mal de virginité politique, rôdent autour de Habré, peint sous de mauvais jours et exécuté sur les planches de la justice
internationale.
Par
A.K de N’djamena-matin