Présentation

Profil

  • Ndouné
  • Le site Ndouné | Toute l’actualité en temps réel
  • Homme
  • 01/01/1970
  • Tchad
  • Réflexion Indépendant Analyse Libre communication
  • Rédaction:info@ndjamena-matin.com ndjamena_matin@hotmail.fr
Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /Sep /2008 16:02

Le communiqué final des observateurs internationaux n’apporte aucune précision sur la mort d’Ibni Saleh. Félicitations béates, paternalisme. La France purifie les crimes politiques de Deby.
 

Et si la communauté internationale venait de sanctifier une dictature ensanglantée ?  Le communiqué conjoint des observateurs internationaux  siégeant  au sein de la «  commission d’enquête » sur les événements de février 2008 au Tchad est un tissu des déclarations, de contre-vérités.

« L’Organisation internationale de la Francophonie (O.I.F) et l’Union européenne (dans sa formation représentée localement : Allemagne, France, Commission européenne), Observateurs au sein de cette entité, se félicitent de l’aboutissement des travaux de la Commission d’enquête, dont ils avaient suggéré la création aux plus hautes autorités tchadiennes
 ». C’est en substance la satisfaction exprimée chaleureuse aux autorités tchadiennes. Un bouclier offert à Deby pour essuyer la pluie de critiques qui s’abat sur N’djamena après la publication du rapport sur la « mort » de l’opposant Ibni Saleh.  

L’estocade contre les conclusions de la commission d’enquête a été portée par Saleh Kebzabo, député et président de l'Union nationale pour le développement et le renouveau (UNDR) : « La Commission n'a pas mené les investigations nécessaires pour une conclusion sérieuse. On ne sait pas ce qu'est devenu Ibni Oumar Saleh, son lieu de détention... »  

Déclaration pour déclaration, les « observateurs » s’enferment dans une naïve complicité. L’absoute des occidentaux  trahit l’embarras des observateurs face au sort du martyr Ibni Saleh.  

« Des faits ont été établis et des responsabilités définies. ». Soit ; mais de quelle responsabilité parle le communiqué des observateurs internationaux ? Plus loin, ils rapportent qu’il n’y a pas de preuves, mais un « faisceau de présomptions graves ». C'est en ces termes que le rapport de la commission d'enquête met en cause les autorités tchadiennes dans la disparition des opposants en février dernier et notamment d'Ibni Oumar Mahamat Saleh.  

Entre les lignes de ce communiqué final, il en découle implicitement des zones d’ombres sur certaines affaires, en particulier le cas emblématique de l’opposant Ibni Saleh. Les observateurs évoquent avec pudeur la mort de ce martyr assassiné par l’escadron de la mort sur instructions fermes de Deby. Les thuriféraires du régime nazi de N’djamena parlent encore de « disparition ». Pudeur diplomatique.  

Les chancelleries occidentales au Tchad opèrent une fuite en avant. Des cercles diplomatiques, au landerneau politique tchadien, les « présomptions graves » sont des certitudes.  

Les détails sur la mort d’Ibni Saleh ont été révélés par un tchadien témoin de la macabre scène. Le blog N’djamena-matin rapporte une révélation édifiante d’un tchadien publiée le Vendredi 18 juillet 2008 «  Déby Itno donna personnellement l’ordre aux éléments de la Garde Présidentielle pour arrêter Lol Mahamat Choua, Ibni Oumar Mahamat Saleh, Saleh Kebzabo, Yorongar Ngarlejy et Salibou Garba ». Puis loin, on apprend avec des précisions digne de foi «  Le décès d’Ibni Oumar a été constaté par le médecin français Daniel GOUTTE qui a établi un rapport au Chef de l’opération Épervier, avec copie à l’ambassadeur de France à N’Djaména qui a immédiatement informé Paris (le Quai d’Orsay et l’Élysée) ».   

Les protecteurs de Deby sous les directives du Quai d’Orsay n’ont pas cru bon de se pencher sur ces faits nouveaux qui apportent une lumière au tragique et ignoble assassinat d’Ibni Mahamat Saleh.  

Au gouvernement, le ministre de la communication joue au dilatoire : «  Le rapport ne donne pas trop d’informations concernant l’identité des militaires qui ont arrêté l’opposant Ibni Oumar Saleh, tout en reconnaissant qu’il y a pu avoir des excès de la part de l’armée gouvernementale et une rupture de la chaîne de commandement lors des attaques rebelles »  

De N’djamena à Bruxelles, en passant par les réseaux diplomatico- maffieux de l’Hexagone, l’omerta des observateurs internationaux  vise à purifier les mains maculées de sang de Deby. « On peut légitimement craindre que le pouvoir ait trouvé, à travers cette commission, le moyen d'endormir la famille d'Ibni, ses amis politiques, M. Sarkozy, l'Union européenne, l'Union africaine, l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie), bref toute la communauté internationale. Pour mieux rouler tout le monde dans la farine ». Les craintes de l’opposition se confirment.

Cet autre épisode paternaliste de la France envers Deby laisse défiler en filigrane l’attitude protectrice de Paris : Le despote  peut s’endormir sous les grandes ailes de l’Elysée.  

Dans le champ des non-dits diplomatiques de la France-Afrique, Paris réassure, à travers ces observateurs internationaux (grassement entretenus  par la France),  ses bonnes vieilles ficelles à la sanglante dictature qui s’est engluée au cœur du Tchad.  

Sarkozy, donneur de leçons de droits de l’Homme à la Chine, moraliste contre les Farcs, encense les dérives de Deby. Les amitiés politiciennes ! Sanctification.  

Peut-on gouverner innocemment avec des mains « propres » ? Deby doit répondre de ses odieux actes. Et, Paris alors?

  

Par A.K de N’djamena-matin
Par ndouné - Publié dans : Politique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Articles récents

  • Ibni Oumar Mahamat Saleh : une disparition couverte depuis 4 ans ?
    En ce jour de commémoration des 4 ans de la disparition du leader politique tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh, enlevé par des membres de la garde présidentielle tchadienne, l’association Survie demande la déclassification des documents diplomatiques et militaires en possession des autorités françaises pour faire la lumière sur...
  • Soudan : Washington choisit l’escalade
    Les relations entre Washington et Khartoum sont à nouveau en voie de dégradation, après une période d’apaisement, qui visait, pour les Américains, à permettre l’accession du Sud du Soudan à l’indépendance. Mais près de six mois après la proclamation de cette indépendance, un certain nombre de vieux problèmes empoisonnent toujours les...
  • Tchad: le ministre du Pétrole remercié sur fond de contentieux avec la Chine
    Le Président tchadien Idriss Déby Itno a remercié vendredi deux ministres, dont celui de l'Energie et du Pétrole, alors qu'un différend sur les prix du carburant a entraîné le 19 janvier la fermeture d'une raffinerie construite par la Chine six mois après sa mise en...
  • Le libéralisme : seule alternative crédible pour l’Afrique
    On entend de manière récurrente des intellectuels se prononcer sur le problème de la pauvreté en Afrique qui perdure après plus d’un demi-siècle d’indépendance. Sur les problèmes, tous sont unanimes : l’Afrique souffre encore aujourd’hui d’une forte domination des anciennes puissances coloniales et, dans les zones francophones...
  • Cameroun : Quelle stratégie de lutte contre la corruption au sein de l’administration publique ?
    La corruption au Cameroun reste endémique. Le pays a été signalé par deux fois comme premier pays corrompu respectivement en 1998 et 1999 (par Transparency international). En 2011, L’indice de perception de la corruption était évalué à 2,5. A la suite de la sonnette d’alarme des années 2000, une panoplie d’infrastructures...
  • Mali : la déception après la réforme du code de la famille
    La dernière rédaction du code de famille préparée par le gouvernement du Mali a suscité les ires des progressistes du pays qui, le 16 janvier, ont, dans une lettre ouverte, accusé le Président d’avoir trahi ses promesses d’égalité des droits entre hommes et femmes. Dans quelle mesure ce texte constitue-t-il un « fiasco » pour le...
  • Congo Brazzaville : La question pygmée
    Dans son rapport publié le 12 novembre 2011 à Brazzaville, L’ONG Observatoire congolais des droits de l’homme a interpellé le gouvernement pour que les libertés fondamentales des peuples autochtones, appelés encore pygmées (terme péjoratif et discriminatoire), soient respectées. Ces derniers subissent encore injustice,...
  • La fermeture de la raffinerie de Djarmaya : Le prix de la Navigation à vu
    Depuis la fermeture par Idris Deby de la raffinerie de Djarmaya, des fleuves d'encre ont rempli les pages de l'internet tant sur les cites Tchadiens arabophones que francophones. La fermeture de ce gigantesque projet, est la conséquence inéluctable de l'improvisation, de la navigation à vu et du désordre...
  • Crise de carburant au Tchad : 2012 commence sur les chapeaux de roues.
    Depuis deux semaines, l’essence, le gasoil et même le pétrole lampant son devenus denrées rares à N’Djamena et un peu partout dans le pays. Devant les stations service, les voitures et les motos font d’interminables queues. La situation est si préoccupante que toutes les ONG installées au Tchad s’en inquiètent....
  • Soudan : le président du Tchad épouse la fille du chef des janjawid
    Le président tchadien Idriss Deby Itno a épousé vendredi la fille du chef présumé de la milice janjawid au cours d'une cérémonie à laquelle a assisté le président soudanais, Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre au Darfour. Ni le président Deby ni la mariée, Amani Moussa Hilal, n'étaient présents à la cérémonie religieuse...
Liste complète

Dicton – Les 5 de la semaine

  Aussi haut que vole un oiseau, il finit par se poser

C'est avec l'eau du corps qu'on tire celle du puits

Ce que le vieux voit assis, le jeune ne le voit pas debout

Chaque rivière à sa propre source

La pierre lancée avec bonté ne siffle pas


Proverbes africains - Source: Afrik

Quoi de neuf ?

Annonces


weather counter

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés