Vendredi 4 juillet 2008
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Idriss Deby s’apprête à conclure un deal politique avec le Rassemblement des Forces pour le Changement. Selon des confidences qui
filtrent du Palais rose, Deby doit prendre langue avec Issaka Diar et Issak Bachar après la défection de l’aide de camp de Timan Erdemi, le Cdt
Yassin Ide. Silence, on négocie.
(Photo: De gauche à droite Issaka Diar et Timan Erdimi)
L’opposition armée ne s’est pas encore remise de l’échec des attaques de février dernier orchestré par la désertion des troupes du RFC
après leur retrait. Voici qu’un autre fait anime depuis peu les chroniques dans les salons cousus de N’djamena. Des hauts responsables du RFC,
jusqu’alors dans les rangs de l’opposition ont décidé de rejoindre la face d’en face, l’ennemi d’hier vers contre qui étaient pointé les armes. Stationnés à Wadi Barid près de Guerada, Issaka
Diar et Issak Bachar sont, selon des sources dignes de foi, sont en possession d’une trentaine de véhicules. Leur ralliement est l’acte final d’un
long processus de sabotage des actions patriotiques initiées par la CMU et l’AN par la suite dans l’optique de débarrasser le Tchad du régime de Deby.
Le droit de réserve de l’AN est
désormais brisé. L’opinion nationale et internationale a le droit dans ce contexte de trahison de savoir les véritables causes de l’échec des offensives menées à l’Est. L’armée de N’djamena doit
une fière chandelle aux responsables du RFC qui ont vendu la mèche des stratégies de l’AN aux troupes de Deby. Les troupes du RFC n’ont d’ailleurs
pas pris part aux combats. Carriériste et calculateur, ces responsables politiques sans conviction préparaient ainsi leurs portes de sortie au sein de la coalition militaire pour se bousculer
comme des mouches attirées par du miel aux portillons du Palais rose. Loin des valeurs de probité et d’abnégation et de la stature des hommes
politiques, ces « affamés » du pouvoir livrent à la face de la communauté nationale l’image d’une classe politique à la solde du marchandage.
Du plus profond de sa tombe, Ché
Guevara aura fort à enseigner à ces « guellirero ». Déformés, momifié, le Che survit après la chute du mur de Berlin, dans les décombres des
révolutions du vingtième siècle. D’où vient la force du message ? Homme de conviction, chef de guerre et poète raté, insurgé et engagé, ministre puis
guérillero. Il incarne le mépris du pouvoir, il réhabilite la politique. C’est une véritable leçon à administrer à la coalition militaire tchadienne et ses déserteurs. Alors que l’autocrate se
renferme dans son palais, feignant de ne pas voir des « rebelles », plus que jamais les postures guevaristes sont des dogmes : « Dans une révolution, on doit triompher ou
mourir ». Avis aux brebis galeuses…
Par D.D de
Ndjamena-matin